Opinion : Google Chrome OS, le Minitel des années 2000  

Le 09 juillet 2009 (18:36) - par Christophe Bardy

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Rubriques : Poste de travail - Systèmes d'exploitation - Linux - Editeurs - Web 2.0 - Internet et outils Web Tags : google - linux - systeme-exploitation - Chrome OS

Finalement ce ne sera pas Google Linux mais Chrome OS, Google ayant pris soin, en annonçant hier son propre OS, de se distancier de Linux. Et que sera cet OS ? En fait rien d'autre qu'un noyau Linux et une couche graphique limitée à la seule exécution du navigateur maison, Chrome. Une sorte de Minitel des années 2000, dont la religion sera celle des applications Web. Pas de quoi rendre l'informatique meilleure ou plus intelligente...

L'usage en entreprise ajoute encore d'autre contraintes. Par exemple, certaines données ne peuvent être envoyées dans le nuage et doivent être traitées localement (sans compter l'historique applicatif non webisé et qui doit pouvoir compter sur des applications locales). Or il semble, en l'état, que Google veuille écarter le développement d'applications locales pour Chrome OS et privilégie les applications Web. Si cela se confirme, cela sera une vraie limitation de l'OS de Google.

Le nuage : pas si performant, pas si disponible et irrespectueux de la vie privée

Google avance ensuite l'argument des données dans le nuage. Certes mettre toutes ses données sur Internet permet d'y accéder depuis n'importe où pour peu que l'on dispose d'une connexion. Mais trois questions se posent. Tout d'abord celle de la performance. Certes, mettre un fichier Google Docs de 50 ko dans le nuage n'est pas un problème. Mais même avec un accès DSL moderne, envoyer dans le nuage 200 photos numériques de 5 Mpixels (soit environ 600 Mo) prend 1h30 – sans même évoquer le cas de la mobilité. Et c'est encore pire avec de la vidéo. Bien sûr une fois ce transfert effectué, le partage avec des proches devient plus simple...

Ensuite se pose la question de la disponibilité du nuage : une panne de connexion Internet ou une panne de l'infrastructure Google – cela n'arrive jamais, n'est-ce pas ? - signifie l'impossibilité d'accéder à ses données et donc de travailler dessus. Une forme d'écran bleu, version Google. Enfin se pose plus que jamais la question du respect de la vie privée. S'il se présente avant tout comme un moteur de recherche, Google est avant tout un vaste système de profilage de ses utilisateurs, un système de profilage utilisé pour maximiser les rentrées publicitaires. Les utilisateurs confieront-ils toutes leurs informations, tousleurs documents ainsi que la possibilité de suivre leurs actions à Google, avec à la clé un profilage encore plus précis de leur vie (ou pour les entreprises, de leur activité) ? Ce sera l'un des enjeux de Chrome OS. 

Pilotes, sécurité... Chrome OS : un OS comme les autres ?

Terminons enfin avec la question de l'installation des périphériques ou des mises à jour. L'OS de Google devra gérer des imprimantes, supporter des scanners, s'interfacer avec des appareils photos ou des appareils GPS. Il lui faudra supporter plusieurs types de processeurs, de cartes graphiques et audio ainsi sans doute que de multiples autres périphériques. C'est là la grande force de Windows que de disposer du plus large support en matière de pilotes et d'applications permettant de gérer des périphériques externes. Qu'en sera-t-il avec Chrome OS ? Quoiqu'il en dise, Google pourra difficilement faire l'économie d'un large support des périphériques existant sous peine de rejet de son système d'exploitation, une expérience vécue par les premières distributions Linux. Il lui faudra aussi mettre à jour ces pilotes, comme il lui faudra aussi mettre à jour ses fondations Linux et son navigateur en cas de faille de sécurité. Quoi qu'en dise Google, on voit mal comment Chrome OS pourrait être insensible aux problèmes qui frappent les autres OS.

Le réseau a de la valeur, mais le terminal doit-il être stupide ?

En attendant d'en savoir plus, rien ne sert donc de s'extasier sur le futur OS de Google. Pour l'instant, tout ce que l'on sait c'est qu'il s'agira d'une déclinaison de Linux limitée à la seule exécution de Chrome OS. Rappelons qu'il existe aujourd'hui des Linux bien moins limités (certes sans la marque Google) et que le fait de lier système d'exploitation et navigateur a causé bien des soucis à d'autres éditeurs eux-aussi en position de quasi-monopole sur leur marché. 

Terminons enfin en rappelant qu'avant le Web, le Chrome OS avait pour nom Minitel en France et terminal 3270 chez IBM. A l'époque, on vantait les mérites de l'informatique centralisée. Depuis, bien de l'eau a coulé sous les ponts et de mutiples tentatives similaires à celle de Google ont échoué. Les velleités d'OS de Netscape n'ont ainsi jamais abouti, pas plus que le rêve du Network Computer. Avec sans doute une leçon à la clé que devrait méditer Google : ce n'est pas parce que le réseau a de la valeur, que le terminal qui y accéde doit nécessairement être stupide.

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Par Simon
 Le 09/07/2009 à 19:17
Si seulement cette application pouvait se glisser dans une box/décodeur TV, plus besoin d'investir dans un micro-ordinateur envahissant avec toute son infrastructure (bureau), pouvoir consulter mes courriels et le web sur mon téléviseur avec un mini clavier/touchpad.
Car en fait un gmail, des google apps et un picassa suffit pour beaucoup de non férus de technologies.
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Par jmr
 Le 09/07/2009 à 19:26
une grande partie de la population en France (et sans doute de la planète) a juste besoin de lire ses mails, de surfer sur le Web et de stocker diffuser ses photos. De plus en plus d'applicatifs 2.0 permettent cela et bien au delà, y compris faire de la bureautique connecté à son serveur local.
il semble donc que beaucoup de papy's et mamy's vont être aux anges
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Par LeMac
 Le 10/07/2009 à 11:12
Cette chronique oublie complètement une caractéristique très importante de Chrome, et avant cela, de Google Gears : le mode offline. Depuis Gears, Google permet de synchroniser des données entre le nuage et le PC, et de faire qu'une application web mise en cache puisse exécuter ses traitements localement.
Ce n'est donc pas un OS plus bête, mais au contraire un OS qui rend le passage connecté/déconnecté transparent. OK, on ne fera pas les meilleurs jeux vidéo du monde sur cette plate-forme, mais il y a des consoles pour ça.
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Par dbug
 Le 10/07/2009 à 11:19
Je vous trouve trop critique, Chrome OS viendra avec Adobe Flash Player, Java, Mono (?) et tout ce que ces machines virtuelles permettent ... Bien assez pour le commun des internautes ! On est bien loin du minitel quand même ...

Et puis qui dit internet dit intranet, et pas que cloud ...
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Par jack
 Le 10/07/2009 à 14:13
Curieusement cet article n'envisage pas que les défauts actuels des OS soit précisément leur poids et leur complexité. Les couteaux suisses et autres Leatherman, boîtes à outils de poche ne sont pas de vrais outils, L'outil qui fait tout c'est un truc de bricoleur qui ne fait pas grand chose. De la même façon les OS obèses généralistes ne sont pas une solution valable...
D'ailleurs les commentaires sont éclairants : pour la plupart des utilisateurs en effet les fonctions de base sont bien suffisantes, si en plus on est débarrassé au passage des inconvénients majeurs que sont la lenteur, la sécurité, la gestion technique et le prix encore élevé des PC, c'est tout simplement un outil adapté aux besoins, sans frais supplémentaires, sans pannes stupides... Bref ça ressemble au PC parfait, celui qui est fait pour être utilisé.
Quand à la retouche photo, le montage vidéo ect... dont si peu ont l'usage il reste une solution; faire tourner Chrome sur une machine virtuelle et un autre systéme sur une autre. En terme de sécurité ça permet d'isoler l'activité internet, ça permet aussi d'optimiser les autres activités.
La confusion entre OS et interface à la vie dure, un OS ça n'a pas besoin d'être intelligent, ça doit juste savoir lire et écrire sur les entrées sorties, gérer la mémoire et passer les programmes au processeur... Le reste c'est de l'interface, ceux qui pensent le contraire ont été contaminés par Microsoft ! Il serait temps que la dictatures des "Geeks" soit disant "power users" cesse un peu et que les PC cessent d'être des gadgets coûteux et inefficaces. Pour l'instant c'est l'utilisateur Lambda qui paie pour quelques technophiles.
C'est justement une des révolutions apportées par Linux, de pouvoir à partir d'un noyau (l'OS) ajouter une interface et des modules externes choisis en fonction des besoins. Google l'a bien compris et tente d'en profiter.
Sur ce point je suis d'accord avec l'article, aprés Microsoft et ses formats propriétaires (entre autre) qui prend en otage les données utilisateur, une nouvelle méthode apparaît dont le résultat serait le même, la séquestration des données par un fournisseur hégémonique. La encore des solutions existent d'autres sont à inventer...
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Par hentox
 Le 15/07/2009 à 19:07
Que l'on m'arrête si je me trompe mais google n'a t-il pas destiné cette OS aux netbooks ? Pourquoi parle t-on des données sensibles stockées dans le cloud ? Comme dit dans les autres postes ya un besoin simple (lecture de mail, surf) pour les nomades et c'est à ça que correspond l'os. Faut arrêter de trop extrapoler :s
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Par Plaristote
 Le 15/07/2009 à 20:12
Sans vouloir être cinglant, cet article est décevant.
Bravo au rédacteur donc, vous êtes totalement à coté de la plaque. Bien sur, vous citez une POSSIBILITE, ce qui va se passer si Google se plante, ce qui va se passer si les développeurs de Google avaient aussi peu d'imagination que ceux de Microsoft.
Mais moi je pense que ce n'est pas le cas. Je pense que les développeurs de Google sont plus créatifs que ça. Et je ne le suis peut-être pas autant qu'eux, mais j'arrive quand même à entrevoir des dizaines de possibilité que le rédacteur de cet article n'a visiblement même pas entrevu...

Par exemple... qui a dit qu'une application "web" ne pouvait pas être locale ?
Google a dit que les applications seraient codé en langage web. Cela veut-il forcément dire que les applications seront toutes on-line ? Absolument pas. Ca veut juste dire qu'elles POURRONT l'être, et que dans tout les cas elles seront inter-opérables. Mais certainement pas qu'il faudra être connecté pour y accéder, ni même que les données enregistrée seront toujours sur un serveur distant, ni même que ces données n'auront aucun moyen d'être cryptée - même si ça, ce sera probablement pas le cas.
Bref, Christophe Bardy n'a de toute évidence jamais codé d'application web et ne peut donc pas se prononcer sur un OS qui fonctionnera uniquement avec ce genre d'applications... ou alors il ne voit pas plus loin que le bout de son nez.
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