Stuxnet met en lumière l’absence de culture de sécurité IT dans les SCADA 

Le 08 octobre 2010 (12:46) - par La rédaction

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Rubriques : Sécurité Tags : microsoft - siemens - kaspersky - scada - saint gobain - stuxnet

Stuxnet apparaît désormais comme une véritable révolution pour les éditeurs de logiciels spécialistes des infrastructures industrielles à commande informatisée. Les limites de leur culture de la sécurité informatique ont déjà évoquées par certains experts. Aux Assises de la Sécurité, qui se déroulent actuellement à Monaco, en coulisse, c’est une impressionnante volée de bois vert qui leur est adressée.

Pour Bernard Ourghanlian, directeur technique et sécurité de Microsoft France, Stuxnet est appelé à entraîner une véritable révolution culturelle chez des acteurs du logiciel pour SCADA (Supervisory Control And Data Acquisition ; télésurveillance et acquisition de données, systèmes particulièrement utilisées dans le monde industriel) tel que Siemens, dont les outils ont précisément été visés par le fameux ver. « L'irruption d'Internet dans le monde industriel est quelque chose de récent, qui s’est fait progressivement au cours des cinq dernières années. Longtemps, il y avait séparation des réseaux de contrôle des systèmes industriels et des réseaux ouverts mais, petit à petit, il a commencé à y avoir interpénétration des deux réseaux.» Et de souligner que Stuxnet n’est pas le premier logiciel malveillant à toucher des équipements industriels. Conficker, d’une certaine manière, aurait dû servir de signal d’alarme. «Avec conficker, on a eu un exemple de menace de nature industrielle : des équipements hospitaliers en France étaient en fait accessibles via Internet...»

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Eugène Kaspersky, lors de son intervention aux Assises de la Sécurité, a appelé à la mise en place de réglementations sur la sécurité des systèmes IT industriels, avec responsabilisation des acteurs et pénalités en cas d’incident.

Et ont été infectés. «Le problème, dans l'état actuel des contrats qui lient l'hôpital et son fournisseur d’équipements, c’est que les personnels hospitaliers n'ont pas le droit d’appliquer des correctifs logiciels...» Un problème d’autant plus prégnant que, notamment pour des questions de coût, les auteurs des logiciels de ces équipements s’appuient désormais généralement sur des systèmes d’exploitation non durcis. Eugène Kaspersky, fondateur de l’éditeur du même nom, évoque d’autres exemples, à commencer par le crash du vol Spanair 5022, en août 2008 : «l’avion s’est écrasé en raison d’une défaillance des volets. Mais les ordinateurs, lors des tests au sol, n’ont pas rapporté cette défaillance... parce qu’ils étaient infectés.»

Une approche clé-en-main figée

Cyril Moneron, RSSI de Saint-Gobain, précise : «les éditeurs de solutions informatiques industrielles refusent de continuer de les supporter à partir du moment où l’on a modifié le système d’exploitation, ou on a appliqué des correctifs supplémentaires. Ils fournissent donc une solution, avec une configuration, et on ne peut pas y toucher. Si l’on commence à installer au dessus nos propres solutions ou à appliquer des correctifs, un certain nombre d’éditeurs nous disent "on ne vous supporte plus; si vous avez un souci, c’est votre problème". Cela montre bien qu’ils n’ont pas intégrer dans leur offre ces problématiques de mise à jour.» Heureusement, cela n’implique pas une approche totalement fermée : «ça, c’est le discours initial. Mais quand on leur montre ce que l’on va faire et quel est risque, sur certains sujets, ils finissent par accepter. Mais cela prend du temps et cela nécessite des compétences en local que l’on n’a pas forcément. Nous en opérateur central, on ne peut pas expliquer à 500 prestataires externes. Alors on se retrouve souvent avec des responsables locaux qui ne peuvent pas argumenter avec les prestataires. Et ce sont eux qui ont gain de cause. On se retrouve alors avec machines complètement obsolètes après 3 ou 4 ans.»

L’informatique s’immisce dans l’industrie

D’une certaine façon, ces spécialistes de l’informatique industrielle apparaissent dans une situation comparable à celle des spécialistes des télécoms lorsque l’informatique et le monde IP ont fait irruption dans leur univers. Pour Bernard Ourghanlian, il y a effectivement «un niveau à franchir pour que ces deux mondes se parlent. Les industriels doivent réaliser qu’ils sont de plus en plus dépendants de l’informatique et qu’il faut autoriser leurs clients à patcher.»  Cyril Moneron avance une explication. Selon lui, l’informatique «n’est pas le coeur de métier des industriels. Ils ont une logique de contrôle de processus, d’automaticiens, de production. La communication passe très bien avec les personnes de production et de la maintenance. Mais l’IT, ce n’est pas leur métier. On a aussi un effort d’éducation interne et externe à produire.»

La bonne nouvelle, c’est que le message commence à passer, selon le RSSI de Saint Gobain : «Siemens a commencé à intégrer la question des mises à jour dans sa réflexion. Mais ils sont encore sur des logiques de versions.» Las, en face, côté client, passer d’une version à l’autre implique des coûts : «les équipes de production n’ont pas forcément de valeur ajoutée à retirer de la mise à jour vers une nouvelle version. Et de préférer alors demeurer sur une version antérieure.» Bref, les éditeurs spécialisés dans l'informatique industrielle n’ont «pas encore intégré qu’après la livraison initiale du produit... l’environnement évolue.» Et que leurs outils devraient en faire autant.

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Par Pitoyable
 Le 08/10/2010 à 16:28
"Les limites de leur culture de la sécurité informatique" ...

C'est surtout les limites de leur culture informatique tout court !
Mettre en place des systèmes critiques dont on a pas les sources, dont le moindre collégien sait qu'ils concentrent 97 % des attaques, dont on ne peut pas dévalider ou enlever les services non utilisés etc ...
C'est même pas un manque de cultur : c'est de la connerie à l'état pure !
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Par Scandaleux
 Le 15/10/2010 à 14:13
Il ne faudrait pas inverser les choses..
l
L'informatique industrielle date des années 1960-70. I
Depuis il y a de nombreuses grosses installations qui n'ont jamais posé de problème.

Mais si les gens des SI, qui utilisent des OS multimédia non protégés sur des PC de salon, ceux qui élèvent le bugs et les vulnérabilités en batterie, viennent y mettre le souq et réparent leurs conneries avec des rustines, on a du souci à se faire.

En plus ils n'ont même pas conscience du danger.

Il y a des années que les experts en sécurité avertissent des risques des rootkits et nouveaux virus, pratiquement indécelables.

Utilisez des OS sécurisés contre ça et il y en a.

Le jour où il y aura un accident vous ne pourrez pas dire que vous ne saviez pas. Vous êtes censés connaître les règles de l'art de vos métiers.
Les experts ne gardent pas leurs publications secrètes.

Et ce n'est pas Microsoft qui sera responsable, mais celui qui a choisi cette solution non sécurisée.

Il suffit qu'un avocat demande au juge de désigner un expert en sécurité informatique et vous vous retrouverez en taule.. C'est une faute professionnelle grave.

Vous aurez le temps de lire leurs publications pour sécuriser un OS.

Je doute de ce problème pour un avion : l'aviation a une norme DO 178 B, qui impose des OS et logiciels certifiés.

Il serait souhaitable qu 'il y ait des normes et des audits dans les installations à risque, pour virer les amateurs de ce métier.


Le fournisseur est tenu d'informer son client des risques. En plus la sûreté nucléaire ne concerne pas que le pays du client, on l'a vu pour Tchernobyl et les acteurs du nucléaire sont , dans cet exemple, allemands.

S'ils ne savent pas faire qu 'ils se contentent d' installer des caisses enregistreuses à Lidl.
Mais Lidl les a peut être déjà mis dehors.
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