LeMagIT : Y-a-t-il encore une place pour la France dans la R&D de HP, les syndicats du groupe dénonçant dans la restructuration des délocalisations masquées de ces activités ?
Y.de.T. : Je ne souscris pas à cette image que je trouve caricaturale. L'essentiel de notre R&D aujourd'hui se porte dans le logiciel. En France, on trouve des ingénieurs de talent et une industrie dynamique. HP, comme d'autres, a des unités de développement en France. Et il n'y a pas de volonté de les supprimer. Par contre, HP étant une entreprise globale, ces activités sont gérées internationalement et nous cherchons à créer des centres ayant une masse critique ou à rassembler des activités autour d'un pôle de compétences particulièrement fort. En France, nous ne devons pas regarder ce mouvement en se posant en victime, mais au contraire se montrer proactif et se battre pour faire reconnaître notre expertise.
Aujourd'hui, au niveau du groupe, il n'y pas de grand labo en France. On en trouve en Russie, en Israël, en Grande-Bretagne pour la zone EMEA (Europe, Moyen-Orient, Afrique, ndlr). C'est historique : la France n'a jamais hébergé un de ces grands centres. Dans l'Hexagone, on trouve soit des activités plus petites dépendant de ces labos, soit du développement embarqué dans les divisions.
Ecouter Yves de Talhouët sur l'emploi que crée HP en France via ses activités internationales :
LeMagIT : La baisse des salaires, une politique décidée par le groupe, a été mal vécue en France. Comment fait-on pour adapter un contexte de multinationale américaine à la culture française ?
Y.de.T. : Un de mes rôles, c'est aussi de "vendre" la France aux dirigeants du groupe, un pays où HP peut trouver de nombreux grands clients, une éducation très bonne et une industrie du logiciel dynamique. C'est donc un pays où on peut investir de façon sereine. J'ai d'ailleurs obtenu que le groupe investisse dans la région de Lyon plusieurs dizaines de millions dans un datacenter moderne et qui héberge non seulement des clients français, mais aussi des clients paneuropéens.
En plus de ce travail d'ambassadeur, j'ai également un travail explicatif auprès des dirigeants du groupe pour clarifier les spécificités de la mise en œuvre de certaines mesures. Pour autant, la France ne peut pas s'extraire du monde économique et des contraintes qui pèsent sur toutes les entreprises.
LeMagIT : Le plan social en cours doit aboutir à la suppression de 750 postes au sein de HP France. Pensez-vous que le volontariat suffira ?
Y.de.T. : On fera tout ce que l'on peut pour cela. Avec des mesures de mobilité, des délais pour laisser aux gens le temps de mûrir leur projet, des mesures d'accompagnement ou des discussions éventuelles avec des repreneurs de certains pans de l'activité.
J'espère tourner la page de cette restructuration le plus vite possible, pour que la filiale soit en ordre de marche et capable de devancer la tendance du marché - soit une reprise qui s'annonce très progressive.







Par Salarié HP








