Dossier stockage : à chacun sa classe de service (1ere partie)
Sept ans après la vague marketing de la gestion du cycle de vie des informations (ILM) en 2002 et 2003, le discours des constructeurs est désormais en phase avec leurs offres - preuve qu'il ne faut désespérer de rien. A l’époque, et afin de faire face à l’explosion du volume des informations non-structurées dans l’entreprise (leur volume venait de dépasser celui des données structurées), les constructeurs recommandaient aux entreprises de travailler à la classification de leurs données en fonction des niveaux de services attendus. Ce travail effectué, ils conseillaient ensuite de diversifier la nature de leurs équipements de stockage afin de fournir des classes de services adaptées aux critères de performances et de coûts requis par chaque type d’information. Le problème est que leur offre de stockage était encore très largement monolithique.
Depuis les choses ont bien changé. Tout d'abord l'irruption des disques SATA dans les baies de stockage a permis aux entreprises de disposer au sein d'une même baie de plusieurs classes de stockage et en l'occurrence, d'une classe de stockage plus abordable et mieux à même d'héberger leurs Teraoctets voire peta-octets de données non structurées. Ensuite les mécanismes de gestion de la qualité de service et des performances se sont multipliés dans les baies de stockage. Parallèlement la gestion des baies de stockage s'est simplifiée et la mobilité des données au sein de ces équipements s'est accrue, ce qui a permis d'automatiser plus facilement les mouvements de données d'une classe de stockage à une autre. Aujourd'hui, rares sont encore les grandes entreprises qui gèrent encore leurs données de façon monolithique. La plupart structurent aujourd'hui leur stockage pour faire face aux besoins de leurs différentes applications (disques Fibre Channel pour les applications critiques à fort besoin de performance, disques SATA rapides pour les applications moins exigeantes, disques SATA ultra-capacitifs pour l'archivage...). Cette démarche commence aussi à s’appliquer à la connectique réseau et aux protocoles utilisés : ainsi si Fibre Channel reste l'interface privilégiée par les grands datacenters pour les applications critiques, iSCSI se fait peu à peu un chemin pour les applications moins critiques. En environnements virtualisés, NFS a même souvent sa carte à jouer. Bref, les entreprises apprennent peu à peu à jouer de la diversité et ajustent les technologies utilisées en fonction de la qualité de service attendue, mais aussi en ces temps de crise à leurs contraintes budgétaires. Et il en va de même en matière de politique de protection de données et de sauvegarde…
Cette mise en pratique des concepts de l'ILM se fait en parallèle de l'irruption de la virtualisation dans les datacenters, un mouvement qui fait aussi peser de nouvelles contraintes sur le stockage et auquel les constructeurs répondent par l'innovation. Thin Provisionning, déduplication, stockage sur mémoires Flash, stockage en cluster, consolidation de NAS à grande échelle sont autant de technologies en voie de banalisation dans les équipements des constructeurs. Des innovations portées à l'origine par des start-ups et que les géants du secteur intègrent peu à peu à leurs solutions, soit par acquisition, soit par "mimétisme".
Dans ce dossier, nous avons voulu revenir sur l'évolution de la gestion des données au sein de l'entreprise avec notamment un point sur la gestion des classes de service au sein des infrastructures de stockage. L'occasion aussi de faire le point sur le décollage d'iSCSI et sur l'émergence de FCoE, deux protocoles en compétition pour remplacer l'actuel Fibre Channel au sein des datacenters. Le dossier aborde aussi la question de la déduplication, une technologie qui se banalise peu à peu à tous les étages des infrastructures de stockage. Enfin, nous revenons sur la multiplication des offres de NAS à grande échelle, des offres qui répondent à la fois au besoin de consolidation des grandes entreprises et aux besoins massifs de certains fournisseurs de services Internet et qui pourrait servir de base à l'émergence des premiers services de NAS en Cloud tant en interne dans les grands comptes que chez certains fournisseurs de services.

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