Dossier : l'Etat s'attaque de front à la mutualisation de ses infrastructures IT 

Le 16 juillet 2010 (17:23) - par Reynald Fléchaux , Cyrille Chausson , Valery Marchive

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Rubriques : Green Datacenters - Offshore - Gouvernance et qualité (Itil) - Relation fournisseurs et SSII - Secteur public - Optimisation des coûts - SSII - Cloud et Grid Computing Tags : dsi - ssii - france - couts - offshore - syntec - cloud-computing - gfi - chorus - etat - infrastructures - m2m - cloud - onp - RoI - ministeres - mamou-mani

La seconde étape de la Réforme générale des politiques publiques (RGPP II) présentée fin juin fait la part belle à l'informatique. Tant comme une fonction support qu'il faut rationaliser via des mutualisations que comme un outil permettant de rendre l'administration plus productive. Ouf de soulagement pour Syntec Informatique qui redoutait un brutal exercice de "cost-cutting".

M2M : un moteur pour l’efficacité budgétaire des secteurs publics

En période de vaches maigres et de restrictions budgétaires, la technologie peut apparaître comme une planche de salut. Parmi ces technologies miracles trône le Machine-to-Machine (M2M), un concept fondu dans le très vaste programme de l’Internet des objets, qui consiste à faire dialoguer ensemble des objets et des machines via les ondes radio essentiellement.

C’est dans ce contexte que les projets démarrent et que le marché s’organise. Si, en avril dernier, les professionnels du secteur mettaient en avant la croissance et la “massification” du M2M, les observateurs tombaient quant à eux unanimes sur un point : un des moteurs principaux du M2M résidera dans les projets financés, même partiellement, par l’Etat, ou dans le cadre de PPP (Partenariats Public Privé).

Le concept de M2M s’inscrit aujourd’hui dans nombre de projets - très tendances - liés à l’éco-responsabilité, au développement durable et à l’écologie, tout en permettant de réduire les dépenses publiques en matière de gestion globale et de ressources humaines notamment, rappelle en substance Jean-Noël Georges, directeur de recherche chez Frost & Sullivan.

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Les processus dynamiques appliqués aux instances gouvernementales : vers une collaboration permanente
En 2008, une étude IBM IBV (Institute for Business Value) a permis de mettre en évidence six caractéristiques partagées par toutes les instances gouvernementales du monde, et induisant un objectif de collaboration permanente (création d’organisations virtuelles permettant aux équipes de mieux travailler ensemble et d’être interconnectées). Le présent livre blanc indique de quelle façon les instances gouvernementales peuvent mettre en place une collaboration permanente rentable : par l’implémentation de processus dynamiques, via l’utilisation de solutions de gestion de processus (BPM) IBM.

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M2M, la cisaille des coûts énergétiques

Dans ce marché promis à un bel avenir, les projets abondent. C’est notamment le cas du Smart Grid, un vaste projet de grille électrique qui doit réguler et contrôler intelligemment la distribution d’électricité vers les particuliers. Un projet épaulé par une partie des 250 millions d'euros du gouvernement alloués au GreenIT dans le cadre du Grand Emprunt, rappelait Nathalie Kosciusko-Morizet (secrétaire d'Etat à l'Economie numérique) à nos confrères du Journal du Net en avril dernier. Aujourd’hui encore en phase pilote à Lyon notamment, le projet  de compteurs intelligents Linky - qui demeure aujourd’hui la partie visible du Smart Grid -, s’il ne semble pas complètement abouti techniquement, rappelle que les télé-relevés électrique devraient améliorer la gestion de la consommation des particuliers. Et l’installation limitera les investissements dans la maintenance technique des compteurs ainsi que l’intervention de techniciens chez les particuliers. Les belles intentions en faveur de la préservation de la planète cachent donc des motifs plus prosaïques...

Autre exemple orienté développement durable, celui de l’éclairage public dans les villes. Le M2M permet de détecter les pannes d’éclairage et de livrer des informations sur la consommation. "Un point très positif pour les mairies", souligne Olivier Beaujard, vice-président Market Dévelopment chez Sierra Wireless, l’un des acteurs clés du marché M2M en France. "L’éclairage représente un gros poste de dépenses des villes", constate-t-il. D’ou l’idée de trouver des leviers pour économiser sur cette enveloppe. C’est aussi pour cette raison que l’on retrouve le M2M dans la gestion des flottes de véhicules municipaux, afin notamment "de simplifier la gestion du parc et de disposer d’informations en temps réel sur la maintenance et l’usure dans le but d’anticiper les interventions et ainsi, protéger les investissements". 

Les revenus supplémentaires du M2M

Cette philosophie, on la retrouve - à une plus grande échelle - avec les projets de péages urbains et de télépéages, deux principes issus du Grenelle de l’environnement. Par exemple, le projet éco-taxe - un des plus emblématiques pour le M2M en France -, vise à la mise en place d’une taxe (dès 2011) sur les camions (à partir de 3,5 tonnes) circulant sur l’essentiel du réseau routier national (soit environ 15 000 km). Le principe : taxer les poids lourds (selon leur degré de pollution et leur poids notamment) afin de financer l’infrastructure et la gestion du réseau routier - tâche auparavant réalisée par les concessions d’autoroutes, tombées depuis dans le secteur privé. L’idée bien sûr est également de favoriser le recours à d’autres moyens de transports, comme le train par exemple, et de réduire ainsi les dégagements de CO2. 

"Le but premier des pays lors de l'implémentation des systèmes ETC (Electronic Toll Collection - la perception électronique de péage) est de soulager les gouvernements des investissements réalisés dans l’entretien des routes", rappelle le cabinet Frost & Sullivan. A la clé, l’éco-taxe devrait générer 1 milliard d’euros par an, affirmaient nos confrères des Echos, citant l'entourage de Dominique Bussereau, le secrétaire d'Etat aux Transports. Pour les gouvernements, ces systèmes visent bien à générer des flux de revenus additionnels, confirme Olivier Beaujard, dont la société Sierra Wireless a participé au déploiement d'un projet de ce type en Allemagne (400 000 véhicules ont été équipés des solutions du Canadien).

Télépéage : un retour sur investissement rapide

Selon les chiffres de Frost & Sullivan, la mise en place de cette taxe aura certes nécessité un lourd investissement technologique (même si la voie choisit par le gouvernement français - le PPP - fera peser ces investissements sur les prestataires, qui les répercuteront dans leurs coûts), mais le ROI serait très rapide. "A condition que les volumes soient au rendez-vous", note Olivier Beaujard. Reste que les exemples à l'étranger plaident en faveur de ce type de projets. "Les revenus estimés sur 10 ans, jusqu’à fin 2017, pour quelque 2 000 km de route à péages en République Tchèque [qui avec l’Allemagne a servi de pilote au niveau européen, NDLR ] est estimé à 4,6 milliards d’euros", indique le cabinet d’analyse. "Avec un coût d’infrastructure dégressif porté aujourd’hui à 12 %", poursuit-il. 

Ces projets, qui devraient se généraliser à tous les membres de l’UE en 2014 - y compris pour les particuliers -, sont donc dans le viseur des secteurs publics. Car ils permettent non seulement de mobiliser un personnel minimal pour collecter la taxe, mais également d’ajuster à la volée les grilles tarifaires (en fonction de la saison par exemple).

Si les initiatives M2M pullulent dans l'espace urbain, elles s'intéressent  également au premier chef à la santé. Un segment clé pour les acteurs du marché des objets communicants, comme le confirmait la dernière édition du Forum Ocova à Gap. Si, aujourd’hui, les projets de traçabilité de déchets médicaux ou encore de télé-diagnostic semblent être au coeur des développements, les secteurs publics pourraient y voir une formule adaptée contre le vieillissement de la population. Et une éventuelle solution qui, parmi d'autres, permettrait de moderniser le système de santé français.

En complément :

- M2M : Gemalto efface le dossier Wavecom avec le rachat de Cinterion

- Le M2M ralentit sa croissance pour mieux rebondir en 2010

EETS : un projet de télépéage interopérable en Europe

L’éco-taxe hexagonale (projet de taxation des poids lourds fréquentant l'espace routier français) prend sa source au niveau européen au sein de la directive EETS (European Electronic Toll Service) finalisée en mars 2009, dont "l’objectif est de normaliser le réseau routier en Europe", explique Jean-Noël Georges, directeur de recherches chez Frost & Sullivan. Cette initiative est née de deux réussites en Allemagne et en République Tchèque. Leur principe : faire payer aux automobilistes une taxe en fonction de leur heure de circulation (heure de pointe ou pas), de la route empruntée (fréquentée ou pas) et du type de véhicule. Ce tour de force est notamment réalisable via un système M2M comportant un boitier GSM / GPS et un sticker RFID, comme peut le proposer NXP avec sa solution Atop (Automotive Telematics On-board unit Platform) - une solution qui a été par ailleurs retenue en Hollande. Déjà bien positionné sur les projets M2M - avec la mise en place de Taxi Expert à l’aéroport de Roissy CDG et Lyon St Exupéry -, Steria propose de son côté une technologie identique de boîtier baptisée "Kilometrix". Selon Frost & Sullivan, EETS aurait dû être déployé à partir de 2014 - particuliers compris -, mais le cabinet fait état de plusieurs décalages dans le temps.

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Par pepito
 Le 19/07/2010 à 13:21
Je m'étonne du peu de cas que fait cet article de l'open Source comme voie pour réduire les dépenses IT ! Dans ces 3 Md d'Euro, une grande partie est consacrée à l'achat de licences ! Rien qu'en Licence Office et Windows , 5 Millions de Fonctionnaire à 100 € le poste tout les 3 ans , ça fait 500 Millions d'Euros . Pourquoi l'expérimentation de la Gendarmerie avec OpenOffice et Linux ne fait l'Objet d'aucun audit alors qu'il y a des centaines d'audits sur le S.I. de l'état sont réalisés chaques années ...(Une part non négligeable du Budget IT part dans des audits informatiques (à chaque arrivée d'un nouveau DSI !) sont les conclusions sont rarement publiées et jamais mises en oeuvre).

Oui, on cite l'Adullact pour les collectivités territoriales mais comme si le Logiciel Libre ne correspondait pas aux besoins des Ministères.


Pour parler de Chorus, comment est- il possible de mettre en place une application aussi chère sans avoir étudier l'EDI et les factures dématérialisées : Des dizaines de milliers d'agents qui ressaisissent les factures papier des fournisseurs ! Après , on s'étonne du retard que prend le processus ...
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Par jack
 Le 21/07/2010 à 12:04
Prodigieuse langue de bois !... On va investir dans la réduction des coûts...
Faire des économies tout en ouvrant de nouveau chantiers, car la commande publique alimente le marché ! Voilà bien le paradoxe, il faut donner à bouffer aux copains ! Voilà sans doute pourquoi on ne parle que d'externalisation, de mutualisation et plus du tout d'open source ni de ressources internes, celles ci étant "dégraissables" tandis que le privé est "engraissable"...
A la différence de l'entreprise la gestion de l'état n'est pas à envisager du point de vue du manager mais de celui du citoyen... L'état ne produit pas il administre. Mutualiser cela veut dire à terme interconnecter tous les ministères pour créer un SI unique, géré en partie par le privé, avec une priorité à la réduction des coûts, un système bureaucratique et omnipotent, avec ses failles, ses profiteurs, ses petits chefs, sans réel contrôle démocratique ni souci du citoyen. Celui ci devenant l'objet d'un processus de gestion optimisé, non plus administré comme un utilisateur mais "traité" comme une marchandise ou un formulaire.
Ce que cache ce raisonnement de gestionnaire étroit outre une minimisation du rôle de l'état, un abandon de ses objectifs premiers, c'est une dérive bureaucratique dangereuse. Si on recherche un système rationnel et rentable il faut bien reconnaître que la dictature est beaucoup plus rationnelle et rentable que la démocratie... Faut il donc pour des raisons économiques faire le lit d'une dictature en créant une organisation et un contexte propice au totalitarisme ?
Si la question est "la bourse ou la vie ?" n'est il pas préférable de laisser sa bourse ?... Seulement voilà ceux qui tiennent la bourse ne sont pas ceux qui laissent leur vie, c'est aussi ça un gestionnaire.
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Par jack
 Le 21/07/2010 à 12:29
Dossier sponsorisé par IBM : tu m'étonnes !
L'état finance le cloud privé pour en être le premier client. Il verse un loyer qui permet de rembourser le prêt avec bénéfices (sinon quel intérêt !) au bout de quelques années le prêt est remboursé l'état (nous) continue à payer...
Vous feriez ça vous ? Et IBM c'est français ça ?
"Non mais il y à des intermédiaires..."
"Ah bon alors ça va !"
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Par La rédaction
 Le 25/07/2010 à 14:16
Le dossier est effectivement "sponsorisé par IBM". Cela ne veut pas dire que Big Blue a eu un quelconque droit de regard sur sa rédaction. Pour être clair : la rédaction du MagIT écrit des articles et des dossiers que ses lecteurs peuvent consulter gratuitement. Pour vivre de son travail, la dite rédaction recourt donc à la publicité. L'une de nos offres commerciales permet à un annonceur unique d'acheter l'intégralité de l'espace publicitaire sur un dossier. Il peut alors placer un encart dans le texte avec une liste de livres blancs et être assuré que seules ses publicités seront affichées sur les pages de ce dossier.

On dit alors que le dossier est "sponsorisé" par cet annonceur. La phrase est peut-être maladroite mais elle a le mérite de traduire une réalité. En l'occurrence, celle qui fait que c'est l'argent investi en publicité par cet annonceur qui nous permet de proposer le dit dossier gratuitement à nos lecteurs.

Pour être encore plus clair, l'équipe du MagIT n'assure pas la commercialisation de ses articles. Cette mission est confiée à notre régie publicitaire, CanalTech, ainsi qu'à notre partenaire américain TechTarget. En aucun cas, les journalistes du MagIT ne démarchent des annonceurs. Ce n'est pas leur métier, ce serait déontologiquement inacceptable et la porte ouverte à toutes les dérives.

Il est de notre intérêt à tous, lecteurs, journalistes et annonceurs que l'éditorial du MagIT et le commercial soit des activités séparées. Et nous vous assurons qu'elles le sont et le resteront.
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Par jack
 Le 08/09/2010 à 15:49
Oups j'avais pas vu ça !
Te fâche pas monsieur "la rédaction" c'est pas toi que je met en cause ! bien sûr qu'il faut vivre, c'est aussi parce que mon employeur me paie que je peux écrire des commentaires aussi gratuits que malveillants.
N'empêche : M'sieur IBM lui, il sait bien pourquoi il à mis des sous la dedans... J'espère que c'était très cher ! Allez sans rancune et bon courage pour la suite.
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