Informatica voit au-delà de l'extraction de données, pour repousser la menace Open Source 

Le 13 novembre 2009 (17:06) - par Reynald Fléchaux

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Rubriques : Gestion des données - Open source - Editeurs - SGBD Tags : etl - qualite - opensource - informatica - talend - open-source - rachats - mdm - diard - cep

Concurrencé sur son cœur de métier - l'extraction de données - notamment par des solutions Open Source, Informatica, un des principaux éditeurs indépendants dans l'intégration de données, a musclé sa plate-forme à coup de rachats. Une stratégie concrétisée par la sortie de la version 9 de la solution maison, qui touche à la qualité des données, mais aussi à la gestion du cycle de vie des informations ou au traitement d'événements complexes.

Connectivité renforcée vers les mainframes, focus sur la qualité des données, apport de fonctions de gestion du cycle de vie de l'information, ajout d'un module de traitement des événements complexes (CEP), volonté d'amener des interfaces aux utilisateurs métier : à coup de rachats technologiques - sur un rythme de 2 à 3 par an - et de développements maison, Informatica muscle sa plate-forme pour dépasser ce qui est son coeur de métier historique, l'ETL (middleware permettant d'effectuer des synchronisations massives de d'informations d'une base de données vers une autre en mode batch). Une couche technologique où l'éditeur californien, fondé au début des années 90, est aujourd'hui attaqué par les grands noms de l'industrie du logiciel (Oracle avec Data Integrator, IBM avec Data Stage, SAP avec BusinessObjects Data Integrator, mais aussi Microsoft avec SQL Server Integration Services) ainsi que par des concurrents Open Source, comme SnapLogic ou Talend.

Open Source, simple pied à l'étrier ? La réponse de Talend
Contacté par LeMagIT, Bertrand Diard, co-fondateur et Pdg de l'éditeur Open Source, remarque : "les éditeurs propriétaires comme Informatica sont dans une position inconfortable, car les DSI challengent aujourd'hui toutes les solutions en place. Comme ces éditeurs peinent à créer de vraies innovations à l'intérieur de leur structure, leur stratégie consiste à acheter des bases clients, sur lesquelles ils tentent de vendre des modules complémentaires, et d'aller vers des fonctions plus connexes". Et le Français de remarquer que, lors de l'annonce de ses derniers résultats trimestriels, Informatica n'a mis en avant qu'un seul nouveau client en France (Resavacs, voir encadré ci-dessous), "alors que nous avons gagné environ 90 nouvelles références dans l'Hexagone". Et de citer le groupe France Télécom, Sofinco, Groupe Moniteur, Crédit du Nord, Pierre & Vacances, CDiscount, Picard Surgelés, la Préfecture de police de Paris ou encore Finaref. Signalons qu'en sus de son offre d'ETL, Talend a mis sur le marché une solution autour de la qualité des données et a effectué récemment un rachat dans la gestion des données maîtres (des technologies héritées d'Amalto). Une brique qui, selon Bertrand Diard, devrait être intégrée à l'offre dès janvier.
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"Avec le logiciel libre, nous avons des modèles complémentaires, plutôt que concurrents. Une société comme Talend est un amorceur, fournit une solution temporaire aux organisations", tempère le directeur général France d'Informatica, Didier Guyomarc'h. Bruno Labidoire, le directeur technique pour l'Europe du Sud, ajoute : "notre principal concurrent n'est pas l'Open Source, mais les développements spécifiques. C'est pourquoi nous voyons l'Open Source d'un bon œil, car il contribue à éduquer le marché". Et de mettre en avant la croissance de 9 % des ventes qu'a connu Informatica lors de son dernier trimestre fiscal (clos fin septembre) pour réfuter toute cannibalisation par le logiciel libre. Même si cette progression ne détaille pas la part des ventes provenant des sociétés rachetées récemment.

Connexion directe aux données de Salesforce

Si la version 9 de la plate-forme d'Informatica, annoncée hier, matérialise cette extension au-delà des fonctions cœur de l'ETL, "ce n'est pas un virage vers l'applicatif, nous restons un acteur de l'infrastructure", explique Didier Guyomarc'h. De facto, cette version consolide certaines des acquisitions récentes du Californien, notamment la gestion du cycle de vie des données applicatives (fruit du rachat d'Applimation) ou le CEP (rachat d'Agent Logic). Concernant ce dernier module, Bruno Labidoire explique : "les règles métier relatives aux données sont désormais centralisées au niveau de la plate-forme. Ce qui les rend actives sur tous les échanges". Par contre, la plate-forme ne dispose pas d'un module de MDM (Master Data Management, gestion des données maîtres), un segment où Informatica pourrait souhaiter se renforcer dans les mois qui viennent.

Selon Bruno Labidoire, cette version 9 se caractérise également par la généralisation des Web Services au sein de la plate-forme : "même des applications opérationnelles vont pouvoir solliciter directement nos fonctionnalités", explique-t-il. Informatica 9 reçoit également un connecteur natif pour Salesforce, l'outil de CRM en mode Saas. Un connecteur qui serait déjà en production chez trois clients français de l'éditeur, selon le directeur technique.

informatica9

Faire dialoguer DSI et métiers sur la qualité des données

Plus original, Informatica 9 embarque des interfaces à destination des responsables métier. Objectif : instaurer un dialogue entre DSI et utilisateurs sur la qualité des données. Via des interfaces Web dédiées, ces derniers accèdent à des tableaux de bord de résultats sur les traitements effectués par l'IT, peuvent gérer les exceptions ou effectuer des analyses. "En matière de qualité des données, on constate souvent que l'IT ne connaît pas les besoins métier, tandis que les utilisateurs considèrent que cette problématique relève de la seule DSI. La solution réside dans la collaboration", martèle Bruno Labidoire. Les projets tournant autour de la qualité des données représentent 30 % de l'activité de l'éditeur.

L'offre d'Informatica se décompose en une plate-forme globale d'intégration de données, bâtie autour du moteur d'ETL PowerCenter, et en une série de modules autonomes. Selon Didier Guyomarc'h, le ticket d'entrée tourne autour de 70 000 euros (sur l'offre de base autour de PowerCenter, accompagné d'accès à des bases sources et cibles). Le prix de la licence est fonction de la puissance maximale utilisée par l'application. Ensuite, la maintenance annuelle (20 % du coût de licence) fournie par l'éditeur intègre toutes les mises à jour des produits, y compris les évolutions majeures.

Resavacs se lance avec l'Open Source, puis s'en détourne

Utilisatrice depuis sa création en 2008 de la solution gratuite de Talend, Resavacs est une start-up spécialisée dans l'aggrégation d'offres de locations saisonnières provenant de partenaires. "Au lancement, la solution Open Source nous a permis de nous déployer, explique Florian Gheux, le directeur des opérations. Mais, avec la version libre de ce produit, il nous fallait trois semaines pour intégrer le flux d'un nouveau partenaire. Et lors d'un changement sur les flux existant, la maintenance était complexe".

Pour accompagner sa croissance, Resavacs évalue donc la version entreprise (payante) de Talend et le moteur d'Informatica. "Nous avons retenu la seconde solution, notamment pour sa connectivité à de nombreuses bases de données", explique le responsable. Car la start-up envisage aussi d'abandonner MySQL pour accompagner la croissance de ses volumes. Aujourd'hui, selon Florian Gheux, 70 à 80 % de l'application a été basculée vers le moteur d'Informatica (autour de la version 8.6 du moteur d'ETL), en seulement 35 jours homme. La jeune pousse prévoit de terminer la migration au 1er décembre.

"Certes la licence nous coûte cette année 20 % du budget de la DSI (qui emploie 6,5 équivalents temps plein, ndlr). Mais, sur trois ans, en incluant tous les coûts, Informatica est moins cher que la version payante de l'outil Open Source", plaide Florian Gheux.

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Pertinence du commentaire : 3
Par Vlade
 Le 16/11/2009 à 12:29
Bravo à Resavacs d'avoir le courage de dire qu'il paye des licences et que cela fait des économies !! Les entreprises aujourd'hui voient à court terme et prennent de l'open source juste afin d'éviter de payer des licences. Le vrai problème est que l'intégration ou le développement en interne représentent ensuite 10 à 50 fois plus de coûts que le logiciel et que l'économie du moment est désastreuse sur le long terme.
Il faut responsabiliser les DSI et prendre conscience qu'un projet, c'est tous les coûts, du début à la fin, et pas uniquement ce qui sort de la poche au moment du lancement du projet. Ces DSI et chef de projets open sources ont une vision bien simpliste du controle de gestion :-)

Vlad
Omondo
(Notre société bâtit sur l'open source afin d'utiliser des standards et non pas afin de faire du beurre sur l'intégration qui suit !!)
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Par Jérémie
 Le 16/11/2009 à 13:44
Dans le cas de la B.I. il ne faut pas croire que payer de la licence peut résoudre tous vos problèmes ! L'intégration et le développement en interne coûtera 10 à 50 fois le coût que vous soyez sur des modèles propriétaires ou Open Source .
Les sociétés comme Talend ne prennent effectivement pas grand risque à proposer leurs logiciels en Open Source mais les sociétés comme Informatica ou même Oracle font coup double en ramassant, et l'argent des licences, et
celui de l'intégration et de la formation plus parfois même un coût de support non compris dans celui des licences ! Le beurre , l'argent du beurre , la crémière et l'argent de la crémière !

Alors, quitte à payer à peu près le même budget, peut être qu'investir dans une boite Française et de ne pas concourir au déficit extérieur avec des coûts de licence inutiles et des adhérences sur le long terme sont de meilleurs arguments ?
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