Tendance #14 : La BI départementale (le retour) : l’entrepôt de données d’entreprise est-il un point de passage obligé
L’enjeu : D’une certaine manière, cette tendance est un paradoxe, car elle est à l’exact opposé des tendances 2 (consolidation des plates formes) et 3 (les services partagés pour donner une dimension « entreprise » aux projets décisionnels). Elle illustre par contre le grand écart qu’il est nécessaire de faire pour réussir un projet décisionnel. Il doit en effet être au plus près du besoin métier de chacun et, en même temps, être fédérateur, avoir un rôle de tour de contrôle pour analyser les usages qui sont fait de l’information et aussi permettre de créer les synergies pour que diverses organisations avancent ensemble dans une même direction. Combiner les deux objectifs n’est pas chose facile, de même que de nombreux usages du décisionnel n’ont pas vocation à permettre une amélioration à l’échelle d’une entreprise, mais plutôt à améliorer telle ou telle activité.
A côté des grands projets décisionnels d’entreprise, on voit donc se développer, pour le meilleur ou pour le pire, une autre Business Intelligence, sous la responsabilité d’une population d’analystes métier au fait des techniques d’analyse de données. Car les technologies ont progressé et permettent désormais de la faire : dans la version 2010 d’Excel, par exemple, PowerPivot permet de croiser tout un ensemble de données hétérogènes, y compris en brassant de très gros volumes de données, puis éventuellement de les partager auprès d’un groupe d’utilisateurs via le portail Sharepoint. PowerPivot ne fait du reste finalement que reprendre des idées que d’autres comme Qliktech ou Tibco/spotfire ont commencé à populariser.
Est-ce un progrès ou le début du chaos ? C’est finalement à l’entreprise d’en décider. L’avènement du web 2.0 donne une autonomie considérable aux utilisateurs et la direction informatique est de moins en moins en mesure d’imposer ses propres règles. On le voit par exemple avec l’utilisation de site d’échange de fichiers comme yousendit, que beaucoup d’utilisateurs en entreprise utilisent pour contourner les limitations que leur informatique interne leur impose, outrepassant alors les principes les plus basiques en termes de sécurité. Dans la BI, beaucoup d’utilisateurs ont d’ailleurs pris l’habitude d’assembler sous Excel des sources de données obtenues par des moyens divers puis de les diffuser sans considérer les impacts de confidentialité ou de réglementation de protection des données.
Une nouvelle gouvernance doit donc être mise en place, afin de sensibiliser les utilisateurs sur les avantages, inconvénients et risques de chaque pratique, de contrôler les usages qui sont fait de l’informatique décisionnelle, mais aussi de leur donner des solutions qui leur procurent plus d’autonomie tout en les découragent d’e outrepasser tous les contrôles en question. Sur ce dernier point, la solution passe sans doute par l’intégration des solutions départementales citées précédemment à un cadre d’entreprise permettant de gérer la sécurité, la qualité et l’unicité des données, etc. C’était l’objet de la tendance 4, évoquée précédemment. Elle constitue sans doute le meilleur chemin pour pérenniser l’utilisation de la BI départementale. Pour le reste, elle continuera à se développer pour des applications tactiques, « jetables » qui n’ont pas besoin du support de l’informatique d’entreprise pour se mettre en place puis disparaitre.







Par www.osbi.fr







