Dans la version 3 de votre produit - qui sera disponible à la fin du mois -, vous offrirez la compatibilité avec le protocole SharePoint. Pourquoi ?
J.N. : Nous nous positionnons comme une alternative à SharePoint avec cette version 3, dont l'un des objectifs était de disposer de tout ce que proposait Microsoft dans sa solution. En plus de la compatibilité avec le protocole - due à une décision de la Commission européenne (voir notre article à ce sujet, ndlr) -, nous avons par exemple amené Share (voir capture ci-dessous), une solution pour bâtir des sites Web collaboratifs, dotés de fonctionnalités Web 2.0. Mais, nous sommes bien plus à même de monter en charge que SharePoint. Des déploiements Alfresco, comme celui de Acrobat.com, supportent des centaines de millions de documents. Alors que SharePoint est limité à 50 millions. Disposer d'une solution départementale capable de grossir pour couvrir toute l'organisation - comme c'est notre cas - est un atout. A l'inverse, avec SharePoint, plus vous disposez d'îlots, plus les performances se dégradent. Nous travaillons d'ailleurs à rendre cette montée en charge encore plus simple, plus facile à administrer.
Quels sont les autres sujets sur lesquelles vous vous focalisez pour améliorer votre solution ?
J.N. : Nous ajouterons bientôt des services d'analyse de contenus, pour classifier l'information, réutiliser automatiquement certains éléments ou encore, suivre ce que les utilisateurs font en temps réel. Un peu à la façon de Twitter.
Au début de cet entretien, vous disiez que vous n'aviez pas de concurrent Open Source. En France pourtant - qui est votre premier marché en Europe - il existe un autre éditeur d'ECM Open Source, Nuxeo...
J.N. : Sur les marchés passés par des grands comptes, nous ne voyons jamais Nuxeo en face de nos solutions. Nous n'avons tout simplement pas de concurrent Open Source.
Dans leur critère de choix, les clients veulent vérifier que le produit est adossé à une très importante communauté. Celle d'Alfresco compte 74 000 membres.
Les éditeurs traditionnels affirment souvent que leurs concurrents Open Source ne font que copier leurs produits avec un temps de retard, qu'ils n'innovent pas. Que leur répondez-vous ?
J.N. : Que c'est un non sens. MySQL n'intègre certes pas sur la dernière version de SQL, mais les plus importantes bases de données au monde tournent sur cette plate-forme. Chez Google, Yahoo ou Digg. C'est ce que moi, j'appelle une réelle innovation.
L'Open Source est innovant car plus de personnes participent au processus de développement. A l'inverse, je ne vois pas une seule innovation ces dernières années dans l'industrie traditionnelle du logiciel. Leur discours n'est qu'une réaction à l'évolution naturelle du marché. Ils nous ont d'abord taxé de gadget. Ils disent maintenant que nous ne sommes pas innovants. Demain, ils diront que nous dominons le marché et que nous détruisons leurs emplois (rire).
En savoir plus : lire le blog de John Newton.







Par Alain Risbourg







