XenServer 5.5 : Un challenger solide
Profitant de sa conférence Synergy 2009, Citrix a annoncé le 6 mai dernier le lancement de XenServer 5.5, la dernière mouture de son environnement de virtualisation pour serveurs. 100% gratuit depuis la fin du mois de mars (y compris pour les fonctions avancées comme le déplacement en temps réel de machines virtuelles), XenServer a semble-t-il vu son rythme d'adoption s'accélérer avec le passage en mode gratuit. Lors d'un entretien avec LeMagIT, John Humphreys, le directeur du marketing produit pour les logiciels de virtualisation et d'administration de Citrix, nous a ainsi expliqué que près de 20 000 licences XenServer gratuites avait été activées au cours du seul mois d'avril. Si ce rythme se maintient, explique Humphreys, XenServer devrait contrôler environ 15% du marché de la virtualisation de serveur d'ici la fin de l'année.
Pas de révolution, mais des évolutions demandées par les utilisateurs
Alors que VMware vient de lancer la version 4.0 d'ESX Server et que Microsoft met la dernière main à la version 2.0 d'Hyper-V, Citrix n'a pas apporté d'évolution radicale à un produit qui avait déjà bien évolué avec sa version 5.0. L'éditeur s'est plutôt efforcé de répondre aux principales demandes d'améliorations exprimées par ses utilisateurs. La version 5.5 apporte ainsi une fonction de backup consolidé, qui permet aux outils de sauvegarde des éditeurs tiers de s'interfacer avec XenServer pour fournir des services de backup des VM mais aussi des environnements qu'elles contiennent. Autre nouveauté, il est désormais possible désormais d'exécuter des snapshot des VM directement depuis l'interface graphique d'administration XenCenter, même lorsque le stockage est local. Toutefois, la restauration de ces snapshots nécessitera de passer par l'interface en mode ligne de commande.
Citrix a également amélioré XenConvert, son outil de conversion de machines virtuelles, pour simplifier la migration des VM au format VMDK de VMware vers le format VHD utilisé par Hyper-V et XenServer. XenConvert supporte aussi les formats OVF (open virtualization format), OVA (open virtual appliance) et XVA (XenServer virtual appliance). Une dernière nouveauté mise en avant par Citrix est l'intégration entre XenCenter et Active Directory qui permet désormais aux administrateurs de faire hériter les environnements XenServer de droits Active Directory.
Pas (encore) de support pour la virtualisation d'entrées/sorties
Citrix est plus discret sur l'absence du support dans cette nouvelle mouture des fonctions de virtualisation d'entrées/sorties dans les nouveaux serveurs à base de Xeon 5500. A ce jour, seul VMware supporte ces fonctions avec ESX 4.0 (quoique sur un nombre très limité de cartes I/O et avec un support expérimental). Lors d'un entretien avec LeMagIT, Ian Pratt, le père de Xen, aujourd'hui vice-président du groupe Produits Avancés de Citrix, nous a confié que cette absence est un choix de conception de la part de l'éditeur. Le support de la virtualisation d'I/O est en effet présent dans le moteur open source Xen 3.3, mais Citrix a fait le choix de ne pas la supporter dans XenServer. Pratt estime qu'en l'état, la virtualisation d'I/O pose plusieurs problèmes.
Tout d'abord, si ouvrir un chemin direct entre une VM et un périphérique améliore les performances, cela contraint aussi à installer les pilotes adaptés dans les VM et nuit donc à leur mobilité - ainsi l'usage de VMdirectPath dans VMware ESX bloque toute possibilité de VMotion, l'hyperviseur ne contrôlant pas l'état des périphériques. Citrix travaille sur un schéma de pilote hybride, qui permettra de résoudre ce problème dans une future mouture, en faisant en sorte que la VM bascule sur un pilote générique si elle est déplacée vers un serveur qui ne dispose pas de la même carte réseau ou du même HBA Fibre Channel que le serveur source. Un autre problème pointé du doigt par Pratt est l'immaturité des premières cartes d'entrées/sorties supportant le standard de virtualisation d'I/O SR-IOV. La virtualisation d'entrées-sorties ne donc devrait arriver qu'avec la prochaine version majeure de XenServer, sans doute en 2010, ce qui permettra à Citrix de supporter aussi bien les implémentations d'Intel que celles d'AMD. Cette mouture devrait logiquement être basée sur la version 3.4 de Xen, une version que prévoit aussi d'utiliser Oracle pour OracleVM 3.0.
Des tarifs attractifs face à VMware
XenServer 5.5 est disponible immédiatement en téléchargement sur les serveurs de Citrix. Cette mouture est appuyée par une nouvelle offre d'administration payante, Citrix Essentials, qui apporte à XenServer des fonctions de provisionning de machines virtuelles (via Citrix Provisionning Server), de nouvelles fonctions d'orchestration et d'équilibrage de charge de machines virtuelles , ainsi qu'une intégration accrue avec les solutions de stockage et de gestion du stockage de près de 20 constructeurs. Essentials ajoute aussi à l'hyperviseur des fonctions de haute disponibilité. Une version dite Platinum de l'outil d'administration de Citrix fournit en outre des outils de Stage Management et de Lab Management, ainsi que le provisionning des machines virtuelles et des serveurs physiques. Citrix Essentials est vendu 2750 $ pour un serveur tandis que l'édition Platinum coûte 5500 $, des prix qui incluent un an de maintenance et auxquels il convient d'ajouter 1500 $ par serveur pour un support en heures ouvrées et 3000 $ pour un support 24x7 A titre de comparaison le package vSphere 4 Enterprise coûte environ 7000$ par serveur bi-processeur avec support en jours ouvrés. Il faut ajouter environ 3000$ par serveur bi-processeur pour Lab Manager. Ces prix doivent être doublés chez VMware pour des serveurs quadri-socket…
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