Linux sur le desktop : des administrations européennes avancent 

Le 11 mars 2011 (18:10) - par Cyrille Chausson

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Rubriques : Poste de travail - Bureautique - Open source - Linux Tags : linux - poste-travail - administration - europe - migration - open-source

Alors que Linux sur le poste de travail connait de nombreuses désillusions dans certaines administrations européennes, d’autres y pensent plus que jamais. A l’image des projets en Espagne, Grèce et Slovénie, qui démontrent que la présence d’ applications Open Source sur le poste de travail et la migration Linux est encore un phénomène qui séduit.

Il est vrai que Linux sur le desktop a connu quelques déconvenues. On se rappelle les échecs cuisants du projet de la Ville de Munich, LiMux, du canton Suisse de Soleure, de la Ville de Bristol , de la Mairie de Marseille, ou encore plus récemment du ministère des Affaires Etrangères allemand. Freinés dans leur déploiement, ces projets de migration vers l’OS Open Source ou d’installation d’applications ouvertes évoquaient tour à tour les sempiternels problèmes d’incompatibilité entre applications - freinant alors les échanges de documents -, des coûts d’intégration parfois trop élevés dus à des développements spécifiques non anticipés, voire pour certains, une sécheresse fonctionnelle par rapport aux offres plus “propriétaires”.

Mais il est également vrai que ces échecs n’ont aujourd’hui pas refroidi une grande partie des administrations européennes, qui depuis le début 2011, mènent une stratégie tournée vers l’Open Source, l’interopérabilité et les standards ouverts. A l’image de la Grande-Bretagne qui s’est engagée dans un plan de réduction des dépenses IT suite à l’arrivée de David Cameron au gouvernement et souhaite désormais privilégier l’option Open Source dans chacune des réponses aux appels d’offres. Poussant ainsi les partenaires et prestataires de l’administration à forcer le trait en faveur des standards et des logiciels ouverts.

Plus qu’un fait isolé, cette décision outre-Manche s’inscrit aujourd’hui davantage dans une tendance. Rien que sur le mois de février, trois projets, visant soit à promouvoir l’Open Source sur le poste de travail, soit à une migration en elle-même, peuvent être notés. Celui du gouvernement grec, d’abord, qui à travers le projet sxolinux entend équiper les écoles élémentaires, (élèves et corps enseignants) de machines Linux, et bâtir dans chacune d’elles un laboratoire informatique. Plus structurant, le rapport du service informatique (Free Software Desktop Migration Guide) de la ville de Saragosse en Espagne, a pour objectif de livrer les clés d’une bonne migration Linux sur le poste de travail. S’inspirant de sa propre expérience, mais également de celle d’autres villes espagnoles, comme Valence ou Madrid. Ce guide s'appuie donc sur des retours d’expérience concrètes et aborde les points techniques, mais également financiers et légaux, deux éléments parfois présentés comme des freins à l’adoption de l’Open Source. Le rapport (disponible en PDF en espagnol) rappelle notamment qu’une migration de Linux sur le poste de travail est une opération “complexe mais réalisable”, et pointe notamment du doigt le fait que les retours financiers et humains ne sont pas immédiats.

En Slovénie, 80% des postes sous Linux en 2015


Citons encore le vaste programme du ministère de l’administration publique de Slovénie qui entend équiper d’ici à 2015 80% des postes de travail des administrations d’applications Open Source (suite bureautique, navigateur et OS). Le projet, visiblement déjà entamé en 2010, devrait s’intensifier en 2011, nous confie le site Osor.eu tout en rappelant que la Justice, ainsi que les services de Santé et de transports publics de la ville de Ljubljana (la capitale), ont déjà recours à l’Open Source.

En France, le débat est certes engagé depuis la publication du RGI (Référentiel général d’interopérabilité) en 2009. Mais le gouvernement semble aujourd’hui reculer dans son approche à l’Open Source. Et l’April, l’association de promotion des logiciels libres et des standards ouverts de s’inquiéter de voir la toute jeune direction interministérielle des systèmes d'information et de communication (DISIC) de l'État zapper la question de l'interoperabilité des systèmes d'information.
Plaçant ainsi la France, considérée pourtant comme un havre de l’Open Source et des standards ouverts dans une position moins innovante et avant-gardiste.  Et perdant du coup un peu de sa superbe.

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Par KDO
 Le 12/03/2011 à 15:38
Et pendant ce temps là, les DRI de Bercy inventent un complot de hackers internationnaux pour expliquer une infection ... à partir d'un PDF ...

Incompétence ...
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Par Gourmet
 Le 12/03/2011 à 20:36
Lorsqu'on remet la légion d'honneur au PDG de Microsoft je pense que la messe est dite non ?
db
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Pertinence du commentaire : 2
Par clopi
 Le 13/03/2011 à 11:34
Les deux premiers commentaires sont a l'esprit de la France,c'est a dire lamentable.

Il n'y a pas de système complètement inoxydable,l'homme est imparfait et donc ce qu'il construit est du même ordre.

La critique sur Bercy et l'envolée de bois vert n'est pas mérité,les bugs connus d'Adobe reader facilitais l'intrusion dans un système WINDOWS avec un pdf corrompus.

De plus je suis un adepte de Linux sans être un ayatollah de l'extrémisme linuxien.
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Par felie
 Le 14/03/2011 à 10:41
Deux des "échecs" cuisants mentionné au début de l'article n'en sont pas. Faute de comprendre les difficultés d'une migration dans les administrations, et à l'intérieur même du monde du libre, on présente la lenteur et la prudence comme le signe de difficultés ou l'aveu de l'échec. C'est parfois décourageant pour ceux qui se lancent... Et à propos de la France, pourquoi ne pas citer le projet Copernic ?
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Par Ysgawin
 Le 23/03/2011 à 10:26
Et à côté des échecs, regardons aussi les belles réussites : à la Gendarmerie Nationales, ils sont quasiment à 100% linux et ça marche bien.
Mais il faut y aller pas à pas : commencer par OpenOffice pour la bureautique, puis basculer petit à petit les applications "métier" en web client léger non optimisé IE, et après on bascule...
Et après, d'autres grandes administrations d'Etat y réfléchissent sérieusement...
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