Dossier : l'Etat s'attaque de front à la mutualisation de ses infrastructures IT
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Sur ce terrain, le Budget envisage la création d'outils de profilage des fraudeurs et de cotation des risques, "de manière à mieux cibler les contrôles". Et de citer en exemple le Royaume-Uni, qui utilise un outil d’évaluation de la gravité des fraudes potentielles dans le domaine social (FRISC). "Le recours à ce type d’outil devra être expertisé courant 2010", précise le document du Budget. L'administration accentuera également le croisement de fichiers pour repérer les fraudeurs (sept opérations de ce type ont été menées en 2009, dix autres sont prévues pour 2010).
| Des budgets stables en 2009 |
| Selon le cabinet Markess International, qui a sorti en début d'année une étude sur les dépenses informatiques des administrations (centrale et territoriale), 2009 a été marqué par une stabilisation des budgets IT. Une tendance qui devait se poursuivre pour le première semestre 2010, selon Aurélie Courtaudon, chargée d'études au sein du cabinet. En moyenne, selon Markess, les administrations centrales (y compris les organismes sous tutelle), consacrent 4 % de leur budget global à l'informatique. "On observe une très légère contraction entre 2008 et 2009", note l'analyste. La part des dépenses IT dans le budget des collectivités est en revanche stable, autour de 2 %. Ce contexte de stabilisation n'empêche toutefois pas la hausse des dépenses en logiciels et services, estimée par Markess à 6,64 milliards d'euros (+ 1,5 %). "Les grands projets de l'Etat vont de pair avec des prestations massives en amont ou lors de la conduite du changement", note Aurélie Courtaudon. Ce ne sont pas les nombreuses SSII mobilisées sur le projet Chorus qui diront le contraire. |
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Autre domaine où l'Etat entend poursuivre sur la voie tracée depuis quelques années : la simplification des démarches administratives. Un chantier, piloté par le ministère du Budget et de la Réforme de l'Etat, qui touchera tant les entreprises que les particuliers. Pour les premières, la RGPP II prévoit de mettre en place "un compte en ligne personnalisé fédérant les informations et permettant d’effectuer l’ensemble des démarches administratives". Tout un programme de rapprochement de multiples silos d'information qui s'annonce. Pour les seconds, il s'agit avant tout de poursuivre les efforts entamés autour du site mon.service-public.fr et de la plate-forme téléphonique 39-39. Ainsi, cette dernière sera interconnectée d’ici à fin 2011 "à l’ensemble des centres d’appel spécialisés (CAF…), évitant aux usagers de téléphoner à plusieurs numéros différents pour obtenir un renseignement", promet le document du Budget. De son côté, mon.service-public.fr est appelé à s'étendre pour devenir "le guichet unique des démarches administratives en ligne" - déclaration de revenus y compris -, que la RGPP II entend par ailleurs généraliser. Là aussi, le Budget entend insister sur un vecteur d'économies identifié depuis déjà longtemps : la dématérialisation des procédures.
Quel rattachement pour le super-DSI de l'Etat ?
Si les intentions sont là, reste à les mettre en œuvre, ce qui est largement plus ardu de que compiler des mesures sur un document d'orientation comme le montre - presque chaque semaine - le projet Chorus. Traditionnellement, les chantiers interministériels restant - comme les projets transverses dans une entreprise - les plus difficiles à mener. Une bonne part de la réponse à ce risque majeur réside dans la position et l'autorité dont disposera le futur DSI de l'Etat. Un point sur lequel l'Etat cherche encore la solution. Il faut dire que les précédentes initiatives d'agence de coordination informatique interministérielle - l'Adaé et dernièrement l'AIFE - ont montré leurs limites. Le rattachement de l'AIFE au Budget ayant entraîné la réticence de quelques grands ministères régaliens - Défense et Education Nationale - au projet Chorus. L'Etat semble donc chercher la bonne formule. Comme en témoigne la mission de préfiguration de cette fonction de DSI interministériel, lancée cet été. Un galop d'essai que le Budget a obtenu de garder sous sa coupe, le ministère étant désigné comme l'organisation pilote pour la mise en place de cette fonction. Mais la RGPP II précise aussi, à propos de ce super-DSI : "son rattachement fonctionnel sera défini ultérieurement".
Si l'Etat se retrouve de nouveau confronté à un vieux débat - avec cette fois un degré d'urgence supérieur en raison de l'importance des déficits -, Guy Mamou-Mani se montre optimiste : "une maturité sur ces sujets s'est installée dans les administrations. Je ne vois pas ce qui empêcherait, dans les services publics, de mener à bien les chantiers de rationalisation de la dépense informatique qui ont déjà été menés dans les grands comptes du secteur privé, comme les banques". Pierre Chiarelli de GFI est plus dubitatif : "Les précédentes tentatives ont volé en éclat. Fédérer tout le monde sous une seule structure, je n'y crois pas".
D'autant qu'il faudra compter avec les spécificités du secteur public, notamment celles liées aux statuts des fonctionnaires. "Pour mettre en place ces chantiers, l'Etat va se heurter aux limites touchant à la mobilité des personnels entre administrations. Ce point va devenir encore plus critique", analyse David Gelrubin. Et toute réforme en la matière risque de créer bien plus de remous que la simple publication d'un document technique listant une série de mesures.
En complément :
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Par pepito




