Poste de travail : nouveau revers pour Linux  

Le 21 septembre 2010 (19:08) - par La rédaction

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Rubriques : Poste de travail - Open source Tags : linux - suisse - soleure

Après la ville de Munich, c’est au tour d’un canton suisse de renoncer à ses projets de généralisation de Linux sur le poste de travail. Retour à Windows, donc, notamment pour des questions d’interopérabilité mais aussi, sinon surtout, de conduite du changement.

Le canton de Soleure, en Suisse Alémanique, a fait marche arrière, comme le rapporte Andrea Mueller dans le quotidien allemand Heise. L’administration locale avait décidée de migrer ses postes de travail sous Linux fin 2001. Une migration qui devait être achevée en 2007. 

Si le projet a souffert d’importants retards - les premiers appels d’offres n’auraient été effectivement lancés qu’en 2006 -, ce n’est uniquement là qu’il faudrait chercher la cause de ce renoncement. En fait, à en croire nos confrères, les tords seraient largement partagés, entre des logiciels «immatures» et une conduite du changement apparemment inadaptée - ou du moins incapable d’accompagner positivement les utilisateurs. 

Sur le plan technique, des retards ont été déplorés comme l’absence de gestionnaire de tâches dans l’outil collaboratif Web déployé, Scalix. Autre souci : le déploiement de l’outil Ambassador, développé par la SSII indienne Zylog, dont la généralisation a été repoussée à début 2011, en raison de problèmes de performances. L’outil doit notamment s’interfacer avec de nombreuses applications métiers; contrairement aux engagements initiaux, aucune version Linux n’aurait été développée et l’outil aurait été porté sous Java. En outre, l’outil Ambassador devait pouvoir s’interfacer avec OpenOffice. 

Des retards, des soucis de fonctionnalités et des problèmes de performances qui auraient stimulé la résistance des utilisateurs. Une résistance qui serait limitée à une minorité - une centaine de personnes, soit environ 10 % des effectifs concernés - qui aurait toutefois su faire entendre sa voix. 

Peut-être un incident de mai 2009 a-t-il marqué les esprits et contribué à l’abandon du projet de postes de travail sous Linux dans le canton : lors d’un événement réunissant 400 juristes, c’est l’ordinateur portable du procureur qui a dû être emprunté pour assurer la projection des présentations PowerPoint; une machine équipée de Windows...

En complément :

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Par Gourmet
 Le 22/09/2010 à 11:46
Bien entendu on peut voir cela comme une victoire du camp adverse, une fois de plus et donc une captivité encore plus grande d'utilisateurs.
Mais, je me demande, en fin de compte, si, pour l'instant, ce n'est pas plus mal.
Bon, ok, ça ne va pas forcément accélérer la motivation des développeurs de la KDE Company ou de GNOME mais je pense qu'ils sont aussi au-dessus de cela.

La partie graphique de Linux est désormais stable depuis quelques années grâce en énorme partie à la reprise par Xorg du serveur XWindow et l'amélioration de la qualité des bureaux (je pense notamment à KDE qui nous a gratifié de versions 4.0 et 4.1 pourraves au possible).
Mais il n'est toujours pas prêt pour le monde de l'entreprise. Comment en effet, manager des centaines voire des milliers de postes sous Unix ? Comment distribuer les modifications ? Comment télédiffuser les applications ?
L'avantage est clairement à Windows dans ce domaine de la gestion de conf.
Ce n'est pas plus mal, disais-je, car cela évite à Linux et ses millions de développeurs de subir des pressions auxquelles le monde du libre ne pourrait peut-être pas résister.

En revanche, je crois bien davantage à une dissémination d'un poste de travail sous Linux mais sous la forme de terminaux léger connectés à un serveur multisession, à la mode Citrix voire, carrément, à un nuage composé à la fois de serveurs d'applications Windows et de serveurs d'applications Unix.

Là oui, Linux est prêt, depuis longtemps et cette configuration lui permet de s'affranchir de son principal talon d'Achille : la configuration.
db
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Par khalen
 Le 22/09/2010 à 15:35
Cet article semble à priori orienté contre l'os linux alors qu'encore une fois, le soucis a été au niveau de la gestion de projet (gestion du changement) et du coût imposé (recours à de l'offshoring).

C'est un problème récurrent de nos jours quelque soit l'OS

a gestion des confs linux centralisée existe chez les hosteurs depuis de nombreuses années il est malheureux que les intrégrateurs et autres AMOA - MOE ne soient pas plus actifs dans ce domaine.

Maintenant, on sait aussi que le lobby crosoft est très puissant, donc allez savoir ce qui s'est passé derrière...
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Pertinence du commentaire : 4
Par Pollux
 Le 23/09/2010 à 09:24
A eux de juger leur besoin et l'adequation. De mon cote, j'observe que dans les PME/PMI francaises, Linux repond aux besoins d'une bonne partie des postes clients, et qu'il est bien curieux de parler d'un revers pour Linux, sans parler des nombreux succes acquis...

Maintenant il ne faut pas etre sectaire, ce n'est pas le but : l'informatique est un outil avant tout ! :)

J'ose tout de meme esperer qu'ils ont opte pour des formats libres, en forcant la main au fournisseur retenu, parce que si la partie logicielle est discutable, les formats ouverts sont quant a eux une securite absolue contre l'esclavagisme electronique ambiant...

C'est de la strategie basique, mais curieusement, nombre de decideurs en sont totalement depourvus...
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Par Didier
 Le 28/09/2010 à 02:54
Faut être complètement stupide pour aller en conférence avec un powerpoint sur une clé USB, même sur une machine windows il y a peu de chance que ça fonctionne "comme à la maison". Généralement lorsqu'on fait un powerpoint on vient avec sa machine, sinon on génère un PDF pour être sûr que ça fonctionne. Et rien de plus facile que de lire un PDF sous Linux. En conclusion, c'est l'absence de compétences de base qui gêne le déploiement de Linux, pas les performances de Linux. Les utilisateurs ont été formés à windows, une sous culture informatique remplie de mauvaises habitudes, d'astuces, d'un jargon windowsien. Heureusement, à moins de sortir d'une école d'ingénieur bidon qui ne fait QUE de la certification, les nouvelles promotions sont mieux formées, notamment à la fac.
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Par Stéphane
 Le 28/09/2010 à 11:50
Ce n'est pas Suisse romane, mais Suisse Romande. De plus, Soleure ne s'y trouve pas... à bientôt.
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Par La rédaction
 Le 28/09/2010 à 15:32
@Stéphane : merci pour cette correction, répercutée dans le texte.
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Par torp
 Le 17/05/2011 à 11:21
Ce qui rend la migration des applications compliqué, ce n'est pas l'incapacité de linux a ressembler a windows ou a s'adapter, mais une volonté claire de windows de nous enfermer dans des logiciels et des formats volontairement non standards.
Je m'explique par l'exemple.
Vous êtes éditeur d'un OS privateur et payant.
Il existe un format standard de logiciel, et de format de fichier, mais vous avez une entreprise qui a pris, par la vente liée, une position dominante. Vous pouvez vous permettre d'imposer un format, que vous présentez comme un standard de fait, mais que seul votre logiciel peut ouvrir et modifier.
En faisant cela, vous enfermez votre clientèle et l'empêchez de vous quitter.
Votre logiciel lui a été vendu avec le matériel, et lui a donc été présenté comme la seule alternative, pareil pour votre format de fichier...
Si votre client essaie de vous quitter, il n'arrivera pas a ouvrir vos documents avec son nouvel OS, qui lui respecte les standards, il en conclura que le nouvel OS est moins bien fichu, ne respecte pas les standards, alors que c'est l'inverse !

Effectivement, quand on s'est laissé avoir par la vente liée, par manque de temps et par "pragmatisme" a court terme, puis enfermé dans des logiciels et des formats fermés, ça coute cher de les quitter...

Mais, d'une part, ça n'est pas la faute du libre, et, d'autre part, vous ne paierez cette migration la qu'une seule fois...

Sur l'enfermement propriétaire: http://fr.wikipedia.org/wiki/Enfermement_propri%C3%A9taire#Microsoft
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