Dans le monde de la téléphonie mobile, les ambitions de Sun pour JavaFX semblent plutôt bien accueillies. Du moins, les salariés d’un constructeur de téléphones présent à JavaOne ne cachent-ils pas leur intérêt pour cette extension de Java. Mais, pour eux, c’est tout autant la technologie que la compétition avec Adobe Flash Light qui est intéressante : cette compétition leur permet d’attirer à la fois des développeurs Flash et des développeurs Java pour le plus grand bien de l’écosystème logiciel de leurs téléphones mobiles. Mais, dans le monde du Web, le doute est là.
Pour un développeur rencontré dans l’espace Java Utopia de
la manifestation, « JavaFX ne marchera peut-être pas sur le Web, face à
Ajax, Silverlight ou Flex. Mais l’important, c’est le téléphone mobile. Et là,
Java est déjà bien implanté, dans des endroits dont Flash et Silverlight sont
absents. » Son de cloche comparable chez Adobe où, pour un collaborateur
de l’éditeur, « JavaFX est très loin derrière Flex. Mais c’est tout de même
une bonne nouvelle ; Sun finit ainsi de valider notre concept de RIA. Et,
vous savez, s’il n’y a qu’un acteur pour pousser un concept, les entreprises ne
mordent pas. Là, on va avoir Flex, JavaFX et Silverlight. » Un développeur
Ajax se montre tout aussi critique : « toutes les personnes un peu
techniques présentes dans la salle au moment de la critique de Larry Ellison à l’encontre d’Ajax ont rigolé.
JavaFX est loin de la maturité d’Ajax. Notament, JavaFX ne permet pas, pour l’heure,
de créer des applications d’entreprise supportant de gros volumes de données.
Le terrain est clairement dominé par Ajax et Flex pour le moment ;
Silverlight n’entre que là où il y a des partenariats très serrés avec
Microsoft. »
Et sur le mobile ? « Ajax est en fait le plus intéressant. Pour l’heure, la compatibilité de Flash Lite d’Adobe n’est pas assurée avec Flex ; Silverlight est absent du mobile. Et tous ont un souci avec l’iPhone. »
Et pourquoi pas un Sunphone ?
Mais alors, Sun doit-il se lancer dans la production de
terminaux mobiles – téléphones ou netbooks, comme Larry Ellison a pu le laisser
entendre ? « Qu’ils se concentrent sur les serveurs… bien sûr, ils
peuvent essayer de faire des téléphones mobiles, mais ça prend du temps de se
faire une place sur le marché. […] Je ne prends pas cette remarque très au
sérieux », explique un constructeur de téléphones portables. Un second,
spécialiste du segment professionnel, se dit « serein » avec un léger
sourire en coin. Mais pour le développeur croisé sur Java Utopia, « il est
temps » que Sun se mette à faire des téléphones mobiles ! « Je
suis fatigué, explique-t-il, de voir Sun créer de bonnes
technologies en laissant à d’autres le soin de gagner de l’argent avec. »
Mais un petit éditeur s’interroge : « je ne sais pas comment le
prendre. Sinon que ces marchés sont déjà bien encombrés. » Et d’ajouter,
avec une pointe d’humour grinçant, que les seuls effectifs de Sun et Oracle
constitueraient « déjà un marché, en soi, pour de tels produits. »
Un collaborateur nord américain d’Orange affirme pour sa part que Sun lui a apporté quelques clarifications : « ce qu’ils veulent, c’est juste faire du logiciel. Un peu comme Google avec Android. » A moins qu’il ne s’agisse de faire d’un Android une plateforme JavaFX de référence… Bref, beaucoup de questions, de doutes, et bien peu de réponses.














