John Roberts, SugarCRM : « J'étais si fatigué du logiciel propriétaire » 

Le 27 octobre 2008 (09:28) - par Reynald Fléchaux

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Rubriques : GRC - Open source - Editeurs Tags : crm - salesforce - oracle - sugarcrm

"Une industrie grossièrement inefficace". C'est ainsi que John Roberts, le Pdg et co-fondateur de l'éditeur Open Source SugarCRM, voit le monde du logiciel propriétaire. Pour cet ancien d'Epiphany (éditeur de CRM aujourd'hui aux mains d'Infor), dans le logiciel libre, le marketing ne fausse pas le jeu : c'est le meilleur logiciel qui gagne. Idéaliste ?

Dans le CRM, existe aussi une alternative vue par beaucoup comme la solution low cost, à savoir SalesForce. Vous vous comparez souvent à cette société dans vos documents marketing. Pourquoi ?
J.R. : J'ai tendance à comparer SalesForce à AOL, le service qui a popularisé Internet. C'était un modèle propriétaire, fermé mais donnant un accès simple au Web. Mais, après quatre ou cinq, les gens ont voulu se libérer de ce carcan. SalesForce, c'est pareil mais dans le BtoB. Ils ont créé un environnement complètement fermé, qu'ils appellent multi-tenant (soit multi-locataires, avec une seule instance pour tous les utilisateurs, ndlr). Ils ont même inventé leur propre langage de programmation, Apex. Alors que les meilleurs langages de programmation, comme PHP (utilisé par SugarCRM, ndlr) ont été inventés par l'intelligence collective de gens qui se sont unis sur Internet. SalesForce se focalisent maintenant sur Force.com, une place de marché applicative. Mais c'est un projet ridicule ! Si vous avez une idée et que vous écrivez un logiciel, avez-vous plutôt intérêt à le rendre disponible de tous, partout dans le monde, ou juste sur les serveurs de SalesForce, dans un écosystème totalement contrôlé par cet éditeur ?

En termes d'architecture technique, en quoi l'offre hébergée de SugarCRM est-elle différente de SalesForce ?

J.R. : Là encore, les choix de SalesForce appartiennent au passé. Avoir ces grosses bases de données Oracle, cette architecture multi-tenant : plus personne ne fait cela aujourd'hui ! Maintenant, vous avez Linux, MySQL, les architectures en grid, de multiples bases de données. Avec l'architecture multi-tenant, les entreprises n'ont aucun contrôle, en dehors de celui que l'éditeur vous donne. Contrairement aux architectures de clusters MySQL sur lesquelles s'appuient Google, Yahoo ou SugarCRM. Dix ans ont passé pour les architectures à la demande. Et SalesForce n'a pas suivi le mouvement. Le cloud computing évolue, sort du modèle AOL. Avec des coûts plus bas et plus de liberté pour les utilisateurs.

Ecouter la suite des commentaires de John Roberts sur SalesForce et la compétition entre cet acteur et le duo Oracle-SAP (en anglais) :

Etes-vous la nouvelle solution low cost sur le marché ?

J.R. : La raison pour laquelle nous sommes meilleur marché ne réside pas dans notre volonté de l'être. Mais parce que nous ne gaspillons pas autant d'argent dans la vente et le marketing. Nous générons la demande en démontrant la valeur de nos produits.

Vous vendez à la fois votre solution en mode hébergé et sur site. Quelle proportion représente le mode Saas dans vos ventes ?

J.R. : 25 % de nos ventes. Ce qui prouve combien le discours de ces vendeurs de technologies qui vous expliquent que le monde va basculer totalement vers le mode hébergé est faux. Je ne crois pas que l'un va définitivement remplacer l'autre. Le mode installation sur site fait et fera encore sens au moins dans les dix ans qui viennent.

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Par Alain Risbourg
 Le 03/11/2008 à 01:45
Le seul moyen d'associer innovation et développement pérenne passe, sans doute, par le logiciel propriétaire, mais pas forcément au sens ou "ceux qui dominent la Silicon Valley" (sic.) le font...

Là où je rejoins John Roberts, c'est quand il dit que la plupart des éditeurs propriétaires cherchent à enfermer leurs clients pour les faire payer de façon régulière.
Pour ma part, il me semble normal et légitime de faire payer la Valeur que l'éditeur crée et apporte au marché; ce qui est plus facile à dire qu’à faire… il est, en effet, plus facile, pour faire de la croissance et créer de la valeur actionnariale, de rendre un client captif que d'innover en permanence ou de convaincre de nouveaux clients...

Ceci dit, aujourd'hui, ce qui finance le beau projet open source qu'est SugarCRM, c'est l'argent que lui ont apporté ses investisseurs financiers (47 M€ investis au total par les VCs dans SugarCRM). C'est facile, quand on est financé, d'être « fatigué du propriétaire »... ;-)

Alain Risbourg, cofondateur d'un éditeur de logiciels propriétaires (mais innovants)... qui s'est développé en autofinancement.
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