Dossier : l'Etat s'attaque de front à la mutualisation de ses infrastructures IT 

Le 16 juillet 2010 (17:23) - par Reynald Fléchaux , Cyrille Chausson , Valery Marchive

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Rubriques : Green Datacenters - Offshore - Gouvernance et qualité (Itil) - Relation fournisseurs et SSII - Secteur public - Optimisation des coûts - SSII - Cloud et Grid Computing Tags : dsi - ssii - france - couts - offshore - syntec - cloud-computing - gfi - chorus - etat - infrastructures - m2m - cloud - onp - RoI - ministeres - mamou-mani

La seconde étape de la Réforme générale des politiques publiques (RGPP II) présentée fin juin fait la part belle à l'informatique. Tant comme une fonction support qu'il faut rationaliser via des mutualisations que comme un outil permettant de rendre l'administration plus productive. Ouf de soulagement pour Syntec Informatique qui redoutait un brutal exercice de "cost-cutting".

Dossier : l'Etat s'attaque de front à la mutualisation de ses infrastructures IT

Sur ce terrain, le Budget envisage la création d'outils de profilage des fraudeurs et de cotation des risques, "de manière à mieux cibler les contrôles". Et de citer en exemple le Royaume-Uni, qui utilise un outil d’évaluation de la gravité des fraudes potentielles dans le domaine social (FRISC). "Le recours à ce type d’outil devra être expertisé courant 2010", précise le document du Budget. L'administration accentuera également le croisement de fichiers pour repérer les fraudeurs (sept opérations de ce type ont été menées en 2009, dix autres sont prévues pour 2010).

Des budgets stables en 2009
Selon le cabinet Markess International, qui a sorti en début d'année une étude sur les dépenses informatiques des administrations (centrale et territoriale), 2009 a été marqué par une stabilisation des budgets IT. Une tendance qui devait se poursuivre pour le première semestre 2010, selon Aurélie Courtaudon, chargée d'études au sein du cabinet. En moyenne, selon Markess, les administrations centrales (y compris les organismes sous tutelle), consacrent 4 % de leur budget global à l'informatique. "On observe une très légère contraction entre 2008 et 2009", note l'analyste. La part des dépenses IT dans le budget des collectivités est en revanche stable, autour de 2 %. Ce contexte de stabilisation n'empêche toutefois pas la hausse des dépenses en logiciels et services, estimée par Markess à 6,64 milliards d'euros (+ 1,5 %). "Les grands projets de l'Etat vont de pair avec des prestations massives en amont ou lors de la conduite du changement", note Aurélie Courtaudon. Ce ne sont pas les nombreuses SSII mobilisées sur le projet Chorus qui diront le contraire.
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Autre domaine où l'Etat entend poursuivre sur la voie tracée depuis quelques années : la simplification des démarches administratives. Un chantier, piloté par le ministère du Budget et de la Réforme de l'Etat, qui touchera tant les entreprises que les particuliers. Pour les premières, la RGPP II prévoit de mettre en place "un compte en ligne personnalisé fédérant les informations et permettant d’effectuer l’ensemble des démarches administratives". Tout un programme de rapprochement de multiples silos d'information qui s'annonce. Pour les seconds, il s'agit avant tout de poursuivre les efforts entamés autour du site mon.service-public.fr et de la plate-forme téléphonique 39-39. Ainsi, cette dernière sera interconnectée d’ici à fin 2011 "à l’ensemble des centres d’appel spécialisés (CAF…), évitant aux usagers de téléphoner à plusieurs numéros différents pour obtenir un renseignement", promet le document du Budget. De son côté, mon.service-public.fr est appelé à s'étendre pour devenir "le guichet unique des démarches administratives en ligne" - déclaration de revenus y compris -, que la RGPP II entend par ailleurs généraliser. Là aussi, le Budget entend insister sur un vecteur d'économies identifié depuis déjà longtemps : la dématérialisation des procédures.

Quel rattachement pour le super-DSI de l'Etat ?

Si les intentions sont là, reste à les mettre en œuvre, ce qui est largement plus ardu de que compiler des mesures sur un document d'orientation comme le montre - presque chaque semaine - le projet Chorus. Traditionnellement, les chantiers interministériels restant - comme les projets transverses dans une entreprise - les plus difficiles à mener. Une bonne part de la réponse à ce risque majeur réside dans la position et l'autorité dont disposera le futur DSI de l'Etat. Un point sur lequel l'Etat cherche encore la solution. Il faut dire que les précédentes initiatives d'agence de coordination informatique interministérielle - l'Adaé et dernièrement l'AIFE - ont montré leurs limites. Le rattachement de l'AIFE au Budget ayant entraîné la réticence de quelques grands ministères régaliens - Défense et Education Nationale - au projet Chorus. L'Etat semble donc chercher la bonne formule. Comme en témoigne la mission de préfiguration de cette fonction de DSI interministériel, lancée cet été. Un galop d'essai que le Budget a obtenu de garder sous sa coupe, le ministère étant désigné comme l'organisation pilote pour la mise en place de cette fonction. Mais la RGPP II précise aussi, à propos de ce super-DSI : "son rattachement fonctionnel sera défini ultérieurement".

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Les processus dynamiques appliqués aux instances gouvernementales : vers une collaboration permanente
En 2008, une étude IBM IBV (Institute for Business Value) a permis de mettre en évidence six caractéristiques partagées par toutes les instances gouvernementales du monde, et induisant un objectif de collaboration permanente (création d’organisations virtuelles permettant aux équipes de mieux travailler ensemble et d’être interconnectées). Le présent livre blanc indique de quelle façon les instances gouvernementales peuvent mettre en place une collaboration permanente rentable : par l’implémentation de processus dynamiques, via l’utilisation de solutions de gestion de processus (BPM) IBM.

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Si l'Etat se retrouve de nouveau confronté à un vieux débat - avec cette fois un degré d'urgence supérieur en raison de l'importance des déficits -, Guy Mamou-Mani se montre optimiste : "une maturité sur ces sujets s'est installée dans les administrations. Je ne vois pas ce qui empêcherait, dans les services publics, de mener à bien les chantiers de rationalisation de la dépense informatique qui ont déjà été menés dans les grands comptes du secteur privé, comme les banques". Pierre Chiarelli de GFI est plus dubitatif : "Les précédentes tentatives ont volé en éclat. Fédérer tout le monde sous une seule structure, je n'y crois pas".

D'autant qu'il faudra compter avec les spécificités du secteur public, notamment celles liées aux statuts des fonctionnaires. "Pour mettre en place ces chantiers, l'Etat va se heurter aux limites touchant à la mobilité des personnels entre administrations. Ce point va devenir encore plus critique", analyse David Gelrubin. Et toute réforme en la matière risque de créer bien plus de remous que la simple publication d'un document technique listant une série de mesures.

En complément :

- RGPP II : François Baroin propose un DSI pour l’Etat et des services publics en ligne renforcés

- Dégraisser le mammouth informatique de l’Etat : vers une solution à l’anglo-saxonne

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Par pepito
 Le 19/07/2010 à 13:21
Je m'étonne du peu de cas que fait cet article de l'open Source comme voie pour réduire les dépenses IT ! Dans ces 3 Md d'Euro, une grande partie est consacrée à l'achat de licences ! Rien qu'en Licence Office et Windows , 5 Millions de Fonctionnaire à 100 € le poste tout les 3 ans , ça fait 500 Millions d'Euros . Pourquoi l'expérimentation de la Gendarmerie avec OpenOffice et Linux ne fait l'Objet d'aucun audit alors qu'il y a des centaines d'audits sur le S.I. de l'état sont réalisés chaques années ...(Une part non négligeable du Budget IT part dans des audits informatiques (à chaque arrivée d'un nouveau DSI !) sont les conclusions sont rarement publiées et jamais mises en oeuvre).

Oui, on cite l'Adullact pour les collectivités territoriales mais comme si le Logiciel Libre ne correspondait pas aux besoins des Ministères.


Pour parler de Chorus, comment est- il possible de mettre en place une application aussi chère sans avoir étudier l'EDI et les factures dématérialisées : Des dizaines de milliers d'agents qui ressaisissent les factures papier des fournisseurs ! Après , on s'étonne du retard que prend le processus ...
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Par jack
 Le 21/07/2010 à 12:04
Prodigieuse langue de bois !... On va investir dans la réduction des coûts...
Faire des économies tout en ouvrant de nouveau chantiers, car la commande publique alimente le marché ! Voilà bien le paradoxe, il faut donner à bouffer aux copains ! Voilà sans doute pourquoi on ne parle que d'externalisation, de mutualisation et plus du tout d'open source ni de ressources internes, celles ci étant "dégraissables" tandis que le privé est "engraissable"...
A la différence de l'entreprise la gestion de l'état n'est pas à envisager du point de vue du manager mais de celui du citoyen... L'état ne produit pas il administre. Mutualiser cela veut dire à terme interconnecter tous les ministères pour créer un SI unique, géré en partie par le privé, avec une priorité à la réduction des coûts, un système bureaucratique et omnipotent, avec ses failles, ses profiteurs, ses petits chefs, sans réel contrôle démocratique ni souci du citoyen. Celui ci devenant l'objet d'un processus de gestion optimisé, non plus administré comme un utilisateur mais "traité" comme une marchandise ou un formulaire.
Ce que cache ce raisonnement de gestionnaire étroit outre une minimisation du rôle de l'état, un abandon de ses objectifs premiers, c'est une dérive bureaucratique dangereuse. Si on recherche un système rationnel et rentable il faut bien reconnaître que la dictature est beaucoup plus rationnelle et rentable que la démocratie... Faut il donc pour des raisons économiques faire le lit d'une dictature en créant une organisation et un contexte propice au totalitarisme ?
Si la question est "la bourse ou la vie ?" n'est il pas préférable de laisser sa bourse ?... Seulement voilà ceux qui tiennent la bourse ne sont pas ceux qui laissent leur vie, c'est aussi ça un gestionnaire.
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Par jack
 Le 21/07/2010 à 12:29
Dossier sponsorisé par IBM : tu m'étonnes !
L'état finance le cloud privé pour en être le premier client. Il verse un loyer qui permet de rembourser le prêt avec bénéfices (sinon quel intérêt !) au bout de quelques années le prêt est remboursé l'état (nous) continue à payer...
Vous feriez ça vous ? Et IBM c'est français ça ?
"Non mais il y à des intermédiaires..."
"Ah bon alors ça va !"
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Par La rédaction
 Le 25/07/2010 à 14:16
Le dossier est effectivement "sponsorisé par IBM". Cela ne veut pas dire que Big Blue a eu un quelconque droit de regard sur sa rédaction. Pour être clair : la rédaction du MagIT écrit des articles et des dossiers que ses lecteurs peuvent consulter gratuitement. Pour vivre de son travail, la dite rédaction recourt donc à la publicité. L'une de nos offres commerciales permet à un annonceur unique d'acheter l'intégralité de l'espace publicitaire sur un dossier. Il peut alors placer un encart dans le texte avec une liste de livres blancs et être assuré que seules ses publicités seront affichées sur les pages de ce dossier.

On dit alors que le dossier est "sponsorisé" par cet annonceur. La phrase est peut-être maladroite mais elle a le mérite de traduire une réalité. En l'occurrence, celle qui fait que c'est l'argent investi en publicité par cet annonceur qui nous permet de proposer le dit dossier gratuitement à nos lecteurs.

Pour être encore plus clair, l'équipe du MagIT n'assure pas la commercialisation de ses articles. Cette mission est confiée à notre régie publicitaire, CanalTech, ainsi qu'à notre partenaire américain TechTarget. En aucun cas, les journalistes du MagIT ne démarchent des annonceurs. Ce n'est pas leur métier, ce serait déontologiquement inacceptable et la porte ouverte à toutes les dérives.

Il est de notre intérêt à tous, lecteurs, journalistes et annonceurs que l'éditorial du MagIT et le commercial soit des activités séparées. Et nous vous assurons qu'elles le sont et le resteront.
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Par jack
 Le 08/09/2010 à 15:49
Oups j'avais pas vu ça !
Te fâche pas monsieur "la rédaction" c'est pas toi que je met en cause ! bien sûr qu'il faut vivre, c'est aussi parce que mon employeur me paie que je peux écrire des commentaires aussi gratuits que malveillants.
N'empêche : M'sieur IBM lui, il sait bien pourquoi il à mis des sous la dedans... J'espère que c'était très cher ! Allez sans rancune et bon courage pour la suite.
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