VMware : après le datacenter, les nuages…
VMware a officiellement débuté la commercialisation de vSphere au mois de mai après avoir largement dévoilé les caractéristiques de son offre de virtualisation de nouvelle génération lors des VMworld de Las Vegas et de Cannes. vSphere est présentée à la fois comme la nouvelle génération de produits d'infrastructure de VMware et donc comme le digne successeur de l'offre VMware Infrastructure, mais aussi comme la première étape d’une initiative lancée par VMware en septembre dernier à Las Vegas pour créer ce qu’il appelle un OS virtuel pour centres de calcul.
Pour le CEO de l'éditeur, Paul Maritz, vSphere veut d’abord répondre à un besoin, celui « d’une nouvelle interface vers l’infrastructure. » vSphere peut ainsi être perçu comme un millefeuille d’abstraction intercalé entre équipements serveurs et applications. Parmi les couches du millefeuille figurent notamment vCompute pour la virtualisation du matériel, vStorage pour la gestion du stockage, vNetwork pour la gestion du réseau et encore vSafe pour sécurité. Tous ces services d'abstraction de l'infrastructure doivent permettre aux entreprises de mieux exploiter leurs datacenters mais surtout de gérer avec une souplesse jusqu'alors inconnue le fonctionnement de leur informatique.
Virtualiser, de la PME au Cloud
Vsphere ne se limite pas aux datacenters. Il doit jouer un rôle de la PME aux grandes infrastructures en nuage . Pour les PME, VMware met en avant le concept de « always-on IT in a box ». Il s'agit d'offrir aux PME les moyens de bâtir simplement une infrastructure virtualisée résiliente. Bref une version moderne de l'AS/400 mais sur une base ouverte et standard: « vous pouvez prendre une configuration relativement modeste, avec quelques serveurs, et un contrat de maintenance périodique. En cas de panne d'un élément, votre infrastructure continuera de fonctionner, du fait de la résilience de vSphere. Lors de l’intervention de maintenance programmée, vous n’aurez qu’à faire remplacer le composant défectueux. » Ticket d’entrée : 3000 € pour trois serveurs bi-processeurs pour l'offre vSphere Essentials Plus (qui inclut la haute disponibilité, mais pas le vMotion) .
A l'autre bout de la chaîne informatique, vSphere doit aussi répondre aux besoins des grands opérateurs d'infrastructures en nuage. Selon Paul Maritz, plus de 400 partenaires « vont supporter vSphere au sein de leurs clouds », parmi lesquels des géants tels qu'AT&T, Savvis, Terramark, Verizon, ou plus proche de nos contrées, BT, Orange ou T-Systems… Ce support de vSphere dans les grandes infrastructures d'hébergeurs doit offrir plusieurs garanties aux entreprises clientes. La première – et pas la moindre – étant l’assurance d’une continuité dans le respect des politiques – de sécurité comme de configuration – appliquées à des serveurs ou des applications virtuels. Au final, pour Paul Maritz, le métier d’hébergeur ne consistera plus à louer des serveurs mais à vendre un package de capacités.
Plus de puissance mais aussi une meilleure gestion de l'ensemble des composants de l'infrastructure
Bien sûr pour parvenir à satisfaire les besoins les plus exigeants, VMware a du doper les capacités de son hyperviseur. ESX Server 4.0, c’est ainsi plus de puissance et une capacité de consolidation en hausse de près de 30% selon l'éditeur, avec notamment la possibilité d’agréger au sein d’un unique pool de ressources jusqu’à 32 serveurs physiques et 2 048 cœurs ; 1 280 machines virtuelles, 32 To de mémoire vive, 16 péta-octets de stockage et 8 000 ports réseau. Chaque serveur virtuel pourra se voir allouer, d’ici la fin 2009, jusqu’à 8 processeurs virtuels et 256 Go de mémoire vive et un même serveur physique pourra disposer d'une bande passante réseau effective de 40 Gbps.
Les nouveautés de vSphere ne se limitent toutefois pas à cette seule course au gigantisme. Il y a tout d'abord une bien meilleure gestion du réseau avec la notion de commutateur distribué (uniquement dans la version entreprise plus), permettant à un pool de serveur d'oeuvrer au sein d'un même domaine de commutation, mais surtout la possibilité d'étendre les capacités du produit avec des commutateur virtuel tiers comme le Nexus 1000V de Cisco, revendu par VMware et exploité par la couche vNetwork de virtualisation des interfaces réseau. La couche vCompute offre aussi de nouvelles fonctions pour optimiser la gestion des entrées/sorties, mais aussi la consommation énergétique, avec la fonction Distributed Power Management, qui permet d'optimiser la consommation à l'échelle d'une ferme de serveurs, par exemple en optimisant le placement des machines virtuelles, mais aussi en exploitant les capacités des dernières puces d'Intel et AMD. La couche vStorage, enfin, s’enrichit de fonctions d'allocation granulaire et dynamique de capacité (Thin Provisionning) et peut adapter, à la demande, la taille des volumes logiques. Le tout est complété par le support de la migration en temps réel des machines virtuelles et de leurs unités de stockage.
Cet ensemble de fonctions est d’ailleurs astucieusement exploité par VMware pour son option Fault Tolerance (licences Advanced, Entreprise et Entreprise plus) : activable en un clic de souris, elle permet la création d’un clone d’une machine virtuelle sur un autre serveur physique; l’état des deux machines virtuelles est synchronisé en continu. De quoi garantir la continuité de service pour les applications concernées en cas de défaillance physique. La sécurité n'est pas oubliée : avec vShield Zones, les machines virtuelles sont isolées par zones, avec des pare-feu virtuels ; l’isolation est maintenue selon les mêmes règles même lorsque l’on déplace les machines virtuelles avec vMotion.
La suite vSphere 4 affiche des tarifs alléchants en entrée de gamme, mais au prix d'une sérieuse amputation de ses fonctions. A l'inverse, en haut de gamme, les licences de la version entreprise plus affichent des tarifs salés, à environ 3500 € par processeur pour une version avec un an de support 24x7. Pour ceux que l'usage de la calculatrice répugne, cela veut dire 14000 € pour un serveur quadri socket, et encore sans intégrer le coût de la licence de la console d'administration vCenter, facturée en sus. La découverte de ces tarifs a d'autant plus fait grincer des dents certains clients, que la version entreprise plus est une nouveauté de vSphere 4. Les entreprises qui disposaient de licence Entreprise d'ESX 3.5 avec contrat de maintenance doivent donc remettre au pot si elles veulent bénéficier des fonctions avancées apportées par la nouvelle mouture. Bref, VMware fait payer cher son avance technologique, une stratégie risquée à l'heure où ses concurrents font preuve d'une bien plus grande modération tarifaire et où les budgets IT dédiés à l'infrastructure sont en forte baisse.
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Par g


