Dossier : l'Etat s'attaque de front à la mutualisation de ses infrastructures IT 

Le 16 juillet 2010 (17:23) - par Reynald Fléchaux , Cyrille Chausson , Valery Marchive

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Rubriques : Green Datacenters - Offshore - Gouvernance et qualité (Itil) - Relation fournisseurs et SSII - Secteur public - Optimisation des coûts - SSII - Cloud et Grid Computing Tags : dsi - ssii - france - couts - offshore - syntec - cloud-computing - gfi - chorus - etat - infrastructures - m2m - cloud - onp - RoI - ministeres - mamou-mani

La seconde étape de la Réforme générale des politiques publiques (RGPP II) présentée fin juin fait la part belle à l'informatique. Tant comme une fonction support qu'il faut rationaliser via des mutualisations que comme un outil permettant de rendre l'administration plus productive. Ouf de soulagement pour Syntec Informatique qui redoutait un brutal exercice de "cost-cutting".

Collectivités : l’impossible mutualisation ?

Mi-septembre 2009, le gouvernement américain a lancé Apps.gov. Un site Web hébergeant, en mode Saas, des applications et des services dûment approuvés, à destination des administrations du pays, et proposés notamment par Salesforce.com ou encore Google. Stockage, hébergement et provisionnement de machines virtuelles doivent suivre. Les premiers pilotes sont programmés pour cette année. Peut-on imaginer un Apps.gouv.fr sur ce modèle ? Pourquoi pas… mais peut-être pas pour l’intégralité du secteur public. Et peut-être pas encore à l’échelle nationale.

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Les processus dynamiques appliqués aux instances gouvernementales : vers une collaboration permanente
En 2008, une étude IBM IBV (Institute for Business Value) a permis de mettre en évidence six caractéristiques partagées par toutes les instances gouvernementales du monde, et induisant un objectif de collaboration permanente (création d’organisations virtuelles permettant aux équipes de mieux travailler ensemble et d’être interconnectées). Le présent livre blanc indique de quelle façon les instances gouvernementales peuvent mettre en place une collaboration permanente rentable : par l’implémentation de processus dynamiques, via l’utilisation de solutions de gestion de processus (BPM) IBM.

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Trop de spécificités dans les grandes administrations

Pour Jean-Claude Lamoureux, directeur associé du groupe Sopra en charge du conseil au secteur public, une telle perspective n’est pas crédible pour les grandes administrations, en raison de trop « fortes spécificités métiers. » Pour les fonctions de support, « on assiste déjà à une mutualisation, avec l'ONP ou Chorus. » Mais là, le client est unique, d’où un marché étroit ne justifiant pas la création d’une plateforme Saas mutualisée. Même chose pour la Justice, où Sopra assiste le ministère dans la refonte de chaîne pénale. D’autres administrations encore sont dans une situation comparable, à l’instar de la Caisse Nationale d’Assurance Maladie : là, encore un marché étroit et de fortes spécificités métiers, alors que les projets de mise en place de systèmes comptables à base d’ERP commencent à peine. En outre, sur le secteur de la protection sociale, Jean-Claude Lamoureux relève que « l’on se regarde pour voir comment se copier les uns les autres » plus que pour chercher une forme de mutualisation…

Collectivités territoriales : « ça bouge déjà »

Pour autant, la perspective de plateformes applicatives et de services mutualisés n’est pas complètement incongrue. Dans le domaine de la santé, par exemple, « le marché n’est pas encore très structuré. Cela pourrait être une solution pour les hôpitaux de petite ou moyenne taille. Mais ils n’y a pas encore d’initiative dans ce sens. Et puis, il faut ajouter des spécificités réglementaires, une gestion qui relève de la comptabilité publique, etc. » Bref, on est loin du marché du siècle, mais les perspectives semblent exister.

Des initiatives parfois déjà anciennes
Si, en 2008, IDC estimait que la mutualisation des infrastructures informatiques entre collectivités locales restait limitée, certaines initiatives remontent à bien avant. En 2006, la communauté d’agglomération du Grand Nancy s’est lancée dans une telle démarche, associant neuf villes en tout, sur la base d’un premier essai réussi entre Nancy et Vandoeuvre - une initiative remontant à 1999. Plus généralement, les structures de type communautés de communes ont souvent été l’occasion d’une mutualisation de la fonction informatique sur le périmètre des compétences transférées par les communes à la structure intercommunale. Par exemple, à Chelles, le DSI s’occupe également du SI de la communauté d’agglomération Marne et Chantereine ; à Drancy, le DSI a aussi la charge des infrastructures informatiques de la Communauté de Communes de l’aéroport du Bourget, etc.
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En fait, c’est du côté des collectivités territoriales que les perspectives paraissent les plus prometteuses : « il y a déjà des offres de type ASP pour la dématérialisation des marchés publics, par exemple. » Et Jean-Claude Lamoureux de citer l’exemple du groupement d’intérêt public e-Bourgogne. Lequel « mutualise des équipements informatiques et des services pour déployer l’administration électronique », comme l’indique son site Web, avec, au programme, des services au citoyens, aux collectivités et aux entreprises. Un projet dans lequel Sopra est intervenu en assistance au pilotage ; l’exploitation et la maintenance de la plateforme ayant été confiés à Atos Worldline dans le cadre d’un partenariat public-privé de dix ans.

Le projet breton Megalis s’appuie sur la même logique, avec services applicatifs et « services d’e-administration ». Des idées qui essaiment : « Sopra est intervenu avec la commission européenne pour l’extension de ces dispositifs à des collectivités territoriales d’autres pays, comme l’Espagne, l’Italie ou encore la République Tchèque », explique Jean-Claude Lamoureux. Pour lui, le terrain de ces collectivités promet d’être fertile : « elles ont énormément de métiers différents, mais toutes ont les mêmes. On peut imaginer construire des offres en ASP, pour chaque métier différent. » Une diversité des métiers qui ne manque toutefois pas de générer des difficultés, comme l’évoquait récemment le DSI du Pays Voyronnais dans nos colonnes.

Une impulsion de la force publique

Ce qui n’empêche pas les initiatives. L’Adullact (Association des développeurs et des utilisateurs de logiciels libres pour l'administration et les collectivités territoriales), en particulier, pousse à la mutualisation des outils pour les collectivités et l’administration, en Open Source. L’association, organisée autour de groupes de travail thématiques, organise la création et la mise à disposition d’outils dédiés aux préoccupations des collectivités. Pour 2010, elle se concentre ainsi sur la dématérialisation, proposant une chaîne complète d’outils intégrant la gestion du courrier, des actes administratifs, de la signature électronique, etc. Jusqu’aux marchés publics, en passant par l’instruction des installations d’assainissement, ou encore l’espace de travail numérique pour l’enseignement. Et, justement, l’Adullact regroupe des adhérents aux besoins potentiellement très différents les uns des autres : communes, communautés de communes et urbaines, conseils généraux, Sdis... pour un total de 6 931 structures territoriales adhérentes.

Jean-Claude Lamoureux évoque aussi le moteur de portail Lutèce de la ville de Paris – un CMS « produit la ville et versé à la communauté Open Source ». Autant d’impulsions provenant de la sphère publique. Dès lors, Jean-Claude Lamoureux s’interroge sur le rôle des éditeurs privés dans ce mouvement : « dans tous ces projets, le risque est majoritairement porté par la sphère publique. »

La crise, un nouveau catalyseur ?

Reste à savoir quel rôle jouera la crise dans ce contexte. En mai dernier, Gartner indiquait prévoir que le secteur public serait un lourd contributeur à la croissance de la dépense informatique en 2010. Mais, il y a quelques jours, le cabinet a choisi de revoir à la baisse sa prévision de croissance de la dépense IT mondiale pour cette année, sous l’effet, en particulier, de la crise de la dette souveraine en Europe. De quoi accélérer les efforts locaux de mutualisation ?

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Par pepito
 Le 19/07/2010 à 13:21
Je m'étonne du peu de cas que fait cet article de l'open Source comme voie pour réduire les dépenses IT ! Dans ces 3 Md d'Euro, une grande partie est consacrée à l'achat de licences ! Rien qu'en Licence Office et Windows , 5 Millions de Fonctionnaire à 100 € le poste tout les 3 ans , ça fait 500 Millions d'Euros . Pourquoi l'expérimentation de la Gendarmerie avec OpenOffice et Linux ne fait l'Objet d'aucun audit alors qu'il y a des centaines d'audits sur le S.I. de l'état sont réalisés chaques années ...(Une part non négligeable du Budget IT part dans des audits informatiques (à chaque arrivée d'un nouveau DSI !) sont les conclusions sont rarement publiées et jamais mises en oeuvre).

Oui, on cite l'Adullact pour les collectivités territoriales mais comme si le Logiciel Libre ne correspondait pas aux besoins des Ministères.


Pour parler de Chorus, comment est- il possible de mettre en place une application aussi chère sans avoir étudier l'EDI et les factures dématérialisées : Des dizaines de milliers d'agents qui ressaisissent les factures papier des fournisseurs ! Après , on s'étonne du retard que prend le processus ...
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Par jack
 Le 21/07/2010 à 12:04
Prodigieuse langue de bois !... On va investir dans la réduction des coûts...
Faire des économies tout en ouvrant de nouveau chantiers, car la commande publique alimente le marché ! Voilà bien le paradoxe, il faut donner à bouffer aux copains ! Voilà sans doute pourquoi on ne parle que d'externalisation, de mutualisation et plus du tout d'open source ni de ressources internes, celles ci étant "dégraissables" tandis que le privé est "engraissable"...
A la différence de l'entreprise la gestion de l'état n'est pas à envisager du point de vue du manager mais de celui du citoyen... L'état ne produit pas il administre. Mutualiser cela veut dire à terme interconnecter tous les ministères pour créer un SI unique, géré en partie par le privé, avec une priorité à la réduction des coûts, un système bureaucratique et omnipotent, avec ses failles, ses profiteurs, ses petits chefs, sans réel contrôle démocratique ni souci du citoyen. Celui ci devenant l'objet d'un processus de gestion optimisé, non plus administré comme un utilisateur mais "traité" comme une marchandise ou un formulaire.
Ce que cache ce raisonnement de gestionnaire étroit outre une minimisation du rôle de l'état, un abandon de ses objectifs premiers, c'est une dérive bureaucratique dangereuse. Si on recherche un système rationnel et rentable il faut bien reconnaître que la dictature est beaucoup plus rationnelle et rentable que la démocratie... Faut il donc pour des raisons économiques faire le lit d'une dictature en créant une organisation et un contexte propice au totalitarisme ?
Si la question est "la bourse ou la vie ?" n'est il pas préférable de laisser sa bourse ?... Seulement voilà ceux qui tiennent la bourse ne sont pas ceux qui laissent leur vie, c'est aussi ça un gestionnaire.
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Par jack
 Le 21/07/2010 à 12:29
Dossier sponsorisé par IBM : tu m'étonnes !
L'état finance le cloud privé pour en être le premier client. Il verse un loyer qui permet de rembourser le prêt avec bénéfices (sinon quel intérêt !) au bout de quelques années le prêt est remboursé l'état (nous) continue à payer...
Vous feriez ça vous ? Et IBM c'est français ça ?
"Non mais il y à des intermédiaires..."
"Ah bon alors ça va !"
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Par La rédaction
 Le 25/07/2010 à 14:16
Le dossier est effectivement "sponsorisé par IBM". Cela ne veut pas dire que Big Blue a eu un quelconque droit de regard sur sa rédaction. Pour être clair : la rédaction du MagIT écrit des articles et des dossiers que ses lecteurs peuvent consulter gratuitement. Pour vivre de son travail, la dite rédaction recourt donc à la publicité. L'une de nos offres commerciales permet à un annonceur unique d'acheter l'intégralité de l'espace publicitaire sur un dossier. Il peut alors placer un encart dans le texte avec une liste de livres blancs et être assuré que seules ses publicités seront affichées sur les pages de ce dossier.

On dit alors que le dossier est "sponsorisé" par cet annonceur. La phrase est peut-être maladroite mais elle a le mérite de traduire une réalité. En l'occurrence, celle qui fait que c'est l'argent investi en publicité par cet annonceur qui nous permet de proposer le dit dossier gratuitement à nos lecteurs.

Pour être encore plus clair, l'équipe du MagIT n'assure pas la commercialisation de ses articles. Cette mission est confiée à notre régie publicitaire, CanalTech, ainsi qu'à notre partenaire américain TechTarget. En aucun cas, les journalistes du MagIT ne démarchent des annonceurs. Ce n'est pas leur métier, ce serait déontologiquement inacceptable et la porte ouverte à toutes les dérives.

Il est de notre intérêt à tous, lecteurs, journalistes et annonceurs que l'éditorial du MagIT et le commercial soit des activités séparées. Et nous vous assurons qu'elles le sont et le resteront.
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Par jack
 Le 08/09/2010 à 15:49
Oups j'avais pas vu ça !
Te fâche pas monsieur "la rédaction" c'est pas toi que je met en cause ! bien sûr qu'il faut vivre, c'est aussi parce que mon employeur me paie que je peux écrire des commentaires aussi gratuits que malveillants.
N'empêche : M'sieur IBM lui, il sait bien pourquoi il à mis des sous la dedans... J'espère que c'était très cher ! Allez sans rancune et bon courage pour la suite.
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