Aiguillonnée par Google, la collaboration s'oriente massivement vers le Saas
| Dossier sponsorisé par IBM |
Le trublion Google. En mettant l'accent sur son offre hébergée centrée sur la messagerie et les fonctions collaboratives (les Apps) - et en signant quelques références significatives, dont Valeo ou Malakoff Médéric en France, le géant de la recherche a incontestablement accéléré la migration du secteur vers le mode Saas. En février, lors de son événement français, les TechDays, Microsoft a ainsi lourdement insisté sur le déploiement de son offre Online Services. Là aussi, une offre en Saas centrée sur la messagerie Exchange (en version 2007 pour l'instant) et comprenant le portail SharePoint, l'offre de visioconférence Live Meeting et l'outil de gestion de présence Office Communications Online. Un ensemble auquel viendra se greffer l'offre CRM maison en fin d'année. En n'hésitant pas à cibler directement l'offre de Google... tout en reconnaissant, par la voix de Gwenaël Fourré, responsable communications et collaboration chez Microsoft France, interrogé lors de ces mêmes TechDays : "sans Google, nous n'aurions certainement pas avancé aussi vite dans notre offre Saas".
Même approche côté IBM, qui, dans un timing assez voisin de celui du premier éditeur mondial, a lui aussi mis sur pied une offre Saas, LotusLive. L'offre est structurée autour de différents modules : iNotes (messagerie), Meeting (conférence), Events (agenda), Engage (stockage, partage, messagerie instantanée) ou encore Connections (réseau social). La firme entend aussi faire évoluer le client Notes pour qu'il devienne le client convergent pour l'ensemble de ses services (messagerie, collaboratif, communications unifiées, réseau social d'entreprise...), qu'ils soient hébergés dans le cloud ou opérés au sein de l'entreprise. Ce projet, baptisé Vulcain et devant déboucher en 2011, doit faciliter l'intégration dans le client de scénarios métiers afin d'accélerer son adoption.
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La stratégie agressive de Google
Comme Microsoft, avec sa stratégie Software+Services, IBM mise donc sur sa complémentarité entre ses services dans le nuage et son client installé sur les postes de travail. Ainsi que sur la simplicité de migration entre les deux univers. "Par rapport à l'approche plate-forme de Microsoft, dont l'objectif reste tout de même de protéger ses positions sur le poste de travail et les serveurs, IBM a une vision centrée sur des environnements modulaires, construits sur la base de briques", explique Christophe Toulemonde, directeur du cabinet Jemm Research qui a sorti en janvier dernier une étude sur les usages collaboratifs dans les entreprises françaises.
Si les deux géants de la messagerie se sont mis bon gré mal gré au Saas, c'est que Google n'a pas hésité à mettre en place une stratégie agressive visant directement les bases installées Exchange en premier lieu, mais également Notes. Après avoir livré un module de synchronisation entre le client de messagerie de Microsoft, Outlook, et Gmail, le moteur de recherche a récemment dévoilé un outil de migration gratuit depuis le serveur Exchange. Bien plus pratique pour des administrateurs système, avec la possibilité de lancer des migrations massives centralisées plutôt que d'installer une énième verrue logicielle sur les postes de travail. Le tout couplé à un module de synchronisation de la liste des utilisateurs de l’annuaire ActiveDirectory ou Domino – et plus généralement LDAP – avec celle des utilisateurs des Apps. Rappelons que Google avait proposé, dès 2009, un outil de migration pour IBM Notes.
| Une offre Open Source dynamique et innovante |
| Face aux acteurs établis de la messagerie d’entreprise que sont Microsoft et Lotus et aux nouveaux partisans des outils collaboratifs en nuage tels que Google ou Zoho, de multiples solutions libres ou basées sur des composants libres émergent peu à peu comme des alternatives crédibles. Zimbra, la plus connue d’entre-elles, a récemment été rachetée par VMware et compte plusieurs dizaines de millions d’utilisateurs dans le monde. Déployable sur la plupart des distribution Linux du marché, le serveur de messagerie de VMware s’illustre par son interface conviviale (via webmail ou client lourd Mac OS X, Windows et Linux) et fournit les services essentiels tels qu’e-mail, agenda partagé, gestion de contacts, messagerie instantanée, partage de fichiers et WiKi. Comme la plupart des produits de cette catégorie, Zimbra est proposé par son éditeur sous la forme d’une édition communautaire gratuite et sous la forme d’une édition commerciale, payante, enrichie de fonctions additionnelles. S’il est auréolé de son rachat par VMware, Zimbra n’est toutefois pas le seul acteur libre à regarder de près. L’Allemand Open xChange, l’Américain Scalix et le Néerlandais Zarafa ont tous développé des alternatives libres à Exchange, allant selon les cas jusqu’à répliquer le fonctionnement des API propriétaires du serveur de messagerie de Microsoft ou jusqu’à supporter ActiveSync pour l’accès depuis des terminaux nomades. Le tout à des tarifs bien inférieurs à ceux de Microsoft et avec une richesse fonctionnelle souvent supérieure. Dernier acteur à suivre , Atmail a récemment bâti une solution de travail collaboratif complète en s’appuyant sur des composants libres tant côté serveur que côté client, où la firme a développé une interface webmail riche à base de technologie Ajax, un modèle qui a fait le succès de Zimbra. |
Mélanger cloud privé et public
En marge de la lutte entre ces trois géants, se profile la progressive montée en puissance de Cisco sur le segment. A coups de rachats (messagerie PostPath, messagerie instantanée Jabber), le géant des réseaux renforce peu à peu sa plate-forme de collaboration en temps réel WebEx. L'idée de Cisco est, semble-t-il, de positionner l'offre de collaboration de WebEx en concurrence frontale avec les solutions de collaboration d'entreprises de Microsoft ou IBM, tout en s'en différenciant avec une palette de services en ligne (notamment pour la visio-conférence).
Alors le cloud, avenir du collaboratif d'entreprise ? Pas si simple. Comme l'explique Thierry Cazenave, directeur solutions postes de travail, collaboration et communications chez Avanade (SSII créée en 2000 par Accenture et Microsoft autour des technologies du premier éditeur mondial), "le Cloud Computing arrive à maturité pour des services banalisés comme le partage de documents, la messagerie instantanée ou l'e-mail. Mais le challenge qu'il affronte consiste à parvenir à fournir une plate-forme d'intégration, capable d'interopérer avec les systèmes d'information de l'entreprise pour remonter des données du CRM ou de l'ERP. C'est pourquoi des solutions hybrides, mélangeant clouds privés et publics, sont plus adaptées aux besoins des organisations". Une fusée à plusieurs étages que défend également Christophe Toulemonde, en la précisant : "les DSI doivent également se poser la question en termes de profils d'utilisateurs. Pourquoi, par exemple, installer Office sur tous les postes de travail alors que 10 % des utilisateurs seulement ont besoin d'une large palette de fonctions bureautiques". Autant pour les 90 % restant se tourner vers des offres en Saas, plus légères. L'objectif pour la DSI étant, selon l'analyste, de composer des porte-feuilles de services adaptés aux différentes populations de l'entreprise.
Les entreprises adeptes du best-of-breed
En dehors de ces querelles d'architecture - Google militant évidemment pour une approche cloud public pure -, cette vision de plates-formes de services de collaboration relève encore largement de la futurologie. Selon une étude de Markess auprès de 200 entreprises françaises, 50 % d'entre elles affirment avoir deux ou trois prestataires - et donc des solutions différentes - en interne. Et 14 % de ces organisations répondent s’être entourées du même nombre de prestataires en mode Saas. 15 % des entreprises seulement affirment n’avoir qu’un seul fournisseur de technologie. “Il s’agit de modèles assez hybrides, constatait Emmanuelle Olivié-Paul, directrice associée chez Markess lors de la publication des résultats. Les entreprises ont un socle sur lequel elles greffent progressivement des outils d’acteurs best-of-breed.”
Car aujourd’hui, les entreprises viennent piocher dans un marché éclaté, animé par 4 typologies d’acteurs, résume-t-elle. “Les acteurs historiques de suites de productivité, qui ont élargi leur périmètre fonctionnel, ceux de la gestion de contenu qui s’étendent vers le collaboratif, des acteurs comme Adobe ou Google qui bouleversent les modèles en place et enfin tout un ensemble d’acteurs spécialisés”. Une approche qui touche à ses limites, selon Thierry Cazenave : "les entreprises qui ont adopté une approche best-of-breed, notamment en allant piocher des services comme les réseaux sociaux dans le cloud, ont certes apporté de la valeur à leurs utilisateurs, mais au prix d'un surcoût. Les plates-formes permettent de mieux capturer l'intelligence collective." Le cabinet Markess s'attend d'ailleurs à une vague de fusions/acquisitions dans le collaboratif. Ce qui ne devrait que cristalliser un peu plus la lutte acharnée que se livrent les grands noms. "Le marché va se standardiser autour de quatre ou cinq noms", pronostique Christophe Toulemonde, de Jemm Research.
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