Membre du groupe Finatech - un projet visant à constituer un prestataire marocain de poids par rachat de sociétés locales -, Finashore (ex Sysnek) regarde également le marché du BPO comme une voie de développement en parallèle de son activité cœur, le call center. Même si Jérôme Mouthon, son président (en photo ci-contre), reste circonspect, doutant d'un exode massif des grands comptes français vers le Maroc pour les prestations type du BPO (finance et comptabilité, achats, etc.). Mais tout en soulignant l'apparition de marchés plus verticaux, comme la gestion des droits pour les intranets ou le recouvrement de factures. Finashore assure également la gestion de contrats pour une compagnie d'assurance, le recouvrement de factures (pour deux sociétés françaises) ou la vente de surgelés pour un distributeur spécialisé. Un contrat où le prestataire va jusqu'au remplissage des camions de livraison en fonction des tournées. "De plus en plus, nous travaillons directement sur les plates-formes de nos donneurs d'ordre", explique Jérôme Mouthon.
Pas de tensions sur l'emploi contrairement à l'infogérance
Des métiers où, selon les différents acteurs interrogés, le Maroc dispose d'un solide réservoir de compétences, à la différence de l'infogérance où l'arrivée des SSII occidentales a entraîné des tensions sur l'emploi (donc sur les salaires). "La souplesse est beaucoup plus grande sur les métiers du BPO", confirme Ali Naguib, le directeur général de Finashore, qui parle d'un réservoir de compétences allant de Bac+2 à Bac+5. "Même si, quand on monte en technicité, par exemple pour du support technique de niveau 2, une formation complémentaire est souvent nécessaire", ajoute-t-il. Le pays a mis en place différents systèmes facilitant l'adaptation des compétences aux besoins des prestataires, via des enveloppes favorisant l'entrée des débutants dans la vie professionnelle par des formations complémentaires.
Une relative détente qui pourrait ne pas durer. En mars, un des grands noms mondiaux du BPO, Genpact, a signé un protocole d'accord avec le gouvernement marocain, pour s'installer sur Rabat Technopolis, une des zones dédiées à l'offshoring mises en place par le Royaume. Déjà présent sur l'autre zone déjà sortie de terre, Casanearshore, TCS n'y a pas encore lancé des activités de BPO. Présent sur la zone proche de Casablanca depuis un an, l'Indien ne dispose pour l'instant que d'une modeste équipe d'une vingtaine de personnes concentrées sur des activités liées à l'externalisation informatique. Tout en ayant réservé des locaux pour plusieurs centaines d'employés. Mehdi Sahel, le directeur de TCS au Maroc (ci-contre), explique souhaiter démarrer cette activité assez vite, notamment sur des secteurs comme la finance ou les télécoms : "sur ces métiers, le Maroc n'est que 10 à 15 % plus cher que l'Inde. Et on ne trouve pas 2 000 à 3 000 francophones sur le sous-continent pour assurer des prestations de BPO francophone. C'est le volet qui intéresse TCS au Maroc". Même si les chiffres annoncés par ces grands du BPO ne seront pas atteints avant quelques années, la perspective risque de créer des tensions sur les compétences clefs pour ces métiers... et faire de l'ombre aux prestataires locaux.
En savoir plus : Lire sur le blog Jour.homme la série de billets sur l'offshore au Maroc, écrits lors d'un reportage d'une semaine sur place portant sur le développement de cette industrie.
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