“Les programmes et les automates deviennent aujourd’hui de plus en plus complexes. En découle alors un déport de la criticité vers le logiciel alors qu’auparavant nombre de fonctions étaient davantage liées au hardware”. Face à ce constat indéniable réalisé par Eric Pierrel, directeur marketing du groupe , la société grenobloise Itris Automation Square a décidé de prendre à bras le corps le problème de l’automatisation des tests des lignes de code qui alimentent le logiciel d’un automate. La société a doté sa gamme de produits de PLC Checker, une application qui permet de vérifier les règles de codage d’un programme d’automate. Une de ses particularités : être le premier sur ce segment à mettre en oeuvre un modèle économique reposant sur le Saas (Software-as-a-service).
Il faut dire que le monde de l’automatisme et de l’informatique ont une différence notable. Chez les automaticiens, un programme est non seulement écrit pour un type de hardware particulier (généralement Siemens, Rockwell ou Schneider), mais surtout il doit répondre à une durée de vie bien plus longue qu’un logiciel traditionnel. La qualité du code est donc un composant indissociable de la chaîne de production.
Automatisme = robustesse et lisibilité du code
Eric Pierrel, directeur marketing de Itris Automation, explique que face à cette longévité du programme, “la maintenance du code n’est pas assurée par les mêmes développeurs durant l'ensemble du cycle de vie du programme”. D’où l’importante de la lisibilité du programme. Un autre gain, avec l’accroissement de la qualité, mis en avant par Itris Automation Square.
Techniquement, PLC-Checker s’appuie sur un langage pivot de haut niveau (GLIPS), qui crée une couche d’abstraction entre programme et hardware. En automatisme, rappelons-le, un programme est écrit pour un type de matériel spécifique. PLC-Checker permet ainsi d’isoler les spécifications du code automate et de passer au crible les lignes de code afin d’en valider la conformité avec les règles de programmation précédemment définies par le client. Itris fournit toutefois un certain nombre de règles de base par défaut.
PSA utilise PLC Checker pour responsabiliser ses fournisseurs
Laurent Mauguy, responsable Activités transversales en automatisme chez PSA Peugeot Citroën, premier grand compte à avoir adopté la solution d’Itris, justifie ainsi le recours à PLC Checker : " Nous avons constaté au fil des années une dégradation de la qualité du code chez les intégrateurs, doublée généralement d’un gros turn-over chez les développeurs". Pour PSA, dont la chaîne de fabrication parvient à sortir une voiture par minute, pas question qu’une erreur d’automate vienne enrayer la production. Si en effet, les tests et les règles de programmation existent bien en interne, le groupe opère une vérification manuelle du code réalisé par ses fournisseurs. Résultat : "un taux élevé d’erreurs subsiste", souligne Laurent Mauguy, tout en insistant sur la durée interminable des opérations.
Autre point intéressant chez PSA, PLC Checker, en tant qu’outil de génération de rapport de test devient un moyen pour formaliser les relations entre fournisseurs et clients. Un composant inhérent dans les développements chez le constructeur automobile qui a mis en place un vaste programme de normalisation baptisé ACTIF. Au total, 7 référentiels pour standardiser le fonctionnement de bout en bout des automates, installés sur les chaînes de montages. Parmi ces référentiels, on retrouve les règles de programmation que PSA généralise désormais aux automates neufs (entre 100 et 150 par an) depuis 2009. Ce sont ces règles de programmation qui, une fois intégrées à PLC Checker, constituent les canons en matière de règles de développement sur lesquels doivent s’appuyer les fournisseurs du groupe. Surtout, cette démarche est imposée contractuellement. En gros, déclare Laurent Mauguy, cela permet non seulement d’anticiper la détection d’anomalies depuis les phases de développement chez le fournisseur. Mais cela répond également à un besoin d’engager un peu plus la responsabilité de ces mêmes fournisseurs dans le livrable final. "Le groupe était également sujet à de nombreux litiges avec ses fournisseurs au niveau de la qualité du code", confirme-t-il. "Le rapport Itris n’a certes pas de valeur juridique mais à le mérite d’engager un plus fortement la responsabilité de l’intégrateur".
L’intégrateur achète ainsi PLC Checker à Itris - outre la configuration des règles, la société grenobloise facture à l’acte - et doit passer son code dans la moulinette en ligne (PLC Checker prend aujourd’hui en compte 70 régles sur les 160 de PSA) afin de générer un rapport d’erreurs et des anomalies en se basant sur les règles de programmation standard du groupe. Ces rapports sont ensuite transmis au pilote automatisme PSA qui valide le résultat final, conclut Laurent Mauguy. "On n’installe pas si on a pas le rapport PLC Checker".
Itris Automation Square automatise les tests des programmes automates de PSA
Le 30 mars 2010 (14:19) - par Cyrille Chausson
Rubriques : Optimisation des coûts - Editeurs - Outils de développement - Applications métiers Tags : developpement - developpeurs - tests - automatisation - automobile
Afin de détecter en amont les anomalies dans le code des automates qui orchestrent les chaînes de fabrication d’automobiles, PSA Peugeot Citroën demande à ses prestataires de vérifier leur programme avec PLC Checker, outil de test de code automate en mode Saas. Un passage obligé dans le processus de conception qui se transforme en véritable garantie fonctionnelle auprès du constructeur.
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