Le français Online dévoile le premier Cloud animé par des puces ARM

Online, la filiale hébergement d'Iliad, a développé en interne sa propre plate-forme Cloud animée par des puces ARM. Un travail qui a porté sur le matériel et le logiciel.

Online Labs, la filiale hébergement de serveurs d’Iliad (maison mère de Free), va prochainement lancer une offre de serveurs dédiés qui s'appuient sur des puces ARM. L’annonce, largement médiatisée aujourd’hui, date en fait de la mi-octobre et a été formalisée le 4 novembre dernier par un communiqué de presse de Marvell, qui fournira à Iliad ses puces ARM.

Marvell explique dans ce document que Online va s’appuyer sur ses puces SOC Marvell ARMADA-XP (les descendantes des puces XScale Intel rachetées par Marvell en 2006) sur ses commutateurs Prestera DX et sur ses puces Ethernet 10 Gigabit Alaska-X pour concevoir ses propres serveurs ARM. Les puces Armada XP (MV78460) sont des puces à architecture ARMv7 (donc 32 bit). Elles sont gravées en 40nm et disposent de 4 cœurs Cortex A9 partageant 2 Mo de cache de niveau 2. Cadences  1,6GHz, les puces disposant aussi d'un contrôleur mémoire DDR3 ECC et d'un accélérateur cryptographique supportant les algorithmes de chiffrement AES, DES, 3DES ainsi que SHA1, SHA2, et MD5.

Ce ne sont donc pas forcément des monstres de performance face aux récentes puces ARM 64 bits ou à des Xeon mais leurs capacités devraient être suffisantes pour certaines applications et pour certains utilisateurs. Et dans tous les cas, leur rapport performance/prix devrait être satisfaisant, les puces 32bit ARM étant pour l’instant proposées à des prix bien plus abordables que les puces 64 bits ARM ou x86.

Notons toutefois qu’il ne faut pas s’attendre à des miracles d’un point de vue performance et que les nouvelles machines ne seront sans doute bien adaptées qu’à des usages limités ou à des applications se prêtant bien à des architectures Web en mode scale-out.

Des serveurs conçus par les labs d’Online.net

Un serveur ARM Online.net
Un serveur ARM Online.net

Dans les nouveaux serveurs Online, les puces Armada de Marvell sont associées à 2 Go de RAM, 20 Go de SSD et à une interface Gigabit Ethernet. Il est possible de disposer de capacité de stockage additionnelle via un service de stockage compatible S3. Concrètement, chaque module serveur ARM (qui tient dans la paume d’une main) est installé dans une lame capable d’accueillir 18 modules, elle-même insérée dans un châssis 12U capable d’accueillir 16 lames. Ce qui fait un total potentiel de 1152 serveurs dans un rack de 48 U. Une partie de la capacité est toutefois réservée par Online pour les besoins de la gestion de son Cloud.

Les prix de l’offre restent encore inconnus, la solution étant encore en phase bêta. Mais vu qu’un serveur dédié à base de puce Via nano est actuellement proposé au prix de 5,99 € HT, le prix raisonnable devrait se situer aux environs de 4 à 5€ par mois.

Lame ARM Online.net
Une lame ARM Online.net accueille 18 serveurs

Au-delà même du choix des CPU ARM, c’est en fait une plate-forme Cloud complète qu’Online entend assembler. Une plate-forme qui sera déployée début 2015 dans ses datacenters parisiens, mais aussi aux États-Unis. Il s’agit d’ailleurs de la première confirmation officielle d’une extension des capacités d’hébergement d’Online aux US, la firme s’étant jusqu’alors limitée aux datacenters parisiens d’Iliad.

Une plate-forme cloud développée sur mesure pour tirer parti de serveurs physiques

Une plate-forme conçue pour des applications qui ont besoin de performance dédiée, consistante et prévisible

Arnaud de Bermingham, Online.net Labs

« Notre plate-forme Cloud est conçue pour des applications qui ont besoin de performance dédiée, consistante et prévisible » explique Arnaud de Bermingham, le patron d’Online.net Labs. Il est vraisemblable que le mot-clé est ici "dédié". Online ne proposant pas à ce jour de Cloud virtualisé - comme le proposent certains de ses concurrents - mais un Cloud à même de provisionner rapidement des serveurs physiques.

Au MagIT, cela ne nous semble pas déraisonnable, d’autant que le coût des serveurs dédiés reste bien inférieur à celui des VM. Ce qui fait que si Online a trouvé un moyen de provisionner facilement et à bon compte des serveurs physiques, il est sans doute en position de proposer des tarifs bien plus agressifs que certains Clouds virtualisés.

D’ailleurs Arnaud de Bermingham ajoute : « avec Marvell, nous avons créé la première plate-forme capable de reproduire sous forme matérielle toutes les fonctions d’un Cloud ». En fait, la plate-forme matérielle et logicielle conçue par les Online Labs (voir à ce propos la vidéo de l’hébergeur) permet à un client d’instancier des instances physiques basées sur des puces ARM à la volée et de les provisionner comme des machines virtuelles, tout en fournissant des services avancés comme des snapshots.

Online a choisi un développement maison plutôt qu'OpenStack

Chassis lames ARM Online.net
Le chassis lames ARM Online.net

Un point intéressant est qu’Online n’a pas retenu OpenStack pour gérer son Cloud mais a choisi de développer lui même les composants logiciels permettant de le piloter. Un projet qui en dit long sur ce qu’auraient pu réaliser CloudWatt et Numergy avec un peu plus de courage, de créativité (et sans doute s’ils avaient eu moins d’argent public à leur disposition).

Le projet en dit long sur ce qu’auraient pu réaliser CloudWatt et Numergy avec du courage et moins d'argent public

Il est à noter que l’offre Cloud ARM est complétée par un service de stockage compatible S3, que les utilisateurs peuvent utiliser pour étendre la capacité de stockage SSD offerte en standard (en utilisant le système objet natif ou en utilisant un système de fichiers comme S3ql par exemple).

Notons enfin que, pour l’instant, la plate-forme ne supporte que des distributions Linux compatibles ARM à savoir, pour commencer : Debian, Gentoo et Ubuntu (14.10 et 14.04 LTS). Toutes les fonctions d’Ubuntu sont supportées y compris la pile LAMP, Docker, Puppet, Juju, Hadoop, MAAS, etc.

Bien sûr les utilisateurs peuvent aussi créer leurs propres images systèmes et les déployer sur les serveurs ARM de l’hébergeur.

 

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