Suite logique d'un projet monstre de déploiement d'une infrastructure de stockage (un marché remporté par StorageTek en 2005), la mise en place du système Spar (Système de préservation et d'archivage réparti) a été remporté au début de l'année par Atos-Origin. Avec, pour objectif : "la numérisation, la préservation et l'accès à l'information", explique Charlotte Fabre, responsable fonctionnelle sur le projet au sein de la SSII. Le tout concerne des volumétries très importantes - plus d'un million de Go prévus en 2010 -, puisqu'il s'agit d'une solution censée couvrir toute l'information numérique stockée par la BnF. Et à la préserver sur de très longues durées via notamment un stockage "intelligent".
La solution que bâtissent les équipes d'Atos-Origin (10 personnes sur le projet) - "un assemblage d'une quinzaine de logiciels libres", selon Charlotte Fabre - vient supplanter le logiciel de gestion des enregistrements en place, Infotel Arcsys. "La bascule ne se fera certes pas tout de suite, précise Charlotte Fabre. Mais, à terme, cette solution ne servira plus". A terme, c'est-à-dire quand Atos aura bâti les différents modules de la suite qui constitueront le futur système d'archivage de la BnF (sur la base de plates-formes comme Fedora ou Irods).

Négocier avec les producteurs d'information
La première tranche ferme du contrat remporté par la SSII, et qui court sur 16 mois depuis janvier dernier, vise en effet à développer le noyau de Spar (reposant sur la norme OAIS - Open Archival Information System -, modèle conceptuel normalisé ISO destiné à la gestion, à l'archivage et à la préservation à long terme de documents numériques) et les sept modules clefs de la solution (versement pour la réception des données, stockage, gestion des données, gestion des droits, accès à l'information, administration, préservation).

En fonction de l'avancement de ce chantier, la BnF mettra en oeuvre la tranche conditionnelle de ce contrat, tranche d'une durée prévue de trois ans. La SSII espère remporter ce marché avant la fin de l'année. "Il s'agit là de mettre en place l'utilisation de Spar dans les différentes filières de la BnF, d'assurer le déploiement par type d'information et par processus métier", explique Charlotte Fabre. Et de préciser : "Par exemple, les services de numérisation de conservation et de production administrative n'ont pas les mêmes besoins, n'entrent pas le même type de fichiers dans le système, n'emploient pas le même mode de diffusion. Il s'agit vraiment d'une négociation entre des producteurs d'information numérique et le système Spar dont l'objectif est d'aboutir à des accord sur la qualité de service."
Changer de format pour anticiper l'obsolescence
C'est donc là que réside l'aspect conduite du changement du projet. Pas forcément le morceau le moins ardu, car, si tous les services ont leurs habitudes de travail et leurs besoins, il faut assurer l'homogénéité de l'information dans le système central. "Nous avons donc prévu de développer un module de pré-versement afin d'enrichir l'information entrée par les producteurs, afin de la rendre conforme aux attentes de Spar", ajoute la responsable fonctionnelle du projet.
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