Dossier : dans la foulée de l'e-mail, le collaboratif migre vers le Saas 

Le 15 juin 2010 (13:23) - par La rédaction

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Rubriques : Internet et Intranets - GED - Gestion de contenus - Collaboratif - SaaS - Web 2.0 Tags : microsoft - google - ibm - sap - reseaux-sociaux - collaboratif - messagerie - zimbra - Communications unifiées - social

Poussés par un Google qui a choisi le collaboratif pour faire son entrée sur le marché des entreprises, les grands du secteur - Microsoft et IBM surtout - accélèrent leur migration vers le Saas. Quitte à parfois semer en route les entreprises utilisatrices.

Collaboration 2.0 : des utilisateurs encore circonspects, des entreprises (presque) prêtes à investir

Collaboration ou le mot valise par excellence. Si les grands noms du logiciel n'en finissent plus de muscler leurs plates-formes à coups de nouveaux services, quitte parfois à tomber dans le piège de la redondance, les usages progressent eux plutôt à un rythme de sénateur. Dans une étude dévoilée en janvier, le cabinet Jemm Research montrait ainsi que pour la majorité des organisations, collaboration rime encore avec... e-mail et téléphone. Des outils traditionnels qui sont d'ailleurs plébiscités par les utilisateurs. "Les salariés sont encore des e-mail workers", tranche Chistophe Toulemonde, directeur du cabinet. Si le constat est brutal, il masque tout de même la lente progression des outils 2.0 dans les organisations... ou, à défaut, leur usage via des terminaux mobiles (qualifiée "d'informatique souterraine" par Jemm, en ce sens qu'elle entre dans les entreprises par les individus, hors de tout contrôle de la DSI). Ainsi, l'usage des réseaux sociaux atteint les 40 %, tandis que le messagerie instantanée peine à dépasser les 30 %. A comparer aux 65 % d'utilisation de la téléconférence téléphonique. Blogs, wikis, téléphonie unifiée et microblogging restent eux largement en-deçà des 10 %. 

Les entreprises vont se risquer sur le social ?

Même constat pour le cabinet Markess, qui dévoilait en février une étude auprès de 200 entreprises françaises. Pour 80 % d'entre elles, la messagerie électronique d’entreprise, ainsi que ses composants - presque rudimentaires -  d’agenda ou d’espace de travail partagés, ont formé en 2009 l’essentiel du bagage collaboratif mis à disposition des utilisateurs. Mais Markess se montre optimiste sur les investissements des organisations françaises dans les deux ans qui viennent, le cabinet estimant que graduellement les entreprises vont agrémenter leurs solutions de touches d’instantanéité et de notions participatives et sociales. Parmi les souhaits émis par plus d’un quart des entreprises sondées, le cabinet cite les espaces collaboratifs et les solutions permettant la création de contenus à plusieurs ; la gestion de projet ; les solutions de partage de contenus, de gestion documentaire ou de contenus ; les réseaux sociaux d’entreprise ; les solutions de gestion de contacts et de présence ; les blogs et wikis, la messagerie instantanée et la conférence Web.

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L'impossible calcul du ROI

Un nouveau cycle d'investissement donc ? Pour Christophe Routhieau, vice-président produit de BlueKiwi, éditeur français de réseaux sociaux dédiés aux entreprises qui a récemment étendu ses activités aux Etats-Unis, c'est déjà une réalité outre Atlantique : "les DSI américains savent déjà que faire des affaires passe désormais par la prise en compte de ces outils collaboratifs ou sociaux. En France, les discussions portent encore largement sur la pertinence de ces outils ou sur le fait de savoir s'il ne s'agit pas là d'un effet de mode".

Sans oublier les habituelles questions sur le retour sur investissement de ces projets applicatifs. "La même question s'est posée aux débuts des projets de généralisation de l'e-mail, note Christophe Toulemonde. Le sujet est de nouveau sur la table, et les gains sont difficilement mesurables. C'est aux directions générales de faire le pari." Une récente étude du cabinet Kelton Research, réalisée pour Avanade, montre à ce sujet quelques signes d'optimisme, avec des entreprises qui prévoient à une très large majorité d'accroître leur usage des outils collaboratifs dans les 12 mois qui viennent (voir tableau ci-dessous). Réalisée dans 17 pays auprès de plus de 500 grands responsables d’entreprises, DSI et responsables de division, l'enquête montre que ce sont même les premiers qui sont le plus sensibles à la collaboration à l'échelle de l'entreprise : ils sont 85 % à penser que le collaboration est plus importante que la spécialisation des individus (contre 81 % en moyenne). Et, à 64 %, ils estiment que les outils collaboratifs et de communication augmentent la productivité (les DSI le pensent à 65 %).


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Priorité aux outils qui font baisser les coûts

Tout en restant inflexibles sur l'essentiel, quitte à se montrer un peu paradoxaux. Ils sont ainsi 70 % à estimer que les outils doivent dégager par eux-mêmes des économies en temps ou en coûts au maximum dans les 24 mois qui suivent leur implémentation. Le coût des outils reste d'ailleurs le premier critère de choix de telle ou telle solution (voir ci-dessous). "C'est pour cela qu'on assiste à une forte adoption des technologies temps réel comme la voix ou la vidéo, commente Thierry Cazenave, directeur solutions postes de travail, collaboration et communications chez Avanade (SSII créée en 2000 par Accenture et Microsoft autour des technologies du premier éditeur mondial). Car le retour sur investissement est important et porte sur des éléments concrets, comme le budget consacré aux voyages."

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En complément :

- Collaboration : l'entreprise 2.0 est encore un mythe

- Outils collaboratifs : les entreprises françaises démarrent lentement, selon Markess

- Réseaux sociaux : les élites françaises comptent sur les jeunes

SAP ou l'approche par les processus

Dans l'univers de la collaboration, SAP fait entendre une petite musique originale, un refrain basé sur une approche par les processus. Une approche que le géant des ERP a souhaité rapprocher de Wave, le futur outil collaboratif de Google présenté comme le successeur de Gmail. En 2009, SAP avait ainsi présenté son module Gravity, conçu pour Wave, un outil dédié à la modélisation des processus métier de façon collaborative, chaque utilisateur intervenant sur le même diagramme, manipulant des objets simultanément. Depuis, l'éditeur a poussé les feux en sortant sa propre plate-forme collaborative : StreamWork. Disponible en mode Saas (avec une version gratuite limitée à 5 activités), la plate-forme, orientée vers la prise de décision, peut être étendue via des "méthodes", des plug-ins développés par des partenaires de l'éditeur (encore peu nombreux à ce jour).

"Les gadgets de Wave et les méthodes de StreamWork sont interopérables et fonctionnent sur les deux plates-formes", explique Alexis Naïbo, directeur du centre d’innovation de SAP en France, un ex-BO qui travaille notamment sur ces notions de collaboration autour des analyses décisionnelles. Une façon d'expliquer que StreamWork ne constitue pas une alternative à Wave, mais bien le fruit d'un effort commun, SAP travaillant sur les notions spécifiques aux besoins des entreprises, notamment sur les rapprochements avec le décisionnel. L'éditeur doit d'ailleurs prochainement sortir une version entreprise de sa plate-forme, s'intégrant à l'annuaire et proposant des fonctions de Single-Sign-On (SSO). Cet outil est actuellement en bêta. "Ce sera un mélange entre cloud et logiciel installé sur site", précise Alexis Naïbo.

Dans une version future, Streamwork devrait aussi logiquement intégrer l'outil d'analyse des réseaux sociaux issu des mêmes labos de l'ex-BO : SNA (Social Network Analyzer). Un outil conçu pour traiter les relations entre les membres d'une organisation comme les données d'un cube décisionnel et les présenter dans des interfaces adaptées.  

En complément :

- SAP veut bâtir le réseau social de l'administration française

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