Résultats : Accenture, plombé par l'intégration et le conseil, redonne le bourdon aux SSII

Le conseil et l'intégration qui plongent. Pour son quatrième trimestre, clos fin août, Accenture voit son activité se dégrader un peu plus. Même si des contrats d'infogérance fructueux permettent à l'Américain de sauver ses marges, les résultats du groupe n'indiquent pour l'heure aucune reprise des investissements IT.

536magit 246 conseilLes trimestres se suivent et se ressemblent pour la SSII américaine Accenture. Pour son quatrième trimestre - clos fin août -, le groupe publie un chiffre d'affaires de 5,15 milliards d'euros, en recul de 7 % à taux de change constant (et même de 14 % en dollars). Soit 850 millions de dollars de chiffre d'affaires évaporés en un an. Les tendances décrivent bien l'état du marché. Sans surprise, dans un contexte où les grands comptes diffèrent leurs nouveaux projets, l'intégration et le conseil plongent, en recul de 12 % à taux de change constant. Ces deux activités comptent pour 56 % de l'activité du groupe sur la période.

En revanche, l'outsourcing (infogérance et BPO) résiste, et affiche une petite croissance de 1 % sur un an (mais un recul de 7 % en dollars). Le mouvement vers l'offshore se poursuit pesant  sur les prix. La SSII emploie 46 % de ses effectifs totaux (177 000 personnes) dans les pays à bas coût. En revanche, notamment grâce aux contrats d'outsourcing, Accenture parvient à défendre ses marges. Sur son quatrième trimestre, la SSII affiche une marge opérationnelle de 8,2 %, mais celle-ci est largement affectée par une charge de restructuration de plus de 250 millions, notamment due aux licenciements de 7 % des managers du groupe et à la restructuration des actifs immobiliers. Sans cet élément exceptionnel, la marge aurait atteint 13,1 %, signale l'Américain, soit le même niveau qu'un an auparavant.

Hors secteur public, point de salut

Si la profitabilité de la SSII ne semble pas entamée - ce qui s'explique notamment par la remontée du taux d'utilisation qui gagne 3 points par rapport au trimestre précédent (à 86 %) -, l'activité ne montre pas de réels signes d'amélioration. Excepté sur le secteur public, de plus en plus la bouée de sauvetage des SSII pour traverser la tempête. Avec un +12 %, celui-ci accentue sa progression (+ 8 % au T3), mais ne pèse que 15 % de l'activité totale. En France, signalons que la SSII a remporté - au sein d'un consortium - le principal contrat public de l'année, la gestion de la paie des 3 millions de fonctionnaires (contrat ONP).

En dehors de cette pépite, toutes les branches verticales d'Accenture voient leur décroissance se creuser nettement. La claque atteint -15 % pour le segment communications et high tech (second métier pour la SSII), et -10 % pour les divisions industrie manufacturière et services financiers. En bref, les trois pôles principaux du groupe (2/3 du CA à eux trois) connaissent des décroissances à deux chiffres, et ce à taux de change constant ! Pas franchement rassurant. Toutes les zones géographiques sont affectées, et montrent là encore une dégradation de la situation par rapport au troisième trimestre (clos fin mai). La décroissance passe ainsi de 5 à 8 % en Europe, et de 6 à 9 % aux Etats-Unis, les deux principales géographies du groupe. L'Asie reste en croissance, mais celle-ci décélère.

Des objectifs revus peu à peu à la baisse

Sur l'année fiscale complète (voir tableau ci-dessous), Accenture engrange 21,6 milliards de dollars, un recul de 8 % en dollars, mais un chiffre d'affaires stable hors effets de change. Une stabilité due aux résultats encore encourageants enregistrés par la SSII pour son premier semestre 2009 (soit de septembre 2008 à février 2009), à la progression de l'outsourcing (+ 6 % à taux de change constant) et au boom du secteur public. Sur l'ensemble de l'exercice, avec 46 % de l'activité, la zone EMEA (Europe, Moyen-Orient, Afrique) représente la première géographie du groupe. Mais c'est aussi la seule à connaître une décroissance à taux de change constant (- 2 %) par rapport à l'année fiscale 2008. La zone des Amériques est stable. La marge opérationnelle, elle, ressort à 12,3 % sur l'année.

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C'est in fine une sérieuse désillusion pour Accenture, qui, lors de l'annonce de son exercice 2008 - juste après la faillite de Lehman Brothers donc - pensait encore pouvoir échapper au marasme. La société prévoyait alors une croissance de son chiffre d'affaires comprise entre 9 et 12 % à taux de change constant. Preuve que les dirigeants de la SSII n'avaient, à l'époque, pas du tout pris conscience de l'ampleur de la crise, ce qui les a contraint à revoir plusieurs fois les objectifs annoncés aux marchés.

Capgemini en victime collatérale

Du coup, pour le début de son exercice 2010, la SSII fait profil bas. Elle prévoit une nouvelle dégradation de son activité, avec un recul du chiffre d'affaires compris en 8,5 et 11,8 % par rapport au premier trimestre 2009. Et table sur une année 2010 où chiffre d'affaires et marge resteront étales. Au mieux.

Les résultats d'Accenture, qui ne montrent aucun signe de retournement de tendance, ont fait rechuter les valeurs du secteur en bourse. A Paris, en fin de séance dans un marché il est vrai sévèrement baissier, Atos abandonnait plus de 2 %. Même sanction pour Logica à Londres. Davantage positionné sur le conseil et l'intégration - les segments qui freinent Accenture -, Capgemini frôlait, lui, les 5 % de recul.

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