Intel va co-financer un laboratoire de recherche HPC en France 

Le 06 mars 2009 (12:39) - par Christophe Bardy

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Rubriques : HPC Tags : intel - bull - hpc - nvidia - cea - genci

Intel va co-financer la création d'un centre de recherche universitaire spécialisé dans le calcul intensif (High-Performance Computing, HPC) qui sera situé sur le site de Terr@tec, dans l'Essone, un site qui regroupe déjà les plus puissants des supercalculateurs du CEA. Le nouveau laboratoire disposera d'un financement quadripartite puisqu'il sera géré conjointement par le CEA (Commissariat à l’énergie atomique), le GENCI (Grand Equipement National de Calcul Intensif), l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ) et Les Intel Labs Europe. 

Au-delà des déclarations convenues comme celles de Bernard Bigot, l'Administrateur Général et Haut-commissaire du CEA qui a indiqué dans un communiqué que « travailler en collaboration avec Intel, qui est l’une des plus grandes entreprises mondiales, est incontournable pour un organisme public de recherche comme le nôtre lorsqu’il s’agit de mettre en place les futures infrastructures de calcul intensif dont la communauté scientifique et l’industrie européennes se serviront demain », quelques points importants méritent d'être notés.

Le CEA, ainsi que les grands centres universitaires de calcul, ont quasiment standardisé leurs infrastructures sur les puces Intel. Côté CEA, ce fut d'abord l'Itanium et aujourd'hui le Xeon. Au Cines, le supercalculateur Jade s'appuie sur les Xeon; la plupart des grands projets à venir dans le secteur public ou de la recherche sont des projets à base de clusters Intel (parfois agrémentés d'une partie GPGPU NVidia). De même, Bull a fait des puces Intel son choix par défaut pour le marché des supercalculateurs. C'est donc indirectement l'essentiel de la filière calcul française qui s'appuie aujourd'hui sur les puces du géant américain. 

L'investissement du géant peut donc être vu comme un retour d'ascenseur, mais aussi comme une façon de "renforcer" les liens existants à coups de dollars (une ressource dont le fondeur ne manque pas, même en ces temps de crise). On se doute en effet que les puces des concurrents, tels qu'AMD, se feront rares dans le laboratoire co-financé par Intel. Mais c'est l'une des dérives classiques des projets de recherche impliquant un partenaire privé.

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Par Jason
 Le 08/03/2009 à 23:26
Bien que l'on ne puisse que se féliciter de trouver dans votre bulletin une analyse et non une simple reprise de l'info, il ne faudrai pas que celle-ci se tranforme en contre vérité. Il est faut de laisser entendre que le CEA et les grands centres Universitaires aient délibérément fait le choix d'INTEL. Le CEA avait jusqu'il y a fort peut de temps une grosse machine OPTERON, il vient d'installer pour le compte de GENCI une machine à processeurs vectoriels NEC et est en train d'installer une machine hybride (BULL)à base de processeurs INTEL et NVIDIA. Si la plus grosse machine du CEA (BULL) ainsi que la dernière machine du CINES (SGI) sont à base de processeurs INTEL, c'est le résultat d'appels d'offre et il est facile d'expliquer, compte tenu tu timing des livraisons pourquoi ce sont des solutions, pourtant de constructeurs différents, mais à base d'INTEL qui ont gagné... Vous feriez mieux de vous interroger sur les ordinateurs achetés par le CNRS à IBM à des coûts deux fois supérieurs/Tflop aux précédemment cités et ce sans aucun appel d'offre! Mais l'argent du contribuable intéresse-t-il quelqu'un?
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Par Christophe Bardy
 Le 09/03/2009 à 23:55
Un constat tout d'abord. Certes, L'Opteron est représenté dans le parc de supercalculateurs publics de même que les machines vectorielles, pour lesquelles un certain nombre de codes sont encore largement optimisés (modélisation climatique par exemple).Reste que dans le cadre des appels d'offres récents par dialogue dialogue compétitif, les procédures ont été très courtes et ont favorisé des architectures à base de cluster x86 Intel - parfois matinées d'une touche de vectoriel façon GPGPU ou co-processeur.

Le choix d'Intel n'a rien de scandaleux au vu des performances projetées des puces Nehalem (si Intel tient son calendrier). Et le fait que Bull ait choisi ce type d'architecture n'a non plus rien d'anodin. Les travaux sur son architecture multi-noeud Nehalem ou Itanium (nom de code Mesca) n'ont rien de secret dans le monde du HPC. Et il n'y a au fond rien de choquant que l'investissement public françis aille à un acteur européen (après tout les fonds de la DARPA et de la NSF profitent largement à IBM, Cray ou Sun).

L'article se borne à noter que l'intérêt soudain d'Intel pour le HPC français n'est sans doute pas désintéressé. Il y a désormais une réserve de talents et d'expertises intéressantes en France, des budgets en forte hausse, et un industriel (Bull) très lié au secteur du HPC européen. Autant de points qu'Intel ne peut ignorer. Qui plus est, le coût d'entretien d'un laboratoire n'est que peu de choses dans le budget du géant pour s'attirer les bonnes grâces du secteur HPC français.

Pour ce qui est du CNRS, certains -dont Bull - se sont étonnés de la méthode utilisée par le CNRS pour doter l'IDRIS d'un supercalculateur Blue Gene/P IBM (25 M€) - qui vient en outre compléter un cluster Power 6. Il est vrai que le centre de recherche a été vite en besogne et que la procédure du contrat négocié, quoique légale, est rare pour ce genre d'investissement. D'un autre côté, il est important de souligner que Big Blue maintient une vraie structure industrielle à Montpellier avec une vraie expertise dans le HPC et dans les grands datacenters, une structure qui pour le coup ne se limite pas à un laboratoire employant une poignée de chercheurs et de thésards. Big Blue est sans doute critiquable pour certains aspects de sa politique sociale, mais il paie lui aussi des impôts des cotisations sociales et un certains nombre de taxes en France et en particulier sur le site de Montpellier. A ce titre, il me parait légitime que son offre soit au moins considérée dans les investissements HPC français...
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Par Jason
 Le 11/03/2009 à 21:50
Avez vous vu une seule administration américaine considerer une offre BULL ? Vous ne pouvez ignorer que cela leur est même interdit par une loi de 1991! BULL qui dispose d'un site a Phoenix y paie pourtant des impôts et charges!
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Par nathan
 Le 12/03/2009 à 14:42
Félicitons nous que l'expérience et la compétence qui se renforce en france dans le domaine du calcul intensif soit reconnue et mise en valeurs par un tel accord. Saluons donc la bonne nouvelle qui est la crétion d'un nouveau laboratoire qui disposera d'un financement quadripartite puisqu'il sera géré conjointement par le CEA (Commissariat à l’énergie atomique), le GENCI (Grand Equipement National de Calcul Intensif), l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ) et Les Intel Labs Europe.
Cela montre que lorsque les organismes d'un secteur identifié réussissent à s'entendre sur une vision commune ils en sortent renforcés et retiennent l'intérêt de l'un des acteurs majeurs du domaine.
Quelles que soient les motivations des industriels (leur intérêt au sens large) il faut y voir avant tout une "opportunité" pour les différents laboratoires et une occasion d'être impliqués dans des projets en ligne avec l'évolution des technologies.
Par ailleurs cela renforce une initiative comme Teratec et c'est aussi une certaine reconnaissance pour les projets engagés dans le cadre du pôle de compétitivité Systematic.
La convergence des actions et leur focalisation géographique ouvre de nouvelles perspectives, l'alliance avec Intel devrait permettre de mettre en place de nouveaux projets avec une vision plus universelle et une opportunité de s'approcher de la renommée mondiale.
Bien sûr ma vision est optimiste (raisonablement!) et ce sont les acteurs de ce futur laboratoire qui en feront une réussite (plus ou moins grande) selon leurs initiatives et leurs implications mais l'on doit considérer que la création de ce laboratoire leur donne une chance de faire des choses plus grandes avec une capacité accrue d'accès aux technologies ainsi qu'une possibilité d'intérésser un leader mondial à certains de leurs travaux. Souhaitons leur bon courage et le plus de réussites possibles c'est aussi dans l'intérêt de tous les autres acteurs de la filière en France.
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