Bruno Legeard, Smartesting : "le test connaît aujourd'hui sa révolution industrielle" 

Le 04 septembre 2009 (09:10) - par Reynald Fléchaux

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Rubriques : Développement, maintenance et recette - SSII - Inde Tags : hp - ibm - offshore - steria - sopra - accenture - logica - tests - sogeti - atos-origin - éditeurs - recette

Pour le directeur technique de l'éditeur Smartesting - et professeur de génie logiciel à l'université de Franche Comté -, le test fonctionnel, où il s'agit avant tout de valider la bonne intégration d'une application à un SI et sa bonne adéquation aux besoins fonctionnels des utilisateurs, ne peut plus être le parent pauvre du développement. Tout simplement parce que les budgets qui lui sont consacrer ces dernières années sont en expansion constante. Seule solution selon lui : industrialiser les tests, via des méthodes, des outils et des équipes dédiées.

LeMagIT : Sur quels domaines de la chaîne du test interviennent les prestataires ?

B.L. : Tant sur la qualification fonctionnelle, qui est réalisée en même temps que le développement pour vérifier que les exigences sont couvertes, que sur les tests de recette métier, qui s'assurent que les principaux processus métier sont traités correctement. Si les seconds s'effectuent souvent à l'intérieur des équipes MOA, les premiers peuvent être pris en charge en centres de services. Par le prestataire chargé du développement - j'ai l'impression que c'est d'ailleurs la tendance, tout risque de dérive étant écartés par des audits des plans de test - ou par une seconde SSII.

LeMagIT : Quel est le poids de l'offshore dans cette activité ?

B.L. : Il est considérable dans le monde anglo-saxon. Dans un marché mondial pesant environ 13 milliards de dollars selon Gartner, les Indiens en contrôlent 40 %. Sur le marché français, on est évidemment très loin de ce niveau, du fait de la barrière linguistique. On peut estimer que la part des tests réalisés offshore est similaire à la part des développements déjà délocalisés. Et je ne pense pas que cela soit plus difficile à gérer. Les prestataires indiens, dont certains comptent des plateaux de tests employant jusqu'à 1 000 personnes, amènent beaucoup d'automatisation, ce qui s'avère intéressant pour la non régression ou l'exécution de tests. Mais les SSII locales, comme Atos, Sogeti ou Accenture, ont su répliquer à ces véritables usines à tests indiennes et cette évolution intégrant du nearshore ou de l'offshore. Toutes sont désormais capables d'adresser l'ensemble du spectre.

LeMagIT : Avec ses nombreuses itérations, le développement agile ne chamboule-t-il pas les activités de tests ?

B.L. : Il l'a remis en valeur ! Car l'organisation doit développer une capacité à tester chaque itération. Ce qui impose une plus grande automatisation, des méthodes, des outils, permettant de faire par exemple un test de non régression toutes les trois semaines. Même ainsi industrialisés, le budget des tests augmente un peu avec l'agilité, même si ces méthodes de développement intègrent une dimension centrée sur la qualité du code.

En savoir plus :

Industrialiser le test fonctionnel, par Bruno Legeard, Fabrice Bouquet et Natacha Pickaert, aux éditions Dunod.

 
Smartesting, un essaimage universitair

Le projet Smartesting est né au sein du laboratoire informatique (CNRS/INRIA) de l’Université de Franche-Comté. Créé en 2003, alors sous le nom de Leirios, l'éditeur commercialise un produit permettant d'automatiser la conception des plans de tests à partir des spécifications fonctionnelles. Un logiciel qui travaille en complément des principaux outils du marché comme HP Quality Center ou IBM Rational Quality Manager.Rebaptisée en 2008, la société a réalisé cette même année un million d'euros de chiffre d'affaires. Et a budgété un doublement de ce chiffre pour 2009.

Présent chez des grands comptes (BNP, SNCF) ou des intégrateurs (Sogeti, Atos), Smartesting a aussi créé une filiale en Inde en 2008 afin de cibler les prestataires indiens. Avec pour ambition de réaliser 25 % de son CA sur le sous-continent dès 2010. Focalisé sur les systèmes d'information, plutôt que sur l'embarqué, la société travaille aussi avec SAP pour proposer des modèles de tests génériques pour cet environnement ERP. Objectif : faciliter les tests de non régression. "Pour les utilisateurs SAP, le coût des tests est devenu un frein à la migration", explique Bruno Legeard.

 

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