La récente condamnation d'Intel par l'Union Européenne à une amende de 1,06 Md€ pour abus de position dominante n'est que le dernier épisode d'un affrontement entre AMD et le fondeur californien qui dure depuis 35 ans.
Les relations entrer les deux fondeurs ont commencé au milieu des années 70 lorsque AMD a lancé le 8080A, un clone du processeur 8080 d'Intel. Peu de temps après, en 1982, Intel et AMD signaient un accord de licence croisé permettant au second couteau de devenir une seconde source des puces x86 d'Intel à la demande d'un de ses principaux clients, IBM.
Cette cohabitation paisible s'est poursuivie jusqu'à la fin des années 80, avant de tourner au vinaigre lorsqu'Intel a unilatéralement coupé les ponts avec AMD, peu de temps après la sortie du 386. AMD a alors attaqué Intel en justice et obtenu gain de cause en 1994 devant la cour suprême de Californie. Ce qui lui a permis de négocier un accord de licence croisé avec Intel en 1995.
Un cloneur devenu concepteur, par obligation
Contraint d'abandonner son rôle de simple cloneur, AMD s'est ironiquement mué en un redoutable concurrent pour Intel en développant ses propres processeurs. Ses premières créations, lancées tout au long des années 90, étaient certes économiques, mais n'ont pas marqué les mémoires par leurs performances. Le vrai tournant est venu en 1999 avec l'Athlon, un concurrent direct du tout nouveau Pentium III d'Intel, qui sera le premier processeur à passer la barre du GigaHertz. AMD monte à l'assaut des assembleurs et autres passionnés d'informatique en jouant la carte des prix bas. Peu à peu, un écosystème se construit autour de l'offre d'AMD et les ventes progressent. AMD est retenu par Compaq, puis HP pour certaines de leurs machines grand public. AMD devient du coup l'alternative économique à Intel, une alternative qui garantit aux clients des prix raisonnables et qui permet aussi aux constructeurs d'agiter la menace d'une seconde source dans leurs discussions tarifaires avec Intel. Un rôle de lièvre parfaitement assumé par AMD qui, au début de l'année 2002, peut se targuer de détenir près de 20% du marché mondial des processeurs.
Mais le poil à gratter texan commence à agacer à Santa Clara, qui engage une guerre des prix qui met rapidement AMD à genoux. A la rentrée 2002, la firme connaît son pire trimestre depuis longtemps et affiche des pertes abyssales. Sa part de marché a chuté à 12,4%. Dans cette atmosphère de déroute, AMD s'accroche toutefois aux travaux de développement autour d'Hammer, une nouvelle architecture processeur 64 bit compatible avec le jeu d'instruction x86 d'Intel. Objectif, sortir du ghetto des prix bas et disposer d'une offre capable de rivaliser avec Intel sur l'ensemble des segments.
Hammer : quand l'élève dépasse le maitre
Curieusement, Intel ne prête que peu d'attention à Hammer alors même qu'AMD n'hésite pas à dévoiler publiquement son architecture et à en vanter les mérites. Intel est ainsi largement pris de court lorsqu'en avril 2003, AMD dévoile son premier processeur Hammer, l'Opteron « SledgeHammer », et que Microsoft annonce son support de l'architecture 64 bit d'AMD. Une première en dix ans : Depuis l'abandon des versions MIPS, Alpha et PowerPC de Windows, Microsoft n'avait jamais développé de version spécifique de Windows pour une architecture processeur non-Intel.







Par gaspode






