Chez Cap Gemini, Salil Parekh, directeur général de la SSII en Inde, revendique 300 clients internationaux, actifs en priorité dans le domaine des services financiers et des télécommunications ; de quoi renvoyer à la logique de la production globalisée.
Chez Sopra, Pankaj Agarwal, directeur général de Sopra en Inde, s’en étonne même : « nous sommes surpris de voir la vitesse à laquelle l’Europe s’est finalement ouverte à l’offshore. Des entreprises telles que France Télécom, Airbus, Carrefour, sont devenues globales. Du coup, elles sont plus à l’aise à l’idée de s’appuyer sur des partenaires présents sur les marchés où elles entrent en activité. » Mais pour Pankaj Agarwal, c’est une évidence : « le coût est une motivation. Ce n’est pas la seule ; les clients veulent des fournisseurs qui, comme eux, sont globalisés. » Et puis, on y revient : « en Inde, aujourd’hui, nous avons à notre disposition d’importantes ressources qualifiées. »
Des expériences différentes
Mais s’installer en
Inde, lorsque l’on est une entreprise occidentale, n’est pas toujours trivial.
Le centre de développement logiciel de Kone, à Chennai, est resté pendant
plusieurs années une épine dans le pied du finlandais. P. Gurumoorthy,
directeur de ce centre de développement, avance une explication, en s’appuyant
sur son expérience personnelle : « au début, j’avais des problèmes de
communication. Mais avec le temps, j’ai appris à communiquer et à échanger
[avec les équipes finlandaises]. » Et ça ne s’arrête pas là. Plus
généralement, l’ouverture et l’acceptation de la culture indienne semblent
constituer l’une des clés du succès. « La famille est un élément critique »
dans la gestion des ressources humaines, précise P. Gurumoorthy. Et de donner un
exemple : « si l’on sait qu’un collaborateur prévoit de se marier,
dans les deux ans qui viennent, il faut engager un processus de formation pour préparer
sa promotion. Ca envoie aussi un message à la famille. » Et si la
promotion ne vient pas ? Il se prépare au départ du collaborateur…
De son côté, Yves Bernaert assure que « tout le monde travaille avec les mêmes méthodes et selon les mêmes standards. » Et d’ajouter que, « dans les centres offshore, on déploie la culture Accenture » au travers de formations pour « palier les différences de culture en communication. » Avec, au bout, « les mêmes plans de carrière. »
Chez Logica, Sushil Tayal, DRH du centre de service de Bangalore, exhibe, avec la même ferveur, la logique corporate : ses collaborateurs sont « membres de Logica worldwide ». Mais il concède « une adaptation à la culture locale » avec, notamment, une ouverture sur « les sensibilités religieuses. » En fait, la SSII a noué, en France, un partenariat avec Akteos, une société de conseil spécialisée dans les formations multiculturelles.















