Les patrons de l'industrie IT de plus en plus critiques face à la "méthode Sarkozy" 

Le 06 avril 2010 (10:01) - par Reynald Fléchaux

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Rubriques : Législation - SSII - Editeurs - Economie Tags : gouvernement - sarkozy - besson - syntec - nkm - mounet - grand-emprunt - cnn

Entre l'exécutif et les patrons de l'économie numérique, la lune de miel est bel et bien terminée. Place à la défiance. Syntec Informatique, la chambre patronale des SSII et éditeurs, dénonce l'empilement des rapports, la multiplication des commissions et autres réflexions, débouchant sur des pistes intéressantes... rarement explorées sur le terrain.

Certes, le nom du président de la République n'a pas été prononcé lors de la conférence semestrielle que la chambre patronale des SSII et éditeurs, Syntec Informatique, tenait la semaine dernière. Mais les critiques très directes de Jean Mounet, le président de la chambre professionnelle, visent bien directement la "méthode Sarkozy". En cause, dans l'économie numérique comme ailleurs : la multiplication des annonces... peu suivies d'effets. Jean Mounet parlant de défaillances en la matière : "la France a des idées, mais peu de suite dans les idées", a-t-il ironisé.

Et de dénoncer la multiplication des réflexions, rapports et autres commissions, qui, même intéressantes, se traduisent peu en actes. "Tous les grands états avancés disposent d'un organe de réflexion sur les technologies de l'information, organe destiné à conseiller le gouvernement. En France, Jean-Pierre Raffarin avait ainsi créé le CSTI. Le rapport Besson (du nom de l'actuel ministre de l'Immigration, alors secrétaire d'état à l'Economie numérique) préconisait d'aller plus loin, d'accroître les responsabilités de cet organe, avec la création d'un Conseil national du numérique (CNN), remplaçant le CSTI. On a bien fait disparaître ce dernier, mais on a oublié de recréer le CNN", s'énerve Jean Mounet.

Taxe professionnelle, symbole d'une incompréhension grandissante

Et d'empiler pêle-mele les exemples pour montrer ce décalage entre le volontarisme affiché et les décisions. Comme le rapport du député UMP Pierre Lasbordes sur la télé-santé, rapport commandé dans l'urgence : "ce rapport très complet a été rendu le 15 octobre dernier. On est le 1er avril ; depuis, il ne s'est rien passé." Même charge concernant les recommandations de la commission Attali : "Parmi les 315 propositions de cette commission, certaines ont été mises en place, d'autres pas. Et on est déjà reparti sur une commission Attali 2. J'aurais préféré qu'on finisse la mise en place des recommandations de la première commission."

Pourtant chouchou du patronat du secteur lors de l'élection présidentielle de 2007, Nicolas Sarkozy n'a pas, depuis, laissé que de bons souvenirs. Au-delà des rapports enterrés ou d'un CNN toujours dans les limbes, c'est surtout la réforme de la taxe professionnelle, contre laquelle s'est élevée la fédération Syntec dans son ensemble, qui est restée en travers de la gorge de la profession. La cotisation sur la valeur ajoutée, qui remplace la taxe professionnelle, handicape lourdement les entreprises de services, martèle Syntec. Selon Jean Mounet, "pour une PME de quelques centaines de personnes, cela peut représenter une multiplication par trois des sommes versées". A cela s'ajoutent des états généraux de l'Industrie qui n'ont pas laissé un souvenir impérissable : si le remboursement anticipé du crédit impôt recherche a été confirmé, Syntec Informatique attendait l'annonce d'un crédit impôt innovation, qui aurait permis de prendre en compte dans le dispositif plus de dépenses de R&D. Il n'en a rien été.

Le Grand Emprunt entretient l'espoir

Si les critiques fusent, Syntec Informatique et le secteur dans son ensemble se raccrochent encore à un espoir, le Grand Emprunt. Elevé au rang de priorité nationale, avec un investissement direct prévu de 4,5 milliards d'euros pour la société numérique (infrastructures à haut débit et contenus), les TIC devraient aussi bénéficier des enveloppes consacrées aux PME innovantes, à l'éducation, à la recherche, voire au développement durable (via les éléments technologiques associés). De facto, après l'annonce des priorités d'investissement par Nicolas Sarkozy en décembre dernier, tant Syntec Informatique que l'Association française des éditeurs de logiciels (Afdel) s'étaient réjouis des arbitrages rendus. Reste maintenant à vérifier que ces arbitrages ne seront pas remis en cause et que les fonds promis seront bien au rendez-vous...

Mardi dernier, à l'occasion d'un déplacement à Rennes, la secrétaire d'Etat au Développement de l'économie numérique, Nathalie Kosciusko-Morizet, et le commissaire général du Grand Emprunt, René Ricol, ont justement tenté de dissiper le flou qui entoure encore les modalités d'attribution des fonds. Ce dernier a expliqué être en train de dépouiller les réponses à la consultation publique sur le volet infrastructures à haut débit (2 milliards prévus). Et a promis le lancement de la consultation sur les contenus en mai, pour des appels à projet (devant donc déboucher sur le choix des dossiers) prévus avant l'été. Une série d'étapes opérationnelles où l'exécutif ne devra pas trébucher s'il veut retrouver la confiance des patrons de l'IT.

En complément :

- Jean Mounet, Syntec Informatique, après le discours de Nicolas Sarkozy : « maintenant, on aimerait de l'action »

- Les voeux de Syntec au gouvernement : moins de communication, plus d'action

- Grand Emprunt : le numérique devient l’une des cinq priorités nationales d’investissement

- Syntec s’en prend à la cotisation sur la valeur ajoutée, remplaçante de la taxe professionnelle

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Par Vagabond
 Le 06/04/2010 à 11:04
Notre président est plus affairé à contrôler le Buzz autour de ses histoires de C.. que de la bonne marche des industries Hight tech en France !
Quand à sa cour, elle continue à démontrer sa parfaite incompétence dans ces domaines (HADOPI, LOPSI ..) et il ne suffit pas de mettre une polytechnicienne sur Twitter pour rattraper les imbécillités journalières d'un Frédéric Lefèbvre qui fait le bonheur des journalistes dans les dîners de cons ou les discours approximatifs d'un garagiste rapporteur à l'assemblée nationale qui s'essaye à l'informatique comme mon beau frère à la vidange de sa Renaut 12 !
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Par citoyenactif I
 Le 07/04/2010 à 12:23
Le sarkozysme, qu'est que c'est : Partie émergée de l’iceberg présentialiste. Illustre jusqu’à la caricature ce culte du présent. Partout, tout le temps, ici, maintenant, le locataire de l’Elysée est présent… il est LE Présent. Cet hyper-président est avant tout l’omni-présent. Il est le principal ordonnateur d’un nouvel Etat… d’urgence

Il est le résultat , dans un monde saturé de stimuli où la publicité, la consommation, la télévision, des technologies toujours plus nombreuses et invasives... nous invitent à vivre en mode "présent", comment penser l'avenir ? Comment cette urgence normalisée s'est imposée ? Quelle conséquence a-t-elle sur notre façon de vivre et d'être ensemble, sur notre environnement, sur notre planète ?
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Par citoyenactif I
 Le 07/04/2010 à 12:26
voir La dictature de l'immédiateté : http://citoyenactif.20minutes-blogs.fr/archive/2010/01/25/la-dictature-de-l-immediatete.html
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Par mitsamy
 Le 07/04/2010 à 12:54
Chez nous la méthode Sarkozy devient de plus en plus impopulaire. Les patrons de l'industrie IT de plus en plus critiques face à la "méthode Sarkozy". Ils se voulaient le président de la rupture, il n'a été que celui de la continuité.
Les réformes d'Obama, ne se voit pas pour la bonne et simple raison qu'éviter que la crise empire n'est pas suffisant pour rebouster une économie, lié a une économie mondiale paralysé. Les américains de gauche ayant voté pour lui sont déçu et ceux de droite sont revigorés.
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Par syam
 Le 07/04/2010 à 13:06
Les patrons de l'industrie IT, représente un mécontentement générale qui dépasse le seul cadre associatif, vert et syndicaliste, de plus en plus critiques face à la "méthode Sarkozy". Ils se voulaient le président de la rupture, il n'a été que celui de la continuité.
A vouloir trop controler les médias et a vouloir gérer tout les problèmes en même temps, il s'est retrouver bloquer et a déplu a tout le monde. A cela s'ajoute les dérives racistes des memebres de son gouvernement dont il n'a pas su gérér et le modèle autoritaire.
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Par ana
 Le 07/04/2010 à 13:12
Que ce soit Obama ou Sarkozy, se retrouve bloquer et créer donc des déçus face a une situation économique qui n'améliore et n'aide pas au réforme. Sarkozy avait promis de ne pas augmenter les impôts, mais au vu des déficits colossaux dans toute l’Europe.
La croissance de la zone euro revue à la baisse au 4e trimestre
BRUXELLES (Reuters) - L'activité économique a finalement stagné dans la zone euro au quatrième trimestre, attestant de la fragilité de la reprise, selon les chiffres révisés publiés par Eurostat.
Le produit intérieur brut (PIB) est resté stable durant les trois derniers mois de 2009 par rapport aux trois mois précédents, alors qu'une croissance de 0,1% avait été annoncée en première estimation.
En variation annuelle, le PIB s'est contracté de 2,2%, soit un peu plus que les 2,1% initialement annoncés.
Seule la croissance des exportations et des stocks a empêché la zone euro de subir une contraction en rythme trimestriel. La contribution des stocks à la croissance a été de 0,1 point et la contribution nette des échanges commerciaux de 0,2 point.
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