Cloud Computing : des services émergent derrière une dénomination enchantée 

Le 08 septembre 2008 (17:23) - par David Castaneira

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Rubriques : Internet et Intranets - Green Datacenters - SaaS - Technologie Tags : microsoft - google - saas - ibm - salesforce - cloud-computing - amazon - dossier

L’émergence du Saas et les investissements monstres consentis par les sociétés les plus importantes du secteur ont mis le cloud computing au cœur du futur de l’IT. La définition d’un concept, d’autant plus flou qu’il est porteur en terme de marque, s’est précisée et les offres de services bâties sur le nuage commencent à se développer, donnant lieu à de nouvelles typologies d’acteurs.

Didier Durand, Publicitas : « rien n'équivaudra le cloud computing en fiabilité et en coût »

Sommaire
1- Introduction : quelle définition pour un concept enchanteur ?
2- Amazon
3- Google
4- IBM
5- Microsoft
6- Salesforce
7- Les start-up : AppNexus et Gogrid
8- Entretien - Didier Durand, Publicitas : « rien n'équivaudra le cloud computing en fiabilité et en coût »
9- Ressources web autour du cloud computing

Entretien avec Didier Durand, responsable Architecture et Technologie  de Publicitas (principale régie publicitaire presse Suisse) et créateur du blog Médias & Tech.

LeMagIT : Dans un post sur votre blog vous expliquiez récemment que le cloud computing allait modifier fortement la gestion des SI en entreprise. En quoi ?

Didier Durand : A très court terme, il n’y aura à mon avis pas de révolution dans les entreprises. Ces dernières ne sont pas prêtes à externaliser vers un "nuage hautement virtuel" et ce type d’approche demeure donc très nouvelle pour les décideurs qui hésiteront certainement à y déplacer leurs applications et données critiques. En revanche, l’impact indirect est déjà fort. Pour Publicitas par exemple nous utilisons les offres de service actuelles (EC2 ou S3 par exemple) comme benchmark sur les prix. La question que doit se poser la DSI est : est-on capable de produire de "l’énergie informatique" au même coût qu’Amazon, un acteur que je suis particulièrement ? On peut alors souvent constater très vite une différence de niveau, notamment pour des raisons très évidentes d’échelle. Dans une période où la flexibilité et la réduction des coûts du SI sont de plus en plus demandées côté utilisateurs, cela donne à réfléchir. L’arrivée du cloud computing incite également à se reposer la question du modèle d’achat de l’informatique. On aura de moins en moins d’achats en bloc, et de plus en plus de calcul du paiement à l’usage, y compris dans le cadre d’investissements pour des infrastructures internes. On se dirige à mon avis vers un "kiloWatt d'énergie informatique" acheté par l'entreprise comme elle achète son électricité. La seule question restante est la vitesse d'évolution vers ce nouveau modèle.

La sécurité des données semble être le principal frein à une adoption plus rapide des infrastructures de cloud computing voir des applications en mode Saas, qu’en est-il exactement ?

C’est le principal problème. Les entreprises devront évaluer le niveau de criticité de leurs données. Par exemple, chez Publicitas, on réfléchit actuellement à une éventuelle bascule mais sur les données non directement sensibles comme celles liées aux archives d'annonces déjà parues par exemple. Il s'agit d'expérimenter sans risque. En revanche les entreprises conserveront encore longtemps les données d’applications critiques comme la comptabilité ou l’administration des ventes. Les gens ne sont pas près de lâcher leur ERP (SAP par exemple). Il y a un problème psychologique. Les entreprises pensent que leurs données sont mieux là, dans leur SI local, que chez un fournisseur virtuel sur Internet. Même si la démarche représente encore un pas en avant dans la virtualisation par rapport à un outsourcing classique, pour ma part je ne suis pas sûr qu’elles aient raison. Mais, il faut laisser du temps au temps.

Pour les données stockées sur des services américains, le problème peut être également lié au Patriot Act. Depuis 2001 et la guerre déclarée au terrorisme, les autorités américaines ont la possibilité très vite d’accéder aux données informatiques, sans devoir véritablement en  demander l’autorisation à qui que ce soit, même pas à un juge. Cela fait forcément réfléchir les entreprises étrangères.

Quelques incidents ont frappé les prestataires  proposant déjà des services fondés sur le cloud computing, on pense par exemple à Amazon au printemps ou Google plus récemment,  qu’en est-t-il de la fiabilité des services ?

On est encore en période de rodage mais déjà les prestataires sont très forts, en tout cas plus que des services internes ou même des hébergeurs traditionnels dans beaucoup de cas. Ils ont des équipes nombreuses et très pointues et ils éprouvent leurs  processus  et dispositifs de haute disponibilité très performants en permanence. Maintenant sur Internet les choses sont rendues bien plus sensibles à cause de la transparence. Sur le web, le "coup de chaud" se voit tout de suite et l’information fait très vite le tour de la toile. Mais la plupart des entreprises connaissent cela aussi  de temps en temps et personne ne le sait. A terme, rien n’équivaudra en infrastructure et en fiabilité ce que des sociétés comme Amazon sont en train de mettre en place et qui est déjà très haut. Elles travaillent à une échelle inatteignable pour une société standard. On parle d'un million de serveurs pour Google. Cela leur donne des moyens colossaux pour construire un système ultra-solide et ensuite pour le surveiller à la loupe, chaque seconde, 24h/24 et 7 jours sur 7.

Au final, quelle est la principale promesse du cloud computing ?


A mon avis, ce qui est intéressant se sont les nouvelles idées d’applications qui vont pouvoir émerger. Il y a encore 5 ou 10 ans, vous aviez une idée innovante et il fallait lever des fonds, plusieurs millions d’euros, pour déployer une infrastructure, acquérir les serveurs et les logiciels propriétaires (système, base de données, etc.)du démarrage… Avec le Cloud computing, pour tous les développements web qui demandent de gros calculs ou de grosses capacité de stockage, c’est vraiment intéressant. Les coûts informatiques peuvent suivre la croissance de l’activité. Donc, si l'idée ne fonctionne pas on ne perd pas beaucoup de capital et si l’idée est bonne, la flexibilité et la "scalability" sont là pour très vite répondre à un fort trafic. Ce que j'évoque ici pour une start-up est aussi bien sûr valide pour une société bien établie avec un"projet-éprouvette" sur lequel elle ne souhaite pas prendre le risque de gros investissements d'infrastructure initiaux. Même pour de l’hébergement simple, les coûts sont intéressants.
Je suis convaincu  qu’entre le logiciel libre et le cloud computing, l'innovation va "bourgeonner" car elle devient nettement moins lourde et risquée. On va donc pouvoir voir émerger  des choses que l’on n’osait pas imaginer auparavant.

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Commentaire

Pertinence du commentaire : 3
Par cney
 Le 11/05/2009 à 14:26
Une définition 'officielle' du Cloud Computing est actuellement en cours de rédaction par le NIST. Une traduction en français est disponible sur le blog http://grid4biz.com
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