LeMagIT : On dit souvent que le test est le parent pauvre du développement, l'activité qui voit le plus souvent ses budgets rognés. Cette situation perdure-t-elle ?
Bruno Legeard : La situation est paradoxale. Historiquement, c'est vrai que le test est le parent pauvre du développement. Mais c'est aussi une activité dont les coûts n'ont fait qu'augmenter au fil des ans. Selon la dernière étude de Pierre Audouin Consultants, le marché de la sous-traitance centrée sur cette activité, qui sert de baromètre au marché, a crû de 12 % en 2009. D'autres études montrent que le budget de l'assurance qualité atteint en moyenne 30 % du budget global de développement d'un applicatif, soit plus que la production du code elle-même, estimée généralement à 25 % du total. Il y a quelques années seulement, ces ratios étaient inversés. Plusieurs éléments se conjuguent pour expliquer ce phénomène. D'abord l'industrialisation du développement proprement dit a commencé plus tôt, au cours des années 90 ; ce qui a contribué à faire baisser ce poste budgétaire dans la facture totale. D'autre part, avec l'évolution de l'IT, le recours aux ERP s'est accru. Et, avec eux, on produit beaucoup de fonctionnel complexe avec un coût de développement plus faible. Mais le besoin de qualification, lui, reste inchangé.
| Le marché du testing en France |
| Selon PAC, le marché français du testing (on parle aussi parfois de TRA, tierce recette applicative) se monte à environ 500 millions d'euros pour les prestataires. Le cabinet prévoit une croissance annuelle aux environs de 10 % jusqu'en 2012. Le top 3 est occupé par Sogeti, Atos-Origin et Steria, suivis par Logica, Accenture et Sopra. |
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B.L. : Depuis le début des années 2000, des efforts ont été entrepris pour maîtriser ce poste budgétaire. Tant sur l'organisation, la professionnalisation des métiers du test, que sur l'outillage ou le recours à la sous-traitance. 80 à 90 % des grands comptes du CAC 40 disposent aujourd'hui d'équipes spécialisées, travaillant avec des méthodologies de création de référentiels de test en rapport avec les besoins fonctionnels de l'entreprise et avec les risques associés à la future application. La plupart des organisations affichent une vraie maturité dans la gestion de leurs référentiels, avec des outils dédiés remplaçant Word et Excel, des données centralisées et des accès distribués. En amont, la création et la maintenance des plans de tests restent des points de peine. Tout comme l'exécution automatique des tests, qui, en aval, donne encore des résultats mitigés.
LeMagIT : Quels sont les segments sur lesquels se concentre aujourd'hui la recherche universitaire ?
B.L. : Dans le domaine du test unitaire (réalisé par les équipes de développement, ndlr), on travaille surtout sur les techniques de vérification automatique des propriétés du code. Dans le segment du test fonctionnel, les travaux portent sur la génération du plan de test d'une part, et sur l'automatisation de l'exécution des tests d'autre part. C'est sur la première de ces deux activités qu'intervient Smartesting. A partir des spécifications fonctionnels, via une modélisation UML des comportements métier attendus, notre outil accélère la création du plan de tests. Et le met à jour à chaque évolution de l'application.














