Plus rarement ces mouvements de retour en interne sont la conséquence de contrats qui ne donnent pas satisfaction (voir encadré). Un besoin impérieux qui n'attend alors pas forcément la fin de contrat. "Le facteur prix est aussi décisif, ajoute Lionel Saler. Souvent les entreprises pensaient faire des économies avec l'infogérance, puis s'aperçoivent qu'elles ne sont pas au rendez-vous. Parfois tout simplement parce que les coûts internes ont été mal évalués : le prestataire ne monte pas assez haut dans la couche métier et l'entreprise se voit contrainte de garder des experts métier, des architectes pour faire fonctionner le contrat. Et quand on fait ses comptes, on s'aperçoit que cette solution coûte plus cher qu'une réinternalisation".
Attention au piège de l'outillage
Le retour en interne constitue évidemment, comme dans le cas d'un transfert entre prestataires, une période critique. "Il faut anticiper cette période d'instabilité, en préparant le transfert de compétences, la documentation et en mettant les inventaires à jour", conseille Lionel Saler. Identifier les ressources clefs chez le prestataire s'avère également essentiel pour passer ce cap. "Et il ne faut pas négliger le rôle de l'outillage. Si le prestataire emploie des solutions du commerce en matière de supervision ou de pilotage, les reprendre en interne aura un coût. Si on a affaire à un gros progiciel ou à un développement spécifique de la SSII, c'est un point difficile. Normalement, ce sujet doit être traité contractuellement. Mais c'est loin d'être toujours le cas." Pas toujours facile de gommer certains excès du passé.
((Lire nos articles sur le référentiel eSCM, sur son utilisation au sein de la DSI Courrier de La Poste))
| Témoignage : "l'externalisation nous coûtait trop cher" Notre interlocuteur est le directeur des infrastructures d'une société internationale de restauration. En 2002, son entreprise choisit de confier le coeur de son système d'information (notamment son PGI Oracle) à un gros infogéreur. Un contrat arrêté à la rentrée 2007. "Nous ne sommes pas allés au terme du contrat, explique notre interlocuteur qui préfère garder l'anonymat. La prestation nous coûtait trop cher." Pour le fonctionnement de l'infrastructure en place, la société déboursait 800 000 euros par an. "Et pour chaque changement, il nous fallait payer en plus", raconte-t-il. Or, la direction générale voulait réduire cette enveloppe de moitié, autrement dit rentrer dans un budget de 400 000 euros annuels. Conseillé par les consultants de Nexsys, la DSI explore donc différentes hypothèses. "Mais seule la réinternalisation nous permettait de diviser le budget par deux", explique le responsable. La société décide donc de recréer une équipe pour gérer ses plates-formes AIX et AS/400. "Nous avions conservé certaines compétences en interne, qui avaient basculé vers d'autres postes pendant la durée de l'infogérance". Secondés par des régies et un technicien qui était en formation, ces personnes clés recréent l'ossature qui permet, en octobre 2007, de reprendre en interne les services concernés. "In fine, nous avons gagné notre pari budgétaire et amélioré la qualité de service", explique le directeur des infrastructures, qui avoue ne pas avoir été très satisfait du service fourni par son infogéreur. Il parle "d'une armée mexicaine difficile à faire bouger et de gros ratés techniques". Malgré ce contexte, la transition entre l'infogéreur et les équipes internes s'est déroulé en douceur. Sans activer la clause de sortie. Tout simplement parce que la société disposait d'autres contrats avec la SSII concernée. "Notre ingénieur d'affaires chez ce prestataire a donc organisé les choses pour que la transition se passe en bonne intelligence. La SSII a même nommé un responsable de la transition." |
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Par Gourmet







