Dossier offshore en France : pas encore le raz-de-marée, déjà plus qu'un épiphénomène 

Le 09 février 2010 (16:10) - par Reynald Fléchaux , Dominique Raviart (NelsonHall)

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Rubriques : Externalisation - Développement, maintenance et recette - Infogérance d'exploitation - Offshore - BPO - Relation fournisseurs et SSII - Optimisation des coûts - SSII - Inde Tags : capgemini - atos - ibm - production - offshore - steria - inde - infosys - wipro - tcs - sopra - accenture - maroc - solucom - tma - atos-origin - pac - compass

S'il alimente les conversations - et s'enracine dans les réponses des grandes SSII aux appels d'offre - l'offshore en France est encore loin du poids qu'il a acquis aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne. En 2009, il pèserait environ 6 % du marché des services. Mais, si l'on tient compte de sa concentration sur le marché des grands comptes et de ses effets déflationnistes, son poids est déjà loin d'être négligeable.

La carte mondiale de l'offshore selon AT Kearney : l'Europe de l'Est plombée par les coûts

Au Sommaire
1. Pas encore le raz-de-marée, déjà plus qu'un épiphénomène
2. Choix d'un prestataire : se repérer dans un discours désormais banalisé
3. Offshore et grandes SSII : les forces en présence
4. Entretien avec Aimery Fustier, directeur de l'industrialisation de Cap
5. Tribune : captives, la fausse route que s'épargneront les grands comptes français
6. Revue de presse : le best-of de nos reportages en Inde et au Maroc
7. La carte mondiale de l'offshore selon AT Kearney : l'Europe de l'Est plombée par les coûts
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Comme chaque année depuis 2004, le cabinet de conseil AT Kearney a dévoilé en mai 2009 son classement des meilleures destinations offshore pour les activités de services (Global Services Location index). Un classement dont le trio de tête - Inde, Chine et Malaisie - reste inchangé par rapport à 2008, mais qui recèle tout de même une tendance de fond très importante pour les donneurs d'ordre européens : la perte de vitesse des pays d'Europe de l'Est. "Il y a peu, l'Europe centrale et de l'Est émergeait comme un des premiers hubs mondiaux de l'offshore, particulièrement pour les clients d'Europe de l'Ouest. Cette année (en 2009 donc, NDLR) cependant, les leaders établis, comme la Pologne, la République Tchèque ou la Hongrie, ont reculé du fait de coûts en hausse qui érodent leur compétitivité", explique le cabinet.

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Si l'Inde domine toujours outrageusement, notamment du fait du poids des entreprises américaines dans la dépense offshore (70 % du total), la croissance de la demande est aujourd'hui plus forte chez les donneurs d'ordre européens. Résultat : un regain d'intérêt pour les destinations où l'anglais n'est pas la langue dominante, comme l'Europe de l'Est, le Moyen-Orient ou l'Afrique du Nord.

Bulgarie et Roumanie tirent leur épingle du jeu

Des destinations dites nearshore où, justement, la hiérarchie se voit en partie bousculée. Notamment du fait du recul des pays d'Europe de l'Est, plombés par l'inflation des salaires et l'appréciation de leur monnaie face au dollar. La République Tchèque était 4ème de l'index AT Kearney en 2004. Elle se classait 32ème l'année dernière. La Hongrie, la Slovaquie et la Pologne ont connu des "reculs similaires", ajoute le cabinet. "Tous ces marchés ont crû très vite sur les services informatiques et le BPO, commente Frédéric Giron, directeur des études au cabinet Pierre Audoin Consultants (PAC). Mais la demande intérieure a elle aussi progressé rapidement. Alors que les ressources sont limitées et que l'outil de formation n'est pas prêt à fournir de grands volumes. Bref, ces pays connaissent une vraie pénurie de compétences du fait de cette double demande".

Au sein du continent, ce glissement des quatre pays profite à leurs voisins bulgares (13ème de l'index) et roumains (19ème), qualifiés de "nouvelles stars de l'offshore en Europe" par AT Kearney. Une réalité que conteste toutefois Frédéric Giron, pour qui la Roumanie est également saturée : "nous avons récemment conseillé un client qui voulait recruter 30 personnes sur place pour développer son implantation. C'était tout simplement impossible". Selon lui, les vrais gagnants de ces tensions en Europe centrale seront des pays comme l'Ukraine : "Logica a déplacé dans ce pays un centre auparavant situé en République Tchèque", illustre-t-il. AT Kearney signale également l'émergence des pays baltes comme alternative à l'Europe centrale. La Lituanie se hisse ainsi en 21ème position, en se positionnant notamment sur les centres d'appel.

atkearney2La montée en puissance de l'Afrique du Nord

Surtout, pour les grands comptes hexagonaux, ce recul de l'attractivité de ce qui reste leur première destination offshore (les pays de l'Est représentent 30 à 35 % environ du marché de l'offshore en France) pourrait profiter à d'autres destinations. Notamment en Afrique du Nord (entre 10 et 15 % des prestations délocalisées depuis la France aujourd'hui), où les donneurs d'ordre trouvent des compétences francophones fournies essentiellement par leurs interlocuteurs habituels, les SSII bien implantées dans l'Hexagone.

"La zone a le potentiel pour redessiner la carte mondiale de l'offshore", estime AT Kearney. En 2004, le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord ne classaient que deux pays dans l'index (Israël et la Turquie). Ils sont cinq en 2009, emmenés par l'Egypte qui se hisse au 6ème rang. Pour les donneurs d'ordre francophones, deux autres pays - la Tunisie (17ème) et le Maroc (30ème) - poursuivent eux aussi leur progression. Selon AT Kearney, le Maroc, première destination de l'offshore francophone par la taille, comptait déjà 25 000 personnes travaillant dans le secteur au moment de la parution de l'index (ci-dessous une photo de Casanearshore, une des zones dédiées à l'offshore mises en place par le gouvernement du Royaume).

Maroc : juste une étape sur la route de l'Inde ?

Mais, pour Frédéric Gironcasaarriere copie, le phénomène ne pourrait être que transitoire : "le Maroc pourrait n'être qu'une étape vers l'externalisation en Inde, qui reste le hub mondial. L'objectif des SSII est avant tout d'améliorer le taux d'utilisation de leurs centres indiens, d'autant que les salaires au Maroc ne sont plus très loin des équivalents français sur les profils expérimentés. En parallèle, les grands comptes hexagonaux montent eux en compétences sur la gestion de l'offshore, rendant le déplacement des activités en Inde envisageable". Selon lui, du fait des freins structurels en Europe de l'Est et en Afrique du Nord, la zone Asie-Pacifique risque de devenir la première destination de l'offshore en France dans les années qui viennent.

Signalons d'ailleurs, dans le classement d'AT Kearney, le bon positionnement d'un autre pays asiatique, le Vietnam (10ème), qui dispose de compétences francophones. Ce dernier a gagné 10 places au classement en 2009, du fait de la montée en puissance de son industrie de l'offshore, particulièrement sur les services IT. Et se classe même 3ème en matière de coûts.

Inde, la fin de l'age d'or ?
Alors que AT Kearney relève les "vulnérabilités" de l'Inde (fluctuations rapides de la roupie, terrorisme et interrogations suite au scandale Satyam),  le sous-continent perd également une place dans le World Competitiveness Yearbook (WCY). Ce classement, établi par l'école de management suisse IMD (Institute for Management Development), vise à évaluer la compétitivité d'une soixantaine d'économies dans le monde.
 
Classée 30ème en 2009, l'Inde apparaît en déclin après avoir atteint la 27ème place en 2007. Le recul du sous-continent est notamment dû à des facteurs comme l'efficacité de son administration ou les infrastructures disponibles.

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Par e-compta pro
 Le 21/05/2010 à 14:17
"Mais les projets français n’impliquent qu’environ un millier de collaborateurs indiens alors que nous avons environ 20 000 salariés en France". De cette phrase découle l'importance et l'avantage de l'externalisation : la main d'œuvre est moindre en Inde par rapport à la France, le nombre de travailleurs a aussi diminué. Les avantages en coût de l'externalisation sont flagrants dans cet article. A citer dans les domaines de l'externalisation : la saisie de la comptabilité, le marketing, les ressources humaines, ... qui apportent les mêmes avantages que ceux de l'informatique.
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