Tendance #4 : La BI en self service (le retour) : quand les métiers deviennent autonomes pour exploiter leur capital informationnel
L’enjeu : La chaine de distribution de l’information dans les entreprises repose aujourd’hui sur des intermédiaires qui définissent les structures de différents niveaux : magasins de données, requêtes et analyses, rapports et tableaux de bord… Pour tout un ensemble de raisons (simplicité d’utilisation des outils insuffisante, temps de mis en œuvre, réduction des effectifs visant à limiter le nombre d’intermédiaires et à les éloigner de l’utilisateur final, intensification des demandes des utilisateurs qui demandent plus d’autonomie…), cette chaine comporte de nombreuses inefficacités et de goulots d’étranglement qui limitent considérablement l’efficacité de la BI. Au final, les utilisateurs contournent les chemins d’accès « officiels » à l’information pour constituer par eux-mêmes leurs propres magasins de données avec des outils de productivité personnels comme Excel ou Access, avec les risques qui en découlent en termes de sécurité, de cohérence et de fraicheur de l’information…
La tendance est donc de limiter la dépendance à ces intermédiaires, ou encore de s’organiser en conséquence, en responsabilisant une population de personnes proches du terrain et des besoins de chaque métier pour démocratiser l’accès à l’information au sein de chaque département de l’entreprise.
Cette tendance donne notamment lieu à la constitution d’un nouveau type d’architecture, appelés magasins de données ad-hoc, constituée par une petite population d’utilisateurs « experts » sur la base d’une nouvelle génération d’outils, complémentaires plutôt que concurrents de la génération précédente, et basés sur des technologies innovantes telles que les bases de données en mémoire : Qliktech, avec Qlikview, et Tibco avec Spotfire, sont les porte-drapeaux les plus connus de cette nouvelle génération, mais il y en a d’autres et ils sont en passe d’être rejoints par les grands acteurs du marché qui n’ont pas su jusque là anticiper cette nouvelle tendance : Microsoft avec Gemini, SAP avec SAP BO Business Explorer, etc…
Les magasins de données ad-hoc ont tout d’abord été utilisés dans un contexte de la BI départementale, souvent hors du contrôle de l’informatique. Les DSI s’intéressent désormais de très près à ces architectures, car elle leur permet de donner plus d’autonomie aux utilisateurs tout en conservant le contrôle sur la qualité des données et la sécurité. Elles sont un moyen de lutter contre la multiplication des magasins de données « pirates » constitués partout dans l’entreprise au moyen de tableurs sur la base de collecte artisanale et peu contrôlable d’information de toutes sortes.
Un exemple concret de mise en application de cette tendance : Pour cette entreprise de l’industrie pharmaceutique, le système décisionnel d’entreprise est devenu un pilier du système d’information. Nul ne conteste la valeur ajoutée des magasins de données stratégiques constitués par exemple pour l’analyse de l’efficacité des actions de prospection commerciale, la gestion des portefeuilles de produits de R&D, ou l’analyse des coûts de production et de logistique. A côté de ces grands projets, d’autres métiers, par exemple la RH, les essais cliniques ou les achats, s’estiment moins bien servis, leurs demandes étant considérées moins stratégiques et donc non prioritaires. Le fait que les magasins de données ad-hoc soient un nouveau type de structures reconnues par la DSI permet à cette entreprise de gérer ce type de demande, dans des cycles de projets plus court et moins coûteux.















