Le gouvernement lance une consultation sur l’Internet du futur 

Le 20 mai 2009 (17:08) - par Valery Marchive

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Rubriques : RFID et Internet des objets - Législation - Web 2.0 - Internet et outils Web Tags : gouvernement - france - internet - hadopi - nkm - loppsi

« Recueillir l’avis de l’ensemble des acteurs concernés par [le thème de l’Internet du futur] : universitaires, chercheurs, grandes entreprises, PME, société civile… » C’est la volonté affichée du gouvernement avec son invitation à une consultation publique sur l’Internet de demain. Le tout sous l’égide conjointe de Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Luc Chatel, Secrétaire d’Etat à l’Industrie et la Communication, et Nathalie Kosciusko-Morizet, Secrétaire d’Etat à l’Economie numérique.

Dans un communiqué, le gouvernement précise vouloir identifier les thématiques relatives à ce concept d’Internet du futur et évoque, pêle-mêle, « technologies du cœur de réseau, réseaux d’accès, réseaux spontanés, Internet des objets, contenus, usages et services… ». Sécurité et qualité de service sont notamment mises en exergue.

Une initiative ambitieuse, de par l’étendue des sujets concernés, qui risque de soulever de nombreuses interrogations, sinon des suspicions, après le feuilleton Hadopi et le projet Loppsi. Alors que ce dernier s’annonce comme une nouvelle étape du verrouillage du Web par le gouvernement français, celui-ci, dans le communiqué annonçant sa consultation publique sur l’Internet du futur, explique que « ces évolutions devront aussi préserver les principes fondamentaux de neutralité, d’ouverture et d’interopérabilité qui ont permis à Internet de devenir le principal réseau d’échange d’information ». Une aimable déclaration d’intention suffisante pour rassurer un écosystème qui s’est construit, jusqu’ici, avec une intervention réduite des Etats ?

La consultation est ouverte, en ligne, jusqu’au 13 juillet 2009.

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Par pgautier
 Le 20/07/2009 à 08:05
Tout comme la Commission Européenne, le gouvernement Français cherche ici à se projeter dans le long terme pour définir une politique d’accompagnement : en lançant cette consultation il est dans son rôle, qui pourrait le lui reprocher ?...

Cependant, compte tenu du sujet éminemment complexe (Internet), cette démarche consultative – dans sa formulation - n’est-elle pas ambigüe ?
En réfléchissant à ce sujet, j'identifie deux types de réponses possibles :

1)
La première (« gourou ») consiste à développer des visions de l’Internet du futur et, moyennant un «gap analysis», déduire les axes à développer en matière de R&D, investissements, positionnement, formation, etc.
Cette réponse est celle qui, d’ordinaire, préside au pilotage des politiques en matière de R&D des grands états, on la retrouve plus rarement dans l’élaboration des stratégies industrielles des acteurs économiques (plus pragmatiques).
Elle est utile en matière de recherche fondamentale (horizon >5 ans), peu efficace en recherche appliquée (horizon 2-5 ans) et «hors sujet» en deçà de ces délais.
Ce contexte est souvent propice à l’expression initiale des «gourous» qui disposent de la «vision du futur» (ou de bons appuis politiques) et nécessite de parier sur le futur.
L’histoire nous enseigne que la majorité de ces prédictions sont souvent réfutées par la suite…
Les réponses jugées les plus pertinentes (ou les mieux soutenues) sont alors utilisées comme objectifs et la politique mise en œuvre s’attache à définir les réponses – souvent normalisées ou standardisées - permettant de passer des «savoirs et moyens existants» aux «projections retenues comme objectifs».
Cette approche peut brider la créativité de certains concepteurs mais permet à tout un écosystème (officines de R&D, grands acteurs économiques, spécialistes du lobbying, associations, organismes de normalisation, etc.) de prospérer et (sur)vivre.
Elle occulte néanmoins une réalité souvent observée : celle de l’émergence d’innovations latentes qui créent des ruptures et se traduisent – dans le secteur marchand – par des success stories et des «standards de fait» (je ne donnerai pas de noms).

Je cite pour l’exemple l’analogie suivante : «Un enfant naît en 1950. Ses parents prédisent qu’il voudra devenir écrivain. Ils mettent donc tout en œuvre pour améliorer les moyens existants : stylo encre, papier, etc. En 1978, l’ordinateur se généralise et, qui plus est, l’enfant préfère danser plutôt qu’écrire des romans…»

2)
La seconde, plus pragmatique, consiste à faire observer par des experts objectifs les développements déjà engagés par les acteurs de l’Internet (acteurs directs et indirects).
En fonction de la pertinence de ces développements et selon un constat « a posteriori » (et non « a priori »), il s’agit donc de verser des aides adaptées (déconnectées de tout clientélisme ou lobbying) et se référant à une grille de lecture faisant référence (système de valeurs communes).
Il ne s’agit là que de favoriser des évolutions « systémiques » (ou Darwiniennes) de sélection et d’auto-organisation naturelles : les idées inadaptées ou farfelues disparaissant d’elles-mêmes.
Cette réponse (approche) est plus axée sur les écosystèmes relatifs à l’entrepreneuriat et un peu moins sur ceux qui relèvent de la « voyance ».

En parallèle, la question à poser n’est pas :

« Que deviendra l’Internet dans X années » ?

Mais :

« Comment, en avançant, nous allons identifier les bonnes opportunités et gérer la cohésion d’ensemble (sécurité, déontologie, …) » ?
Pour les lecteurs empreints de « systémique », la question est donc « comment allons-nous piloter (gérer, assister…) l’auto-développement de l’Internet » ?

Je reprends, pour l’exemple, l’analogie suivante : « Comment – en tant que parents – allons-nous piloter (assister) le développement de notre enfant ? Quelles valeurs allons-nous lui transmettre ? Comment allons-nous développer ses capacité d’adaptation ?, … »

Notre objectif est en effet de l’autonomiser afin qu’il puisse donner, une fois adulte, le meilleur de lui-même…

Philippe GAUTIER (www.business2any.com)
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