L’équipe de développement de Chrome n’en a pas moins pris quelques libertés avec les dogmes du moment. Ainsi, selon la bande dessinée présentée par Google, c’est l’onglet, avec l’espace d’affichage qui lui est associé, qui est au centre de l’interface graphique, quand bien même reste-t-il dans une fenêtre. Et c’est très logiquement sous l’onglet que l’on droit trouver les éléments de navigation : barre d’adresse, barre d’outils, etc. Chaque onglet doit être à la fois détachable et rattachable à un groupe d’onglets. Cela peut faire penser à une fenêtre mais cela ne devrait pas en avoir exactement l’apparence ; reste à savoir quel accueil les utilisateurs réserveront à cette nouveauté ergonomique.
Bien sûr, on doit retrouver dans Chrome nombre d’astuces
vues ailleurs, à l’instar de la barre d’adresse dite
« intelligente » de Firefox. Mais aussi l’affichage de vignettes des
neufs pages les plus visitées, automatiquement, dans toute nouvelle fenêtre,
une fonction déjà vue également dans d’autres navigateurs.
Quel marché ?
C’est d’ailleurs l’un des questions que l’on peut se poser alors que Netscape peut être classé sans trop d’abus avec les cadavres du Web et qu’Opera, avec une part de marché inférieure à celle de Safari pour Mac, semble bien placé pour prendre la même direction. De son côté, Firefox peine à atteindre les 20 % tandis qu’Internet Explorer se maintient au-dessus des 70 %. Avec Internet Explorer 8, qui vient d’atteindre la version bêta 2, Microsoft semble décidé à ne pas se laisser manger la laine sur le dos. Et tant pis si, pour John Lily, directeur exécutif de Mozilla, s’amuse de voir le géant de Redmond courir après l’innovation apportée par ses concurrents.

Affichant une grande sérénité, Tristan Nitot commente l’annonce de Google sur son blog. Pour lui, « c’est intéressant : plus des gens intelligents travaillent à améliorer le Web pour ses utilisateurs, mieux c’est, c’est certain. La concurrence donne le plus souvent naissance à l’innovation. »
Reste à savoir si, là, ce n’est une autre bataille que celle des navigateurs qui se joue entre Microsoft et Google, mais plutôt celle de la publicité sur Internet. Le géant de Redmond a beau s’en défendre, le système de blocage publicitaire de l’actuel bêta d’IE8 pourrait, s’il perdurait, faire des ravages. Pour Google, Chrome n’est peut-être qu’un moyen de disposer d’un vecteur bien contrôlé de diffusion de ses publicités.















