Projet Chorus : tout se passe aussi mal que prévu 

Le 18 septembre 2009 (11:15) - par Reynald Fléchaux

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Rubriques : Applications transversales / PGI - Gouvernance et qualité (Itil) - gestion de projet - Relation fournisseurs et SSII - Secteur public - Optimisation des coûts - SSII - Editeurs Tags : capgemini - france - sap - pgi - sopra - logica - chorus - etat - comptabilite - bearingpoint - onp - hraccess

Encore un flot de critiques pour Chorus, le pharaonique projet de refonte de la gestion comptable de l'Etat basé sur SAP. Après une première salve en début d'année, la Commission des Finances précise ses griefs. Et met en cause la gouvernance d'un projet où technique et organisation ne semblent toujours pas avancer de concert. Pour les prestataires impliqués sur le projet, il est toutefois trop tard pour ergoter. La priorité est aujourd'hui au déploiement du cœur comptable dans tous les ministères. Et rien d'autre.

Or, sans optimisation des back office comptables, même en remplaçant 80 applications ministérielles, l'Etat laissera sur la table 400 millions d'euros de plus qu'actuellement en 10 ans (voir graphique ci-dessous). La rentabilité de Chorus tient donc tout entière dans les réductions d'effectifs des services comptables. Dans son scénario le plus optimiste, l'Inspection générale des Finances estimait en 2006 que Chorus permettrait une réduction de 8 000 emplois environ. Des hypothèses que, avec un art consommé de l'understatement, la Milolf juge aujourd'hui "fragiles".

chorus roi

4) Bilan : "too big to fail"

Pour les acteurs en prise directe avec le projet, les points soulevés par la Milolf constituent toutefois presque des débats d'arrière-garde. "Ces interrogations sur le ROI de Chorus relèvent du jeu de dupe", s'amuse une source. "Pour faire des économies, il faut que les modules amont soient interfacés avec le cœur comptable. Or, c'est une décision purement politique". Pour nos interlocuteurs, il est de toute façon trop tard pour faire marche arrière. Il faut désormais déployer, sur une base unanimement jugée saine. "Le potentiel de la solution est supérieur à ce qui est exploitée aujourd'hui. Mais l'AIFE a intérêt à occulter ce point pour l'instant, afin de ménager des améliorations ultérieures", juge une source. "Une fois que les ministères seront rassurés sur le cœur comptable, ils vont tuer peu à peu leurs anciennes applications. Ca commencera dès la v4 de Chorus (fin 2009, ndlr) et ca va s'accélérer avec la v6 (fin 2010, ndlr), où Chorus deviendra l'application maître pour la gestion comptable de l'Etat", explique un autre acteur.

Bref les risques se sont déplacés de la construction de la solution - qui semble désormais bien maîtrisée - aux enjeux du déploiement (bascule, tests, conduite du changement). Et il est désormais trop tard pour faire machine arrière. D'où un léger sentiment de dépit qui s'exprime dans le rapport de la Milolf. Qui écrit ce jugement sévère, mais en même temps signe d'impuissance : "au vu des nombreuses promesses non tenues et des déboires enregistrés depuis le début de Chorus, la Mission ne cache pas son scepticisme sur la fiabilité des engagements pris et des hypothèses formulées. Les responsables de Chorus devront convaincre par des actes et des résultats, plutôt que par des affirmations non confirmées par la réalité au fil du temps". Pour une de nos sources, "on verra les bénéfices de Chorus dans 10 ans". Et non en 2011 ou 2012, comme l'envisagent les hypothèses de ROI les plus optimistes.

EN SAVOIR PLUS

- Premiers couacs pour le projet Chorus, les prestataires font bloc

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- Projet Chorus : l'Etat met les SSII sur les dents pour le marché de l'année

- Réglement de comptes à OK Chorus

- Le rapport de la Milolf (datant de juillet 2009)


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Par real
 Le 09/02/2011 à 19:32
Je suis un utilisateur journalier de Chorus pour la comptabilité de la région de Champagne-Ardenne.En fait ce n'est pas Chorus qui est à critiquer,le progiciel est certes complexe,mais le Grand Responsable est l'AIFE dont l'INCOMPETENCE se vérifie tous les jours.On nous a remis en main un outil compliqué,constamment en évolution,avec des modes opératoires inadaptés,et un service d'assistance dans sa "bulle".En plus de tout celà l'Administration dans sa grande splendeur,par l'insousciance de ses différents Directeurs ,aggrave les problèmes de la performance de Chorus-l'organisation des services en interne-et non pas du logiciel je précise.
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