Intel réitère son engagement envers Itanium, Oracle persiste dans son abandon 

Le 24 mars 2011 (12:31) - par Christophe Bardy

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Rubriques : Unix (Risc et Itanium) - Applications - Constructeurs - Editeurs - Middleware - Serveurs Tags : hp - intel - oracle - itanium - hp-ux

Suite à l'annonce avant-hier par Oracle de l'abandon de tout développement sur Itanium, Annonce qui impliquait Intel, le fondeur a riposté hier en réitérant son soutien et sa confiance dans l'architecture Itanium. Oracle de son côté a enfoncé le clou en publiant une liste détaillée des applications concernées par sa décision.

Après l'annonce avant-hier par Oracle de l'arrêt de ses développements sur Itanium (voir notre article Oracle abandonne Itanium en rase compagne), annonce justifiée par le caractère non stratégique pour Intel de l'architecture IA64, la réponse d'Intel n'aura pas trainé. Le fondeur a ainsi réaffirmé hier son engagement à poursuivre le développement de la puce. "Les travaux d'Intel sur les processeurs et plates-formes Intel Itanium processors cse poursuivent comme prévu avec plusieurs générations de puces actuellement en développement et dans les délais prévus", explique le CEO de la firme, Paul Otellini, dans un communiqué. "Nous restons fermement engagés à produire une roadmap compétitive pour HP-UX et client d'autres systèmes d'exploitation qui fonctionnent sur l'architecture Itanium" - ce qui laisse notamment HP OpenVMS, HP NonStop, Bull GCOS et quelques distributions Linux, NDLR. Oracle de son côté a précisé sa pensée en publiant sur son site une liste des applications concernées par l'arrêt du support d'Itanium, liste qui confirme notamment que les applications Fusion ne seront pas portées sur la plate-forme.

Itanium : une roadmap confirmée

 poulson
La puce Poulson telle que
présentée par Intel à l'ISSCC
fin février 2011.
(Crédit photo : Intel)

La prochaine itération de l'architecture Itanium sera incarnée par le processeur Itanium « Poulson » qui apporte une refonte architecturale complète du coeur Itanium mais conserve tle même socket processeur que l’actuel « Tukwila », une compatibilité qui devrait grandement faciliter le travail pour HP et ses clients ainsi que pour les autres partenaires de l’alliance Itanium, dont Bull.

Tukwila, dont le planning de développement avait été très perturbé, est gravé dans un process antediluvien (65 nm) tandis que Poulson sera fondu en utilisant la dernière génération de processus de fabrication d’Intel (32nm). La puce, dévoilée au récent ISSCC devrait embarquer huit coeurs et un total impressionnant de 54 Mo de cache (dont 32 Mo de cache de niveau 3 et 6 Mo de cache de niveau 2). Le tout avec une consommation TPD inférieure à celle de l'actuel quadri-coeur Tukwila. Poulson - et ses 3,1 milliards de transistors - devrait ainsi consommer environ 170 W en fonctionnement contre 185 W pour Tukwila et ses 2 milliards de transistors.
 
Avec Poulson, Intel et HP promettent d'accroitre très sensiblement les performances. En doublant le nombre d'instructions traitées par chaque coeur en parallèle,en refondant les contrôleurs mémoire, et en dopant la fréquence de la puce (sans doute aux environs des 2,4 à 2,5 GHz), Intel devrait proposer des performances entre 2 et 4 fois supérieures à celle de Tukwila. L’itanium « Poulson »  doit en principe faire son apparition dans des serveurs au tout début 2012.

La position d'HP fragilisée
Reste que les promesses d'HP et d'Intel pourraient ne pas suffire à rassurer une base installée HP très largement dépendante des logiciels Oracle et pour laquelle le départ de l'éditeur pourrait être le prétexte à une migration vers des architectures serveurs concurrentes.

 donatelli
Dave Donatelli, le patron des activités serveurs,
stockage et réseaux d'entrerpise d'HP, lors de
l'annonce des derniers serveurs Itanium à
Tech@World Francfort en avril 2010.
(Crédit photo : LeMagIT/CB)

Cela ne veut pas forcèment dire qu'Oracle profitera de la maneuvre. Comme nous le faisions déjà remarquer hier, il n'est ainsi pas certain que les ventes de serveurs Sparc profitent du gambit d'Oracle. A l'instar de Dave Donatelli, le patron de la division entreprise d'HP qui se déclarait hier choqué " qu'Oracle puisse mettre en péril les systèmes d'entreprises et de gouvernement tout en leur coûtant des centaines de millions de dollars en productivité perdue", certains grands comptes HP/Oracle pourraient ne pas apprécier du tout la perspective de faire les frais de la sale guerre que se livrent les deux constructeurs.
Ils pourraient même trouver les méthodes d'Oracle particulièrement indélicates et décider de s'affranchir un peu plus de leur dépendance envers les systèmes de la société. L'effet d'aubaine escompté par Oracle pourrait alors ne pas se produire et nombre des clients pourraient basculer sur des systèmes IBM ou sur des serveurs x86, voire, et ce serait encore pire pour Oracle, sur des logiciels concurrents.

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Par Supporine
 Le 24/03/2011 à 15:53
Ne serait-ce pas plutôt 3,1 millions de transistors au lieu de 3,1 milliards de transistors ...
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Par Christophe Bardy (LeMagIT)
 Le 24/03/2011 à 18:21
@supporine : pour répondre à votre question, il s'agit bien de 3,1 milliards de transistors, à comparer par exemple aux 1,2 milliards de transistors du Power7 d'IBM (32 Mo de cache) ou aux 2,2 milliards de transistors du Xeon 7500 d'Intel(24 Mo de cache) et aux 2,3 milliards de l'Opteron 6100 "Magny Cours".

A titre indicatif il faut six transistors pour fabriquer une cellule SRAM chez Intel (en 45 nm) soit déjà plus de 1,5 milliards de transistors pour la seule mémoire cache. Dans Poulson, les seuls caches occupent 2,4 milliards de transistors contre "seulement" 712 millions de transistors pour la partie logique. Dans le cas d'IBM et du Power7 l'usage de mémoire cache eDram au lieu de la traditionnel SRAM permet de réduire par deux le nombre de transistors nécessaires par cellule (soit 3 transistors par cellule), ce qui explique le plus faible nombre de transistors dans le Power7.

Pour retrouver un processeur x86 avec 3,1 millions de transistors, il faut remonter au premier Pentium, en 1993. A l'époque l'horloge de la puce était cadencée entre 60 et 200 MHz.
Et pour mémoire le premier 8086 contenait 29000 transistors.

Cordialement,
Christophe Bardy
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Par tech
 Le 25/03/2011 à 13:48
en fait c'est tukwilla qui avait 2 milliardde Transistor, d'ou votre question pour poulson!
le problème n'est pas là.
itanium est une impasse depuis le début! pourquoi développer pour une architecture unique et pour du hardware HP, la consommation de Bull étant anecdotique!
les solutions AMD ont déjà démontré des processeurs à 16 coeurs.
et des super calculateurs petaflop sont en construction avec ces solutions, la puissance existe donc déjà, avec du code compatible avec la majorité des machines actuelles
aucun intérêt, à se lier pieds et poings avec l'itanium!
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Par jack
 Le 25/03/2011 à 15:24
@ Tech sans être spécialiste on peut se poser la question, est il stratégique de mettre tous ses oeufs dans le même panier ? la vraie question étant quels sont les mérites et les promesses de ces architecture ? Faut il succombant à la loi du nombre avoir plusieurs fabricants qui feront tous du X86 ou peut on encore imaginer divers choix d'architecture permettant éventuellement plus de diversité et d'innovation. Plutôt qu'un champion qui trouvera ses limites mieux vaut sans doute garder l'élevage qui l'a produit.
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Par LOL
 Le 27/03/2011 à 14:46
Attention, un processeur X86_64 ne rends pas les même services qu'un Itanium ou un Power PC.

Mon exemple n'est peut être plus d'actualité (je ne cotoie plus ces technologies) mais à une époque (peut être encore aujord'hui), la conception d'un Itanium faisait qu'en cas de crash, la totalité des états des registres de tous les compasants étaient accessibles et analysables. Il n'y avait donc pas d'états cachés. Donc, il était possible de réaliser des posts-mortems précis et mettre en place les plans d'actions réactifs, et proactifs dans le cadre de l'analyse des incidents.
Avec un Xeon ou autre AMD, ce n'etait pas le cas.

Imaginez donc le crash d'une appli hyper critique. Quel DSI accepterait de ne pas savoir exactement pourquoi il a perdu 10 millions de dollars suite au crash de son informatique ?

Certe, cet exemple est biaisé aujours'hui avec les clusters de processus etc ... etc ... Mais, je voulais attirer l'attention sur les fonctionnalités apportées par ces processeurs, plutot que sur la puissance brute.

LOL
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Par tech
 Le 27/03/2011 à 16:24
@jack vous auriez eu raison mais ce que vous ne savez peut être pas, c'est que les instruction x86 qui tournaient sur achitecture cisc au début utilisent aujourd'hui énormément d'accélérateurs de performances développés sur les architectures RISC (power, sparc, ...)
AMD et intel sont je pense suffisant pour faire avancer ces structures sachant que c'est le software qui est en retard dans l'utilisation de toutes les possibilités de ces nouvelles puces! par exemple au début les compilateurs 32 ou 64 bits se contentaient d'utiliser les instructions compatibles 16 ou 32 bits. autre exemple, le lecteur flash d'adobe n' est officiellement compatible 64 bit que depuis cette année!
on en est seulement au début de l'optimisation du code utilisant à la fois le coeur et la partie processeur graphique!
les plus en avance étant le plu
s souvent les développeurs de jeux!
@LOL registres accessibles après crash? cette redondance me parait difficile à réaliser. les registres sont en cellules mémoires de type RAM, rien a priori n'empêche de les écraser! leur sauvegarde régulière demanderai beaucoup de puissance et de taille méoire supplémentaire, j'en doute!
ont pourrait effectivement envisager des zones tampons de stockage, je pense pouvoir affirmer que les chips pour serveurs actuels ont des controleurs de cache suffisament évolués pour assurer le debug.
en résumé, les chips 64 bits d'aujourdh'ui utilisent déjà nombre de techniques de l'itanium et certaines en plus et peut être d'autres en moins de là à en justifier l'existence !!!
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Par LOL
 Le 27/03/2011 à 16:32
@Tech,

Me suis pas forcement bien exprimé. En cas de crash sur un serveur Itanium, il existe des mécanismes qui permettent de recuperer les états des registres de tous les composants clefs composants le systeme. Ce mecanisme non OS permet de generer des genres de "photo" de l'etat du systeme au moment du crash.

L'analyse de ces états permet de savoir si la faute est logicielle, hardware, et dans la plupart des cas, quel est l'evenement qui a causé le crash du systeme.

Rien de tel n'existe sur une machine X86, qu'elle soit a base de CPU ou de chipset Intel ou AMD.

Bien sur ces fonctionalités ont un cout, et donc un prix pour le client final.

Ayant travaillé en support hardware pour les gros systemes il y a quelques annees, ces analyses permettaient d'arriver à un niveau de comprehension tres fin de ce qu'il s'etait passé, et de prévoir le remplacement ou la reconfiguration des éléments à la source du crash.

Sur systeme HP-PA, ce systeme s'appelait HPCM (High Priority Machine Check).
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