Dossier : l'Etat s'attaque de front à la mutualisation de ses infrastructures IT 

Le 16 juillet 2010 (17:23) - par Reynald Fléchaux , Cyrille Chausson , Valery Marchive

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Rubriques : Green Datacenters - Offshore - Gouvernance et qualité (Itil) - Relation fournisseurs et SSII - Secteur public - Optimisation des coûts - SSII - Cloud et Grid Computing Tags : dsi - ssii - france - couts - offshore - syntec - cloud-computing - gfi - chorus - etat - infrastructures - m2m - cloud - onp - RoI - ministeres - mamou-mani

La seconde étape de la Réforme générale des politiques publiques (RGPP II) présentée fin juin fait la part belle à l'informatique. Tant comme une fonction support qu'il faut rationaliser via des mutualisations que comme un outil permettant de rendre l'administration plus productive. Ouf de soulagement pour Syntec Informatique qui redoutait un brutal exercice de "cost-cutting".

Chorus et ONP : la mutualisation par l'applicatif peine à prouver sa pertinence

Ce n'est pas la première fois que l'Etat tente de réduire ses dépenses IT via des opérations de mutualisation. Mais plutôt que de s'attaquer aux infrastructures - priorité souvent retenue par les grands comptes du secteur privé -, les précédentes décisions du gouvernement français avaient ciblé l'applicatif. Avec deux projets phares : Chorus bien sûr - pour le volet comptable - et l'ONP (Opérateur national de paye) - pour la paie des fonctionnaires. Tous deux reposent sur la même mécanique : une harmonisation et une rationalisation des processus pour faire diminuer les dépenses de personnels sur ces deux métiers de l'administration.

Ainsi, en dehors de toutes les critiques qui l'accablent ces dernières semaines (retards de paiement, problèmes dans la reprise de données, interrogations sur les interfaces avec les applications ministérielles, assauts répétés de la Cour des comptes), rappelons que le retour sur investissement du colossal projet Chorus (un investissement de près de 690 M€ sur la période 2006-2012) repose entièrement sur la réduction des effectifs comptables. Dans son scénario le plus optimiste, l'Inspection générale des Finances estimait en 2006 que Chorus permettrait d'éliminer 8 000 emplois environ. Sans cette optimisation des back office comptables, même en remplaçant les 80 applications ministérielles prévues, l'Etat laissera sur la table 400 millions d'euros de plus qu'actuellement en 10 ans.

logo ibm
Les processus dynamiques appliqués aux instances gouvernementales : vers une collaboration permanente
En 2008, une étude IBM IBV (Institute for Business Value) a permis de mettre en évidence six caractéristiques partagées par toutes les instances gouvernementales du monde, et induisant un objectif de collaboration permanente (création d’organisations virtuelles permettant aux équipes de mieux travailler ensemble et d’être interconnectées). Le présent livre blanc indique de quelle façon les instances gouvernementales peuvent mettre en place une collaboration permanente rentable : par l’implémentation de processus dynamiques, via l’utilisation de solutions de gestion de processus (BPM) IBM.

telecharger bleu

 

Chorus : le scénario optimiste s'éloigne

Comme l'a montré la récente audition de Philippe Parini, directeur général des finances publiques (le patron de la DGFiP chargée de produire les comptes de l'Etat que certifie la Cour des comptes) et Jacques Marzin, le directeur de l'Agence pour l'informatique financière de l'Etat (AIFE, qui pilote le chantier Chorus au quotidien) par la Commission des Finances de l'Assemblée Nationale, ce scénario optimiste paraît aujourd'hui plus que fragile, compte tenu des difficultés vécues sur le terrain. Lors de la même audition, Christian Babusiaux, président de la première chambre de la Cour des comptes, relevait ainsi, parmi les insuffisances majeures de Chorus, que la remise à plat des processus comptables n'a pas été menée à son terme et que les agents n'ont pas été suffisamment formés à l'outil, entraînant des dysfonctionnements partout où Chorus est mis en oeuvre (la v5 vient d'être déployée au début juillet). Des constats qui ne plaident pas en faveur de la réalisation des scénarios les plus optimistes de l'Inspection des finances, les seuls aboutissant à un retour sur investissement (courbes verte et jaune du graphique ci-dessous).

roichorus

D'ailleurs, dans le document détaillant la RGPP II, dévoilé fin juin, le ministère du Budget est désigné comme l'administration pilote pour le déploiement de services facturiers, visant à regrouper la gestion de la dépense. Hors, la mise en place de ces organisations partagées dans toute l'administration d'Etat était la condition sine qua non pour atteindre le scénario le plus favorable (la courbe verte donc). Vu l'état d'avancement sur ce sujet, nul doute que Chorus restera pendant encore quelques années un investissement non rentable pour l'Etat. Sans oublier les surcoûts que devraient générer, selon la Cour des comptes, les désordres actuels.

Pour la Cour des comptes, Chorus va entraîner des surcoûts

"En 2008, l’objectif affiché était que Chorus tienne toute la comptabilité de l’État en 2010. Fin 2008, cette échéance avait été repoussée à 2011. Début 2010, la bascule de la comptabilité générale est une nouvelle fois décalée d’un an, pour une échéance aujourd’hui fixée au 1er janvier 2012. Le report du déploiement complet de Chorus va entraîner des surcoûts, des études complémentaires et de nouveaux développements [...] nécessaires, en particulier, pour maintenir des applications anciennes", a ainsi indiqué Christian Babusiaux, précisant n'avoir aucune visibilité sur l'importance de ces surcoûts. "Ils dépendront de l’ampleur des modifications qui seront apportées à Chorus dans les semaines qui viennent". Un indice qui montre que le doute s'installe dans l'administration sur la pertinence de Chorus, en tout cas sur la totalité du périmètre fonctionnel ciblé. "Il faut aller au bout de ces chantiers pour en tirer les bénéfices, avertit David Gelrubin, président du cabinet Fontaine Consultants. Arrêter ces projets au milieu du gué serait dangereux".

S'il est trop pour tirer un premier bilan - la construction de la solution technique ne devant s'achever que début 2012 -, l'ONP repose sur la même mécanique : rationalisation des applicatifs et alignement des processus débouchant sur des réductions d'effectifs. L'Opérateur envisage un retour sur investissement sur cinq ans, reposant sur la suppression de 3 000 postes dédiés à la paye dans les ministères et sur celle de 800 autres au Trésor public. Aujourd'hui, le traitement de la paye occupe environ 10 000 fonctionnaires (sans compter les personnels du Trésor public), mais la productivité varie dans des proportions allant de 1 à 10 selon les ministères.

En complément :

- Chorus dans la tourmente : Jacques Marzin (AIFE) défend crânement son bébé

- La Cour des comptes doute que le progiciel Chorus puisse un jour tenir la compta de l'Etat

- Le ministère de la Défense mauvais payeur en raison de Chorus

- Chorus : le calendrier de déploiement dans les ministères ne serait pas menacé

- Pour la Cour des comptes, le pharaonique projet Chorus sera en retard

- Projet Chorus : tout se passe aussi mal que prévu

- Projet ONP : les 8 clefs du projet de l'année dévoilées

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Par pepito
 Le 19/07/2010 à 13:21
Je m'étonne du peu de cas que fait cet article de l'open Source comme voie pour réduire les dépenses IT ! Dans ces 3 Md d'Euro, une grande partie est consacrée à l'achat de licences ! Rien qu'en Licence Office et Windows , 5 Millions de Fonctionnaire à 100 € le poste tout les 3 ans , ça fait 500 Millions d'Euros . Pourquoi l'expérimentation de la Gendarmerie avec OpenOffice et Linux ne fait l'Objet d'aucun audit alors qu'il y a des centaines d'audits sur le S.I. de l'état sont réalisés chaques années ...(Une part non négligeable du Budget IT part dans des audits informatiques (à chaque arrivée d'un nouveau DSI !) sont les conclusions sont rarement publiées et jamais mises en oeuvre).

Oui, on cite l'Adullact pour les collectivités territoriales mais comme si le Logiciel Libre ne correspondait pas aux besoins des Ministères.


Pour parler de Chorus, comment est- il possible de mettre en place une application aussi chère sans avoir étudier l'EDI et les factures dématérialisées : Des dizaines de milliers d'agents qui ressaisissent les factures papier des fournisseurs ! Après , on s'étonne du retard que prend le processus ...
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Par jack
 Le 21/07/2010 à 12:04
Prodigieuse langue de bois !... On va investir dans la réduction des coûts...
Faire des économies tout en ouvrant de nouveau chantiers, car la commande publique alimente le marché ! Voilà bien le paradoxe, il faut donner à bouffer aux copains ! Voilà sans doute pourquoi on ne parle que d'externalisation, de mutualisation et plus du tout d'open source ni de ressources internes, celles ci étant "dégraissables" tandis que le privé est "engraissable"...
A la différence de l'entreprise la gestion de l'état n'est pas à envisager du point de vue du manager mais de celui du citoyen... L'état ne produit pas il administre. Mutualiser cela veut dire à terme interconnecter tous les ministères pour créer un SI unique, géré en partie par le privé, avec une priorité à la réduction des coûts, un système bureaucratique et omnipotent, avec ses failles, ses profiteurs, ses petits chefs, sans réel contrôle démocratique ni souci du citoyen. Celui ci devenant l'objet d'un processus de gestion optimisé, non plus administré comme un utilisateur mais "traité" comme une marchandise ou un formulaire.
Ce que cache ce raisonnement de gestionnaire étroit outre une minimisation du rôle de l'état, un abandon de ses objectifs premiers, c'est une dérive bureaucratique dangereuse. Si on recherche un système rationnel et rentable il faut bien reconnaître que la dictature est beaucoup plus rationnelle et rentable que la démocratie... Faut il donc pour des raisons économiques faire le lit d'une dictature en créant une organisation et un contexte propice au totalitarisme ?
Si la question est "la bourse ou la vie ?" n'est il pas préférable de laisser sa bourse ?... Seulement voilà ceux qui tiennent la bourse ne sont pas ceux qui laissent leur vie, c'est aussi ça un gestionnaire.
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Par jack
 Le 21/07/2010 à 12:29
Dossier sponsorisé par IBM : tu m'étonnes !
L'état finance le cloud privé pour en être le premier client. Il verse un loyer qui permet de rembourser le prêt avec bénéfices (sinon quel intérêt !) au bout de quelques années le prêt est remboursé l'état (nous) continue à payer...
Vous feriez ça vous ? Et IBM c'est français ça ?
"Non mais il y à des intermédiaires..."
"Ah bon alors ça va !"
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Par La rédaction
 Le 25/07/2010 à 14:16
Le dossier est effectivement "sponsorisé par IBM". Cela ne veut pas dire que Big Blue a eu un quelconque droit de regard sur sa rédaction. Pour être clair : la rédaction du MagIT écrit des articles et des dossiers que ses lecteurs peuvent consulter gratuitement. Pour vivre de son travail, la dite rédaction recourt donc à la publicité. L'une de nos offres commerciales permet à un annonceur unique d'acheter l'intégralité de l'espace publicitaire sur un dossier. Il peut alors placer un encart dans le texte avec une liste de livres blancs et être assuré que seules ses publicités seront affichées sur les pages de ce dossier.

On dit alors que le dossier est "sponsorisé" par cet annonceur. La phrase est peut-être maladroite mais elle a le mérite de traduire une réalité. En l'occurrence, celle qui fait que c'est l'argent investi en publicité par cet annonceur qui nous permet de proposer le dit dossier gratuitement à nos lecteurs.

Pour être encore plus clair, l'équipe du MagIT n'assure pas la commercialisation de ses articles. Cette mission est confiée à notre régie publicitaire, CanalTech, ainsi qu'à notre partenaire américain TechTarget. En aucun cas, les journalistes du MagIT ne démarchent des annonceurs. Ce n'est pas leur métier, ce serait déontologiquement inacceptable et la porte ouverte à toutes les dérives.

Il est de notre intérêt à tous, lecteurs, journalistes et annonceurs que l'éditorial du MagIT et le commercial soit des activités séparées. Et nous vous assurons qu'elles le sont et le resteront.
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Par jack
 Le 08/09/2010 à 15:49
Oups j'avais pas vu ça !
Te fâche pas monsieur "la rédaction" c'est pas toi que je met en cause ! bien sûr qu'il faut vivre, c'est aussi parce que mon employeur me paie que je peux écrire des commentaires aussi gratuits que malveillants.
N'empêche : M'sieur IBM lui, il sait bien pourquoi il à mis des sous la dedans... J'espère que c'était très cher ! Allez sans rancune et bon courage pour la suite.
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