Même si son président Larry Ellison semblait avoir surtout la tête dans les « boites à nuages » (pour reprendre son expression de « cloud in a box ») lors d’Open World, en mettant sous les projecteurs la nouvelle appliance Exalogic destinée aux directions informatiques qui souhaitent mettre en œuvre un cloud privé, les vraies vedettes de cette édition ont été les Fusion Applications, la nouvelle génération d’applications de gestion de l’éditeur, destinées à étendre, voire dans certains cas à se poser en alternative, de son imposant portefeuille d’applications métier.
Et, bien que les séances plénières aient déçu dans les éclairages donnés sur cette nouvelle gamme d’applications - au point de laisser la vedette au très médiatique Marc Benioff, président de Salesforce.com (directement concurrent de ces applications) - les sessions et l’exposition ont de leur côté largement tenu leurs promesses. Les Fusion Applications sont désormais palpables, et prêtes pour un lancement opérationnel au premier trimestre 2011 pour un petit nombre de clients triés sur le volet, puis pour une diffusion plus large en seconde partie d’année.
L’enjeu pour Oracle ? Les analystes divergent sur la rapidité d’adoption. Certains évoquent un potentiel d’un demi milliard de dollars dès 2012 , tandis que d’autres considèrent qu’Oracle devra attendre 2015 pour viser de telles ambitions. Mais, s’ils divergent sur le timing, tous s’accordent à dire que l’enjeu est colossal : permettre à Oracle de faire la différence par rapport au leader SAP tout en neutralisant les valeurs montantes du Software as a Service (les principales cibles évoquées par Oracle étant Saleforce.com, bien sûr, mais aussi les valeurs montantes du côté des ressources humaines que sont SuccessFactors, Taleo ou Workday). A propos de Software as a Service versus un mode de déploiement traditionnel « à domicile », l’originalité - le défi, selon certains – est qu’Oracle ne choisit pas. Les deux modèles sont indifféremment proposés.
Les Fusion Applications en bref
En quoi les Fusion Applications sont-elles censées représenter une nouvelle génération d’applications de gestion ? Le principe de base est qu’elles ne se limitent pas à automatiser les processus, c'est-à-dire à couvrir le périmètre géré par les applications traditionnelles d’ERP, de CRM, de gestion des achats ou de ressources humaines. Elles permettent de gérer les exceptions, celles qui « justifient toujours » l’intervention humaine une fois que tout ce qui est automatisable est automatisé. Et ces interventions humaines sont devenues d’autant plus complexes qu’elles concernent des exceptions par rapport à un déroulement standard de processus : elles nécessitent de bien comprendre le contexte et de prendre la bonne décision pour remettre la transaction « dans les rails ». Dans cet environnement très complexe, les systèmes d’informations doivent aider les employés à :
- connaître les processus de gestion de l’entreprise pour savoir et comprendre comment faire. En la matière, il ne suffit pas d’automatiser, mais il faut aussi documenter, et re-configurer les processus en permanence et non pas tous les 5 ans, lors d’une opération de montée de version, comme c’est souvent le cas pour les ERP d’aujourd’hui. Dans ce domaine, la promesse d’Oracle est de rendre cette reconfiguration plus aisée, au travers d’un annuaire de plus de 11 000 services web que les entreprises pourront consommer et organiser selon leurs spécificités au travers de langages standards tels que BPEL (Business Process Execution Langage). Oracle Fusion Middleware est le moteur de ce premier composant.
- savoir ce qu’il faut faire en fonction des exceptions à gérer et de leurs priorités. Par exemple, un conseiller bancaire peut se voir proposer une liste d’actions commerciales à engager lors de l’arrivée à l’échéance du crédit d’un client, ou parce qu’un autre s’est renseigné sur un produit donné via le site web. Les Fusion Applications proposent dans ce cadre le Fusion Desktop, qui présente les informations à l’utilisateur en fonction de son rôle dans l’entreprise. Il intègre une vue sur son emploi du temps, sur les tâches à mener, ainsi qu’un activity stream, sorte de twitter embarqué dans l’application de gestion qui permet de suivre les événements sur les sujets sélectionnés par l’utilisateur.
- disposer de ce qu’il faut savoir. Pour chaque exception à traiter, l’employé doit être informé du contexte et guidé dans ses décisions ; la Business Intelligence est le moteur de cette composante. Elle permet de présenter à la fois des données brutes en temps réel (par exemple, pour visualiser les dernières commandes, les factures et les incidents ouverts au support relatifs à un client), des données plus analytiques (par exemple, pour estimer la « fiabilité » financière d’un client sur la base de son historique de paiement et de l’état de ses comptes), ainsi que des données extrapolées au travers de modèles prédictifs sophistiqués (par exemple, pour envisager quelle offre proposer à un client entreprise en fonction de son profil, de son secteur activité, de sa taille).
- S’associer à ceux avec qui l’action doit être engagée. Une fois qu’il a analysé l’exception et la manière de la résoudre, l’employé doit lancer l’action adéquate, ou à défaut, solliciter d’autres personnes pour résoudre l’exception. L’application doit alors intégrer une dimension collaborative.

Gérer les exceptions que la gestion des processus automatisés n’a pas permis de résoudre (source : Oracle)















