Les SSII occidentales misent sur l’Inde 

Le 05 septembre 2008 (22:25) - par Valery Marchive

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Rubriques : SSII Tags : capgemini - ssii - atos - steria - inde - sopra - accenture - logica - nasscom - stpi - sez - unites

Alors que les SSII indiennes s’intéressent de plus en plus au marché européen, les SSII occidentales, de leur côté, renforcent leur implantation dans le sous-continent. Un cheminement inversé qui répond à plusieurs problématiques. Mais le chemin reste semé d’embuches.
Les SSII occidentales misent sur l’Inde

Pankaj Agarwal revendique de son côté un niveau d’intégration élevé avec le groupe Sopra : « nous suivons les mêmes processus, les mêmes méthodes que n’importe quel centre de services Sopra. […] L’unité de base, c’est le projet : il y a un projet, un chef de projet, une équipe. Le tout est globalisé. » Mais lui aussi concède une part de « culture locale, de parfum local ajouté à l’équation. » Sans en détailler la nature.

Un air de far west, édulcoré

Pour Karthik Shekkar, secrétaire général du syndicat Unites Professionals pour l’Inde, les SSII britanniques et américaines arrivent en Inde « en se pensant au far west. » Et elles n’ont peut-être pas tort : « si Intel demande la gratuité de l’eau, l’état va lui offrir […] et demander à l’inspection du travail de fermer les yeux. » Partho Ganguli, directeur exécutif de BOB Technologies, ne conteste pas ces observations, mais précise que « Cap Gemini fait plutôt preuve d’ouverture d’esprit. » Un cas isolé ? Certainement pas.

Mais Abhay Gupte, directeur général de Logica en Inde, souligne que les SSII occidentales sont capables d’attirer et de retenir leurs salariés parce qu’elles « leur offrent la possibilité de travailler sur des projets mondiaux. » Ce n’est pas le seul. L’atout principal des SSII occidentales, vis-à-vis de leurs salariés indiens, tiendrait à la carotte de l’expatriation. Mais aussi, peut-être, à une certaine souplesse de management, liée à l’impératif de s’adapter, en douceur, à une culture aux différences marquées.

Un atout dans la manche

Reste que si les SSII occidentales ont recours à l’offshore pour réduire leurs coûts, elles conservent un avantage sur leurs homologues indiennes : « notre connaissance des marchés européens est un gros avantage », estime Abhay Gupte. A sa manière, Yves Bernaert confirme ce point : « pour le client, nous assurons la transparence à tous les niveaux. On encourage le client à venir visiter nos centres de services. » Jusqu’à organiser des formations, mises en œuvre par le client, pour les équipes offshore. Mais, surtout, « si le client est francophone, on utilisera des ressources francophones. Si le projet n’est pas basique, on ne peut pas s’organiser pour traduire systématiquement ; cela entrainerait des délais trop importants. » De quoi rassurer et limiter les frictions multi-culturelles. Mais cet atout pourrait faire long feu si les SSII indiennes parviennent à soutenir leurs efforts en matière de formation multi-culturelle.

La fiscalité, l’autre menace sur l’activité des SSII en Inde

Les SSII installées en Inde peuvent bénéficier d’un régime fiscal privilégié : elles peuvent être exemptées de toute imposition sur leur chiffre d’affaires à condition que celui-ci soit réalisé à 75 % au moins à l’export. Une disposition que certains pourraient analyser comme protectionniste dans la mesure où elle encourage les SSII étrangères à laisser le marché domestique indien aux SSII locales. A cela s’ajoute notamment une exonération de TVA et de droits de douane sur les biens importés.

Pour profiter de cette fiscalité avantageuse, les SSII s’installent dans des parcs technologiques (Software Technology Park of India, ou STPI). Le régime d’exemption fiscale pour les STPI devait initialement prendre fin le 31 mars 2009. Fin avril dernier, l’échéance a été repoussée d’un an. Désormais, la question est posée : que se passera-t-il après le 31 mars 2010 ?

stpi

Une chose est sûre : la recette fonctionne. Pour l’année 2005/2006, les STPI ont généré pour 15,8 Md€ d’exportations, 36 % de mieux qu’un an plus tôt. Selon Ganesh Natarajan, directeur exécutif de Zensar et membre du conseil exécutif du Nasscom, la chambre syndicale des SSII indiennes, la levée des avantages fiscaux des STPI entrainerait un recul de 3 % des bénéfices de l’industrie IT en Inde.

Afin de parer à toute éventualité, un peu plus de 15 % des entreprises IT installées en Inde ont commencé à installer des activités dans d’autres espaces à fiscalité privilégiée : les SEZ, ou Special Economic Zones.

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