Internet, une cocotte-minute écologique au bord de l'explosion 

Le 04 mai 2009 (17:26) - par Cyrille Chausson

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Rubriques : Green Datacenters - GreenIT - Web 2.0 Tags : greenit - google - couts - internet - energie - youtube - panne - electricite - datacenters

Un groupe de scientifiques presse les acteurs IT à réduire leur empreinte carbone sous peine de surchauffe économique et écologique. Un cri d'alarme adressé à tous les détenteurs ou utilisateurs de datacenters pour imposer (enfin) une diminution de la consommation énergétique. Et leur éviter ainsi de scier la branche sur laquelle ils sont assis. Message transmis notamment à Google.

Un Internet en surchauffe qui pourrait griller l'ampoule Google. Face à un réseau mondial en perpétuelle progression, tant en termes de nombre d'utilisateurs que d'usages, les dépenses pharaoniques en énergie nécessaires pour accompagner cette croissance pourraient bien finir par faire sauter l'écosytème entier du réseau des réseaux. C'est ce que révèle un groupe de scientifiques et d'industriels de l'IT dans un article du quotidien anglais The Guardian, qui estime que cette accroissement des coûts, provoqué par les monstrueuses infrastructures du Net, risque à terme de faire disparaître des sociétés clé de l'Internet... comme Google. Les scientifiques réclament  haut et fort une diminution de l'empreinte carbone d'Internet.

Selon le quotidien anglais, « avec plus de 1,5 milliard d'utilisateurs en ligne dans le monde, les scientifiques estiment que l'empreinte énergétique d'Internet augmente de plus de 10 % par an ». Face à ce constat, et au regard de la récession, les budgets liées aux dépenses énergétiques apparaissent de plus en plus élevés, par rapport à des rentrées d'argent qui, elles, diminuent. Et de citer en exemple YouTube, dont les faibles recettes publicitaires générées par son propriétaire, Google, ne parviennent pas à contre-balancer les coûts de sa pantagruélique infrastructure de diffusion de vidéo en ligne. The Gardian, en se basant sur des chiffres du Crédit Suisse, parle d'une perte de 470 millions de dollars cette année. A l'échelle mondiale, cette difficulté à monétiser les audiences, lacune propre au Web 2.0, pourrait tout simplement provoquer la perte des acteurs phares.

Pannes d'électricité, instabilité du réseau : le scénario catastrophe

Mais ce n'est pas tout. C'est l'infrastructure matérielle d'Internet qui pourrait s'en trouver ébranlée, entraînant alors dans sa chute - ou dans son instabilité chronique -  les acteurs qui y ont bâti leur modèle. The Guardian parle ainsi d'interruptions de sites Web et de perturbations dans les communications, ainsi que des coupures d'électricité et de pannes partielles des fournisseurs d'énergie. Bref, un scenario catastrophe.

Ce pavé dans la mare jetté par quelques scientifiques vient doucher un marché qui tente depuis des mois de faire rimer datacenter avec GreenIT. Sans pour autant y réussir, comme le souligne Subodh Bapat, vice président chez Sun, cité dans l'article qui – de façon très surprenante -, explique que « chaque serveur consomme plus de watt que la précédente génération et chaque watt vaut plus cher ». Le responsable de la société californienne (récemment avalée par Oracle) prend à rebrousse-poil les discours défendus jusqu'alors par les constructeurs IT.

Une récente étude de la société britannique de conseil Tariff Consultancy faisait état d'une augmentation de 8 % des tarifs d'hébergement dans les datacenters, hausse provoquée notamment par un alourdissement des coûts (de l'ordre de 20 %) liés à l'électricité. Une autre étude d'un chercheur de l'université de Harvard a récemment expliqué que deux recherches réalisées sur Google – avec à chaque fois plusieurs requêtes - pouvaient générer la même dépense énergétique que de faire bouillir une bouilloire d'eau. Soit 7 grammes de CO2 par recherche, résultat que conteste Google.

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Par zipman
 Le 04/05/2009 à 19:21
Le coût énergétique de notre utilisation du net devra aussi être posé. L'envoi de photos non compressées, ou de blagues powerpoint (pps) ou autres fichiers sans s'interroger ni sur la surcharge des "tuyaux", ni sur la consommation énergétique induite doit être pesé en terme d'impact sur la planète. Sans vouloir faire de l'écologie primaire, il n'est pas inutile, à mon avis, de rationaliser notre utilisation du réseau, initialement prévu pour l'éducation et la recherche...
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Par Emmanuel
 Le 06/05/2009 à 10:49
l'empreinte écologique doit être relativisé. Que devons nous privilégier, l'accès à internet et favoriser les nouvelles démarches visant à utiliser les tic et favorisant des baisses des déplacements, favoriser les démarches de web conférence etc... ou bien supprimer les recherches TIC et continuer les déplacements via voitures, avion etc...
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Par Alex
 Le 06/05/2009 à 11:56
Les TIC ont révolutionné les échanges ; il serait bien difficile de revenir en arrière. Mais après tout, on explique bien au public l'impact écologique d'une conduite nerveuse et d'une vitesse excessive, pourquoi celui-ci ne serait-il pas sensibilisé à l'impact écologique de son activité internet ? Il n'y a que spécialistes IT pour qui le fonctionnement d'internet est clair qui mesurent ce qui se cachent derrière l'envoi des photos de vacances...
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Par Sense
 Le 06/05/2009 à 12:09
Attention aux amalgames et à ne pas rater la cible, comme c'est souvent le cas dans les échanges sur le "Green IT", prise de conscience récente.
- Oui l'IT (les usages) rend et rendra d'immenses services pour une meilleure maitrise environnementale (rationalisation logistique, efficacité energétique des bâtiments, etc.) mais ce n'est pas le débat sur le green IT. L'IT est un outil d'intelligence environnementale, mais qui doit être optimisé, notamment puisque son développement est nécesssaire.
- Oui l'IT a un "poids environnemental" qui n'est pas nul et il est sain de s'en préoccuper. C'est possible et des progrès seront faits très rapidement puisque c'est une préoccupation toute récente.
- Oui les professionnels (constructeurs de serveurs et de terminaux) nous donnent l'impression de tatonner. On lit qu'à la fois des solutions existent mais restent dans les labos de R&D des grands constructeurs (dixit l'Ademe), et on entend les constructeurs les plus engagés dire que c'est le marché (les acheteurs) qui n'est pas prèt.
- Oui la consommation des centres de données est aujourd'hui l'un des (4) sujets les plus visibles du Green IT et on a naturellement tendance à se concentrer dessus, aussi pour des impératifs de "bonne gestion" (coûts, sécurisation). C'est bien évidemment au gestionnaire des infrastructures (entreprise, ISP, propriétaire des données) de trouver des solutions. Au passage les analogies sont à prendre avec des pincettes en fonction de l'objectif que l'on recherche ("l'ensemble des data centers de Google consomme l'équivalent de la ville de Grenoble", "la consommation moyenne d'un avatar actif sur second life est égale à celle d'un citoyen Brésilen", etc.).
- NON je ne crois pas que les meilleurs leviers soient aujourd'hui un problème de comportement ou d'éducation de l'utilisateur final vis à vis des services. Apprenons à regarder la consommation du PC que nous achetons, éteignons notre PC au bureau en partant, demandons à nos opérateurs télécom d'avoir des mobiles ou des box DSL basses conso à leur catalogue... mais ne nous censurons pas dans les usages d'internet. Dira-t-on qu'il faut limiter le nombre de cahiers envoyés dans les écoles africaines pour préserver la forét ?
Les solutions les plus simples à mettre en oeuvre sont techniques et c'est au propriétaire du service (l'informatique d'entreprise, second life, google earth...) de faire ses choix.
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Par cockpit
 Le 11/05/2009 à 10:21
Comme d'habitude, c'est la vue d'ensemble qui est oubliée : Internet c'est aussi la diminution des déplacements, une productivité accrue, plus d'arbres car moins de papier,... C'est comme la suppression des ampoules à incandescence parce qu'elle chauffent au lieu d'éclairer. Oui, mais voilà : ce qu'elle chauffe n'est plus à chauffer...
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