Windows Server 2008 R2 : l’accent est mis sur la virtualisation, mais pas seulement 

Le 19 avril 2010 (14:15) - par La rédaction

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Rubriques : Windows - Virtualisation de serveurs Tags : microsoft - virtualisation - windows - hyper-v - windows-7 - system center - Windows Server 2008 R2

Le dernier OS serveur de Microsoft mise sur ses fonctions de virtualisation, sur son intégration avec Windows 7 et sur une multitude d'améliorations en matière d'administration pour séduire. Il s'agit de notamment de réduire les coûts d'exploitation par rapport aux versions existantes, de simplifier l'intégration avec les parcs Windows 7, mais aussi d'offrir une réponse efficace et économique à VMware. L'enjeu est important pour Microsoft : 65% de la base installée Windows Server en France utiliserait encore Windows 2000 Server et Windows Server 2003.

Hyper-V arrive à maturité dans Windows Server 2008 R2

AU SOMMAIRE...
1. Windows 2008 Server R2 joue la carte de la virtualisation et de la filiation avec Windows 7
    1.1. Remote Desktop Services : virtualiser les applications et les postes de travail
    1.2. Fin de la route pour Windows sur Itanium

2. Hyper-V arrive à maturité dans Windows Server 2008 R2
    2.1. Remote Desktop Services : virtualiser les applications et les postes de travail
    2.2. Fin de la route pour Windows sur Itanium

3. Des fonctions spécifiquement conçues pour les postes clients Windows 7

Windows Server 2008 R2 apporte plusieurs améliorations à la technologie Hyper-V qui étaient attendues depuis sa sortie initiale. Ces mises à jour de la plate-forme de virtualisation de Microsoft portent notamment sur la disponibilité des VM et sur le stockage des machines virtuelles. Pour les utilisateurs Windows qui attendaient la mise à jour d’Hyper-V pour faire le pas vers la virtualisation, Windows 2008 R2 est la réponse.

La nouveauté la plus attendue dans Hyper-V 2.0 est sans conteste la mise en oeuvre  de la migration à chaud des machines virtuelles, qui vient supplanter le mécanisme existant de «Quick Migration» jusqu’alors intégré à Hyper-V. 

Enfin des migrations à chaud

Microsoft n’avait peut-être pas tord de dire que la plupart des entreprises n’ont pas besoin du déplacement à chaud. Mais l’absence de cette fonction était devenu une source de railleries pour beaucoup, alors que XenServer et ESX en disposaient depuis longtemps. Microsoft a donc fini par revoir sa copie.

D’un point de vue technique, la refonte de l’architecture requise pour permettre à Hyper-V de supporter la migration en direct a pas mal d’implications. Ainsi Hyper-V 1.0 plaçait une VM en état enregistré (basiquement la VM sauvegarde le contenu de sa mémoire sur disque) avant de la déplacer sur un nouveau serveur, qui devait alors recharger l’état du disque en mémoire pour reprendre à son compte la VM. D’où le temps de plusieurs secondes nécessaire à la bascule. Pour éliminer ce délai, Microsoft a dû développer une sorte de mécanisme de pré-copie qui migre la majorité de l’état la machine virtuelle, tout en lui permettant de continuer à fonctionner normalement.

Une fois cette copie initiale terminée, Live Migration met en pause la machine virtuelle source, copie les dernières modifications effectuées, et transfère le contrôle au nouvel hôte qui redémarre la VM quasi instantanément. Le fait que l’architecture combine pause et copie différentielle implique considérablement moins de transfert de données, se traduit par une vraie migration en direct, tout comme dans les autres plates-formes de virtualisation.

Des améliorations pour Hyper-V au menu de Windows Server 2008 R2 SP1 
Alors qu'Hyper-V commence à séduire les grands comptes (la Maaf présentait ainsi, lors de la seconde journée des Techdays 2010, un projet massif de virtualisation sous Hyper V 2.0 couplé à une solution SAN répliquée fournie par Hitachi Data Systems), Microsoft a profité de sa conférence pour évoquer quelques-unes des améliorations attendues pour le premier Service Pack de Windows Server 2008 R2, dont on présume qu'il devrait faire son apparition d'ici l'été ou l'automne.
Ceux qui espéraient un éventuel support de la virtualisation d'entrées-sorties (VT-d chez Intel et IOMMU chez AMD) devront patienter un peu plus longtemps et l'arrivée d'Hyper-V 3.0, sans doute, avec la prochaine mouture du noyau Windows, attendue avec le futur "Windows Server 8" (mi ou fin 2011, si Microsoft suit son rythme habituel de développement, soit 18 à 24 mois entre les versions de Windows Server).
En revanche, le premier Service Pack devrait apporter de sensibles améliorations du côté de la gestion mémoire avec le support de l'allocation dynamique de mémoire, une technologie qui permettra d'allouer à la volée de la mémoire supplémentaire à des machines virtuelles qui en auraient besoin en "empruntant" de la mémoire non utilisée par d'autres VM.
Petit bémol toutefois, la technologie supposera que les OS clients dans les VM supportent l'ajout et le retrait à chaud de mémoire vive (ce qui est toutefois le cas de la plupart des versions récentes de Windows et des distributions Linux récentes de Red Hat et Novell).

Pour permettre la migration à chaud des VM, Microsoft a aussi du repenser la façon dont Windows Failover Clustering interagit avec les ressources de stockage. Tant dans la version originale de Windows Server 2008 que dans R2, Hyper-V s’appuie sur les fonctions de Failover Clustering de Windows. Dans la première mouture toutefois, l'architecture de Failover de Microsoft ne prévoyait rien en matière de stockage, ce qui fait qu’en cas de défaillance d’une VM, les fonctions de cluster basculaient l’intégralité des ressources de stockage sur lesquelles était localisée cette VM vers un autre serveur. En raison de cette limitation, Microsoft préconisait dans les scénarios de haute disponibilité avec Hyper-V 1.0 de limiter le nombre de machines virtuelles à une par LUN. Un vrai casse-tête d’administration pour les responsables système et stockage. 

Un mécanisme de cluster pour le stockage

Dans Hyper-V 2.0, Microsoft a ajouté une nouvelle fonction baptisée Cluster Shared Volumes (CSV) . Les CSV s’appuient sur le système de fichier NTFS et permettent à plusieurs hôtes d’accéder simultanément à la même ressource disque. Mais comme NTFS n'a pas de mécanisme de verrouillage pour permettre à plusieurs hôtes l’accès simultané à un volume,  une couche supplémentaire de gestion a été ajoutée pour garantir que tous les nœuds du cluster sont conscients de qui est propriétaire - et donc gère et modifie - quels fichiers et dossiers. Les différents noeuds du cluster  (en fait les serveurs hôtes virtualisés avec Hyper-V) interrogent la couche de gestion CSV avant d'apporter des modifications aux fichiers et dossiers permettant un véritable accès concurrent par plusieurs serveurs à un seul volume NTFS.

Le bénéfice immédiat est qu’il est désormais possible d’héberger plusieurs machines virtuelles sur un LUN unique, ce qui réduit considérablement le nombre d’unités logiques et simplifie grandement l’administration. Le cluster peut en effet effectuer une opération de failover sur une unique VM sans affecter l’intégralité d’une ressource disque. Il est à noter que l’usage des services de clusters présente d'autres avantages notamment en matière de haute disponibilité. La solution assure ainsi la redirection dynamique des entrées/sorties (SAN et LAN) en cas de défaillance d'un lien réseau.

Réduire les coûts de la virtualisation

Avec la sortie de vSphere 4.0, VMware a considérablement élevé le niveau technique de sa plate-forme, mais également dopé singulièrement le coût de la virtualisation, en particulier pour les petites et moyennes entreprises. La réponse de Microsoft est particulièrement agressive dans la mesure où, pour les comptes Windows, Hyper-V est un rôle gratuit. Et ce avec l’ensemble de ses fonctions dont la haute disponibilité et la migration à chaud (il faut toutefois s’acquitter des licences adéquates de System Center VMM pour gérer des environnements à plusieurs serveurs et piloter simplement les fonctions de migration. Le résultat est une plate-forme de virtualisation à un prix défiant toute concurrence, en tout cas pour les comptes Windows.
Microsoft a également ajouté plusieurs améliorations bienvenues à Hyper-V 2.0. La première a pour nom Dynamic Virtual Machine Storage et permet l’ajout et le retrait à chaud de ressources disques dans une machine virtuelle.

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L’éditeur de Redmond a également ajouté à cette mouture le support des extensions de virtualisation des dernières puces Intel et AMD et notamment les fonctions de gestion de pages mémoires EPT (Intel) et RVI (AMD). La fonction dite de «Core Parking» permet, quant à elle, de réduire la consommation des serveurs virtualisés en concentrant les VM sur les coeurs processeurs actifs, ce qui permet de mettre en sommeil les coeurs non utilisés. Côté réseau, le support des Jumbo Frames Ethernet dans Hyper-V améliore également les performances de transfert pour certains types d’applications. Bref, c’est un nombre conséquent d’améliorations qu’apporte Hyper-V 2.0.?Bien sûr, cela ne suffit pas encore à faire de la plate-forme de Microsoft l’égale de celle de VMware, ne serait-ce que parce que l’offre d’outils d’administration de Microsoft reste encore inférieure à celle de VMware.

Mais Hyper-V 2.0 est bien suffisant pour la plupart des besoins de virtualisation de services d'infrastructure et il peut encore être amélioré via des outils tiers comme Citrix Essentials, qui ajoute des fonctions précieuses d’administration du stockage, de lab management ou de reprise après désastre, et ce pour un coût sensiblement inférieur à celui des offres de VMware. De quoi faire réfléchir en ces temps de disette budgétaire. Notons pour terminer que les limitations de licence restent inchangées par rapport à Windows Server 2008 et qu’il est fortement recommandé d'opter pour Windows Server Datacenter Edition pour bénéficier d'un nombre illimité de machines virtuelles Windows par serveur physique. A défaut, l'acquisition d’une licence de Windows Server 2008 R2 édition entreprise donne le droit d'héberger jusqu'à 4 VM.

System Center Essentials 2010 : un compagnon idéal pour l'administration d'Hyper-V dans les PME

Si Windows Server 2008 R2 a apporté un véritable coup de fouet à la virtualisation sous Windows grâce à l’inclusion d’Hyper-V, il manquait encore à Microsoft une solution simple et économique pour administrer la virtualisation pour les PME. Avec System Center Essentials 2010, l’éditeur dispose sans aucun doute de quoi combler ce vide. SCE 2010 vise les environnements intégrant quelques dizaines de serveurs (avec un maximum de 50 serveurs physiques ou logiques) et pour la partie gestion des postes de travail, jusqu’à 500 PC. Il est donc bien adapté aux besoins des PME de taille moyenne.

Cette nouvelle édition est une refonte en profondeur par rapport à l’édition précédente, notamment en terme d’interface. Si elle reprend les fonctions de gestion du cycle de vie de la mouture antérieure (gestion et application des correctifs, télédistribution et téléinstallation de logiciels sur les postes serveurs et clients), de même que les fonctions de supervision de serveurs et d’applications (empruntées à System Center Operations Manager 2007), elle ajoute (enfin) la gestion des environnements virtuels. 

Des fonctions de gestion des environnements virtuels...

Ce support des environnements virtuels a été obtenu grâce à l’intégration des principales fonctions de System Center Virtual Machine Manager 2008 R2 - à l’exception notable de la gestion des environnements VMware.

Cette intégration permet de gérer et déployer des environnements virtuels sous Hyper-V R2 à un coût très raisonnable. Depuis la console d’administration de SCE 2010, l’administrateur peut ainsi activer très simplement le rôle Hyper-V sur un serveur physique, puis déployer et administrer des machines virtuelles. Parmi les fonctions disponibles figurent bien sûr la création de nouvelles VM (manuellement ou depuis un modèle existant), ou la conversion d’une machine physique en machine virtuelle grâce aux outils de P2V (migration du physique vers le virtuel) intégrés. SCE 2010 permet aussi d’effectuer en quelques clics la migration d’une machine virtuelle d’un serveur physique à un autre et inclut des fonctions d’optimisation du placement des machines virtuelles en fonction de la charge des serveurs.

Microsoft a aussi intégré à SCE 2010 la notion de « PRO Tips » (Performance and Ressource Optimisation Tips), un système de conseil qui permet à l’administrateur de bénéficier de conseils ou de recettes prêtes à l’emploi, en cas d’incident (comme la saturation des ressources CPU ou mémoire d’un serveur)... L'intégration entre les fonctions d'administration de SCE et de VMM a été soignée et il est très facile de voir les liens entre les machines virtuelles et leurs hôtes ce qui permet de mieux s’y retrouver entre physique et virtuel. 

... qui s’ajoutent à celles de supervision et d’administration des serveurs et postes clients

Si SCE 2010 s’enrichit de fonctions de gestion des machines virtuelles, il n’en oublie pas pour autant ses fonctions premières de gestion des environnements systèmes. On retrouve ainsi les fonctions d’inventaire de serveurs (physiques et virtuels) ainsi que les fonctions de supervision. Des agents s’installent automatiquement pour permettre de superviser tout serveur (virtuel ou physique) et tout poste client Windows raccordé au réseau. Il est ainsi très simple d'obtenir une vue synthétique de l’état d’un serveur, des applications installées et des correctifs qui ont été appliqués. SCE 2010 permet aussi de concevoir des packages applicatifs et de les télédistribuer sur les serveurs ou sur les postes clients.

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