M2M : un moteur pour l’efficacité budgétaire des secteurs publics
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En période de vaches maigres et de restrictions budgétaires, la technologie peut apparaître comme une planche de salut. Parmi ces technologies miracles trône le Machine-to-Machine (M2M), un concept fondu dans le très vaste programme de l’Internet des objets, qui consiste à faire dialoguer ensemble des objets et des machines via les ondes radio essentiellement.
C’est dans ce contexte que les projets démarrent et que le marché s’organise. Si, en avril dernier, les professionnels du secteur mettaient en avant la croissance et la “massification” du M2M, les observateurs tombaient quant à eux unanimes sur un point : un des moteurs principaux du M2M résidera dans les projets financés, même partiellement, par l’Etat, ou dans le cadre de PPP (Partenariats Public Privé).
Le concept de M2M s’inscrit aujourd’hui dans nombre de projets - très tendances - liés à l’éco-responsabilité, au développement durable et à l’écologie, tout en permettant de réduire les dépenses publiques en matière de gestion globale et de ressources humaines notamment, rappelle en substance Jean-Noël Georges, directeur de recherche chez Frost & Sullivan.
M2M, la cisaille des coûts énergétiques
Dans ce marché promis à un bel avenir, les projets abondent. C’est notamment le cas du Smart Grid, un vaste projet de grille électrique qui doit réguler et contrôler intelligemment la distribution d’électricité vers les particuliers. Un projet épaulé par une partie des 250 millions d'euros du gouvernement alloués au GreenIT dans le cadre du Grand Emprunt, rappelait Nathalie Kosciusko-Morizet (secrétaire d'Etat à l'Economie numérique) à nos confrères du Journal du Net en avril dernier. Aujourd’hui encore en phase pilote à Lyon notamment, le projet de compteurs intelligents Linky - qui demeure aujourd’hui la partie visible du Smart Grid -, s’il ne semble pas complètement abouti techniquement, rappelle que les télé-relevés électrique devraient améliorer la gestion de la consommation des particuliers. Et l’installation limitera les investissements dans la maintenance technique des compteurs ainsi que l’intervention de techniciens chez les particuliers. Les belles intentions en faveur de la préservation de la planète cachent donc des motifs plus prosaïques...
Autre exemple orienté développement durable, celui de l’éclairage public dans les villes. Le M2M permet de détecter les pannes d’éclairage et de livrer des informations sur la consommation. "Un point très positif pour les mairies", souligne Olivier Beaujard, vice-président Market Dévelopment chez Sierra Wireless, l’un des acteurs clés du marché M2M en France. "L’éclairage représente un gros poste de dépenses des villes", constate-t-il. D’ou l’idée de trouver des leviers pour économiser sur cette enveloppe. C’est aussi pour cette raison que l’on retrouve le M2M dans la gestion des flottes de véhicules municipaux, afin notamment "de simplifier la gestion du parc et de disposer d’informations en temps réel sur la maintenance et l’usure dans le but d’anticiper les interventions et ainsi, protéger les investissements".
Les revenus supplémentaires du M2M
Cette philosophie, on la retrouve - à une plus grande échelle - avec les projets de péages urbains et de télépéages, deux principes issus du Grenelle de l’environnement. Par exemple, le projet éco-taxe - un des plus emblématiques pour le M2M en France -, vise à la mise en place d’une taxe (dès 2011) sur les camions (à partir de 3,5 tonnes) circulant sur l’essentiel du réseau routier national (soit environ 15 000 km). Le principe : taxer les poids lourds (selon leur degré de pollution et leur poids notamment) afin de financer l’infrastructure et la gestion du réseau routier - tâche auparavant réalisée par les concessions d’autoroutes, tombées depuis dans le secteur privé. L’idée bien sûr est également de favoriser le recours à d’autres moyens de transports, comme le train par exemple, et de réduire ainsi les dégagements de CO2.
"Le but premier des pays lors de l'implémentation des systèmes ETC (Electronic Toll Collection - la perception électronique de péage) est de soulager les gouvernements des investissements réalisés dans l’entretien des routes", rappelle le cabinet Frost & Sullivan. A la clé, l’éco-taxe devrait générer 1 milliard d’euros par an, affirmaient nos confrères des Echos, citant l'entourage de Dominique Bussereau, le secrétaire d'Etat aux Transports. Pour les gouvernements, ces systèmes visent bien à générer des flux de revenus additionnels, confirme Olivier Beaujard, dont la société Sierra Wireless a participé au déploiement d'un projet de ce type en Allemagne (400 000 véhicules ont été équipés des solutions du Canadien).
Télépéage : un retour sur investissement rapide
Selon les chiffres de Frost & Sullivan, la mise en place de cette taxe aura certes nécessité un lourd investissement technologique (même si la voie choisit par le gouvernement français - le PPP - fera peser ces investissements sur les prestataires, qui les répercuteront dans leurs coûts), mais le ROI serait très rapide. "A condition que les volumes soient au rendez-vous", note Olivier Beaujard. Reste que les exemples à l'étranger plaident en faveur de ce type de projets. "Les revenus estimés sur 10 ans, jusqu’à fin 2017, pour quelque 2 000 km de route à péages en République Tchèque [qui avec l’Allemagne a servi de pilote au niveau européen, NDLR ] est estimé à 4,6 milliards d’euros", indique le cabinet d’analyse. "Avec un coût d’infrastructure dégressif porté aujourd’hui à 12 %", poursuit-il.
Ces projets, qui devraient se généraliser à tous les membres de l’UE en 2014 - y compris pour les particuliers -, sont donc dans le viseur des secteurs publics. Car ils permettent non seulement de mobiliser un personnel minimal pour collecter la taxe, mais également d’ajuster à la volée les grilles tarifaires (en fonction de la saison par exemple).
Si les initiatives M2M pullulent dans l'espace urbain, elles s'intéressent également au premier chef à la santé. Un segment clé pour les acteurs du marché des objets communicants, comme le confirmait la dernière édition du Forum Ocova à Gap. Si, aujourd’hui, les projets de traçabilité de déchets médicaux ou encore de télé-diagnostic semblent être au coeur des développements, les secteurs publics pourraient y voir une formule adaptée contre le vieillissement de la population. Et une éventuelle solution qui, parmi d'autres, permettrait de moderniser le système de santé français.
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L’éco-taxe hexagonale (projet de taxation des poids lourds fréquentant l'espace routier français) prend sa source au niveau européen au sein de la directive EETS (European Electronic Toll Service) finalisée en mars 2009, dont "l’objectif est de normaliser le réseau routier en Europe", explique Jean-Noël Georges, directeur de recherches chez Frost & Sullivan. Cette initiative est née de deux réussites en Allemagne et en République Tchèque. Leur principe : faire payer aux automobilistes une taxe en fonction de leur heure de circulation (heure de pointe ou pas), de la route empruntée (fréquentée ou pas) et du type de véhicule. Ce tour de force est notamment réalisable via un système M2M comportant un boitier GSM / GPS et un sticker RFID, comme peut le proposer NXP avec sa solution Atop (Automotive Telematics On-board unit Platform) - une solution qui a été par ailleurs retenue en Hollande. Déjà bien positionné sur les projets M2M - avec la mise en place de Taxi Expert à l’aéroport de Roissy CDG et Lyon St Exupéry -, Steria propose de son côté une technologie identique de boîtier baptisée "Kilometrix". Selon Frost & Sullivan, EETS aurait dû être déployé à partir de 2014 - particuliers compris -, mais le cabinet fait état de plusieurs décalages dans le temps. |







Par pepito




