L'extension de la crise financière à l'Europe, symbolisée par le sauvetage du Belge Fortis et la nationalisation du Britannique Bradford & Bingley, les rumeurs entourant Dexia ou Natixis et la convocation demain à l'Elysée des banquiers et assureurs, tombe au plus mal pour les SSII. En plein arbitrage budgétaire chez ces comptes souvent clés.
"Certes le modèle de la banque française résiste. Mais les établissements sont touchés par le manque de liquidités, explique Lyonel Rouast, directeur général Europe de Compass, qui conseille les très grands comptes en matière de stratégie informatique. Les budgets IT, qui étaient en pleine période d'arbitrage, sont donc victimes de ce phénomène. Certains projets d'investissements sont arrêtés". Des arbitrages qualifiés de "sévères", par Lyonel Rouast. Des rumeurs circulent également, attribuant à l'un des principaux établissements de la place la volonté de baisser de 3% tous les tarifs de ses prestataires.
"En dix jours, tout a changé"
Bref, en quelques jours, le discours dominant, consistant à affirmer que la crise n'affectait pas ou peu les investissements informatiques vus comme stratégiques par les établissements, a été remis en cause. "En dix jours, tout a changé", remarque Lyonel Rouast.
Une alerte sérieuse pour les SSII de la place, qui jusqu'alors avaient traversé la crise des subprimes très sereinement. Comme le rappelle Vincent Gélineau, consultant senior de Pierre Audoin Consultants, le secteur financier (banque et assurance) pesait 27 % des services IT en France en 2007, à 5,7 milliards d'euros. "Avec un dynamisme supérieur à la moyenne du marché, tant en matière de projets que d'externalisation", remarque le consultant.
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