Entretien avec Aimery Fustier, directeur de l'industrialisation à la direction de la production de Capgemini
1 L'offshore chez Cap
"Depuis le début des années 2000, nous avons développé la composante offshore. Dans ce contexte, l'Inde présente des avantages particuliers par sa taille, l’antériorité de son investissement dans l’informatique, et le dynamisme de ses SSII nationales. Pour des aspects culturels relatifs notamment à nos clients européens, nous avons également développé des centres dans d'autres pays que le sous-continent, des pays notamment francophones. C'est par exemple le cas du Maroc, via notre implantation de Casablanca, où de la Pologne voire de la Roumanie ou du Vietnam. Dans notre centre de Katowice par exemple, nous supportons une trentaine de langues, dont évidemment le français".
2 La méthode
"Notre expérience de plus de 9 ans à l’offshore nous a fait progresser depuis le modèle initial de sous-traitance interne jusqu’au concept actuel de One Team où les ressources offshore sont véritablement intégrées à l’équipe projet, plutôt Nous avons un peu tout essayé. Ma conviction, c'est qu'utiliser un centre nearshore servant de tampon entre le donneur d'ordre et le centre de services offshore ne fonctionne pas. Il faut mettre ce dernier en contact direct avec le client. Pour de plus en plus de clients du CAC 40, utiliser l'anglais comme langue de travail ne choque plus. Chez ceux qui préfèrent échanger en français, nous mettons en avant notre centre marocain. Par contre, le client n'a en face de lui qu'une seule équipe projet, toute autre organisation amenant de la rigidité."
3 Les implantations
"Nous disposons de six implantations en Inde, pour couvrir tous les bassins de recrutement. Dans tous ces centres, nous avons atteint la taille critique nous permettant d'être réactifs et d'y développer plusieurs activités. Si ces centres ne sont pas spécialisés, on a concentré certaines compétences sectorielles : à Pune, la banque ; à Calcutta, la grande distribution ; à Chenai, l'automobile ; à Bangalore les télécoms. Pour nos clients français, nous avons aussi recours à la Pologne et au Maroc, voire à la Roumanie. Enfin, nous venons d'effectuer un rachat au Viet-Nam, un centre qui viendra bientôt s'insérer dans notre réseau d'implantations. Mais je n'ai pas le sentiment d'une course vers les pays aux coûts de production les plus bas, d'ailleurs l'inflation salariale s'est ralentie en Inde. Ce sur quoi on travaille vraiment, c'est sur l'industrialisation de nos services pour réduire les coûts de production."
4 L'industrialisation
"Ce travail sur les outils, les processus et les méthodes n'est jamais terminé. On a par exemple encore peu appliqué à l'IT des méthodes de type Lean, qui devraient nous permettre de nouveaux gains de productivité. A l'intérieur du groupe, le degré d'harmonisation sur ces sujets est aujourd'hui satisfaisant. On a fait beaucoup de progrès sur la gestion du patrimoine applicatif et les tests. Dans le développement proprement dit, je suis convaincu que notre mode de fonctionnement avec une seule équipe projet (One Team, en jargon Capgemini, ndlr) doit nous permettre d'employer des méthodologies de type agile, en reliant les équipes offshore et celles sur site via des outils collaboratifs."
5 L'offshore et la comptabilité
"Avant nous employions une forme de sous-traitance interne. Mais nous avons modifié cette structure via notre programme de transformation i3. Désormais, un même projet rassemble les équipes sur site et les équipes offshore. Ce qui permet à tous les acteurs d'un projet de partager les mêmes indicateurs.
Ce principe, en grande partie hérité de Kanbay (SSII américaine largement implantée en Inde et rachetée en 2006, ndlr), s'appuie sur un nouveau système comptable, dont le déploiement s'est accéléré cet été avec son implantation en Amérique du Nord et en Inde. Ce SI est aujourd'hui déployé sur 80 % du groupe environ."
NDLR : cet entretien a été réalisé à l'automne dernier.
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Par e-compta pro



