Partie 1 : la consolidation vue du côté des utilisateurs
La Business Intelligence arrive à maturité, à tel point qu’elle représente désormais plus de 10 % des investissements informatiques des entreprises. Mais, contrairement aux phénomènes constatés pour d’autres marchés comme l’ERP ou le CRM, où des pans entiers du système d’information ont été construits ou reconstruits en mode "big bang", les investissements en Business Intelligence ont été réalisés de façon progressive, souvent de manière éparpillée. En dépit de concepts fédérateurs comme le datawarehouse, chaque projet décisionnel a souvent généré ses choix d’outils et de prestataires, ses architectures, ses modèles de données, ses normes et standards, etc.
La situation change aujourd’hui pour plusieurs raisons. Tout d’abord, parce que le reporting ne sert plus seulement à rendre compte, mais aussi à rendre des comptes, en interne, à son management, mais aussi à ses clients ou aux autorités de régulation, etc. C’est ainsi que le système décisionnel est un pilier pour le respect de réglementations comme Bâle 2 ou Solvency 2, et qu’il tend à devenir le juge de paix pour la définition des rémunérations variables ou la détermination des prix de vente d’un produit.
Le système décisionnel devient ainsi "mission critical", un pilier du système d’information plutôt qu’un système à la marge. Les usages évoluent eux aussi et visent l’analyse de la performance de processus plutôt que d’activités isolées, justifiant dès lors plus de transversalité et par voie de conséquence un système d’information décisionnel consolidé pour l’entreprise. Enfin, dans le décisionnel comme ailleurs, le poids de l’existant commence à peser : consolider les systèmes en place devient une option possible pour les DSI dans leurs plans de réduction de coûts.
La consolidation par les plates-formes
La première consolidation à prendre en compte se situe au niveau technologique, et c’est celle-ci qui intéresse en premier les grands éditeurs de logiciels. La Business Intelligence a longtemps été un marché d’outils : les entreprises choisissaient un à un leurs bases de données multidimensionnelles, outils d’analyse ad-hoc, éditeurs d’états, outils d’intégration de données, progiciels pour la planification et l’élaboration budgétaire, etc.
Désormais, les entreprises s’orientent vers des plates-formes pour couvrir sinon la totalité, du moins 80% de leurs besoins décisionnels. Tous les éditeurs avaient tenu compte de cette tendance et ont lancé sur le marché ces plates-formes il y a deux ou trois ans. Mais, pour leur base installée, adopter ces plates-formes représente un projet de migration dont le coût est loin d’être négligeable et qu’ils sont loin d’avoir tous entamé. Par ailleurs, se pose pour les entreprises la question de quelle plateforme choisir, sachant que, le plus souvent, leur existant décisionnel est constitué d’outils issus de plusieurs fournisseurs dont le temps, les évolutions technologiques et les opérations de consolidation ont sérieusement remis en cause la cohérence.
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