Linux à Munich : le projet pédale dans la choucroute 

Le 29 juin 2009 (16:29) - par Cyrille Chausson

Rubriques : Linux Tags : microsoft - windows - licences - linux - poste-travail - budgets - allemagne - open-source

Après de multiples décalages, le projet de migration des postes de travail de la Ville de Munich vers Linux ne connaîtra de vrais résultats qu'à la mi-2012, nous apprend le quotidien Heise. Des retards à répétition qui font gonfler inévitablement la facture de la migration, décalant au passage les premières retombées financières. De quoi faire réfléchir les autres organisations tentées par l'abandon de Windows...

L'emblème de la migration Linux hoquete. Le très médiatisé projet LiMux, qui vise à basculer les 14 000 postes de travail de la Ville de Munich vers Linux et OpenOffice, a une nouvelle fois été décalé, a révélé le quotidien Heise.de, dans son édition du 24 juin.

« D'ici à la mi-2012, 80 % des 14 000 postes de l'administration de la ville auront migré sur Linux. Et à la fin de cette année, tous les employés de la mairie auront quitté Microsoft Word, Excel et Internet Explorer pour migrer vers les logiciels libres OpenOffice et le navigateur Web Firefox », explique le site Internet qui cite Florian Schießl, le directeur du projet.

2006 : le périmètre du projet déjà réduit

Il s'agit bien d'un énième retard pour un projet - lancé en 2003 – censé aboutir en 2008, échéance initiale fixée par la ville pour la migration de 100 % des postes. Une première alerte en 2006 avait poussé les responsables à revoir leurs prévisions, estimant alors que seuls 80 % des postes basculeraient en 2008. Mais, l'année dernière, un bilan d'étape montrait que seulement 10 % du parc avait migré. Les responsables expliquaient alors énigmatiquement qu'une "grande partie" des postes – fini les ratios - auraient migré en 2009. Fin 2008, nouvelle annonce : cette fois-ci, « la plupart des postes » seulement auront migré... en 2011. Subtilités sémantiques et glissages dans le calendrier... Aujourd'hui, c'est cette dernière date qui a été une nouvelle fois décalée à la mi-2012. Une rallonge sans explication.

Notons que l'ambitieux projet LiMux visait, outre les très douloureux processus de migration, le développement d'un OS dédié, basé sur une distribution Debian. Depuis les origines du projet, la migration complète du parc a souvent été qualifiée d'irréalisable, tant pour des raisons techniques – certaines applications internes ne fonctionnent que sur Windows – que pour des questions de compétences. La migration implique de former le personnel de la ville à Linux.

Plus cher qu'une migration Windows

Avec l'accumulation des retards, le projet du coup perd une partie de sa substance première, qui reposait sur une économie réelle des coûts (en se débarrassant des licences Microsoft). Dans ce même article, Florian Schießl explique qu'aucune économie n'a actuellement été réalisée. Et, avec une mise de 13 millions d'euros, le budget dépasse même celui d'une migration 100 % Windows, de NT4 à Windows XP. Un comble. Cette mise à jour aurait coûté, selon lui, quelque 2 millions d'euros en moins. « La mutation prendra du sens en terme financier seulement après plusieurs années, en évitant le paiement lié au renouvellement des licences », justifie-t-il.

Du coup, les projets qui puisaient leur inspiration dans LiMux pourraient être en proie aux doutes. Open.Amsterdam, par exemple, qui propose de développer une station de travail alternative à Windows – baptisé Standard Open Workstation - pour la déployer les postes de la ville néerlandaise. Lancé en 2007, le projet court sur trois ans et emploie quelque 15 personnes.
Dans le descriptif du projet, il est rappelé que les retombées financières sont bien relatives au volume des postes migrés. Les responsables estiment ainsi que pour « récupérer » les 300 000 euros investis, il leur faudra migrer quelque 700 postes en 5 ans. « Pour parvenir à migrer vers une pleine solution alternative à Microsoft, avec des retombées financières sur une période de 5 ans, 9 500 stations de travail […] doivent être migrés », stipule le rapport. S'ils lorgnent vers la Bavière, les responsables du projets à Amsterdam savent maintenant que la partie est loin d'être gagnée.

A lire aussi :

La traduction de l'article de Heise en anglais

Le projet Open.Amsterdam

Le projet de migration vers Linux de la Société Générale

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Commentaire

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Par Stephane
Pas facile de toucher à un système quand toute la place est gangrenée, DSI, éditeurs , distributeurs , constructeurs , intégrateurs !
Le poste de travail est un outils sensible en terme de conduite du changement (surtout avec des fonctionnaires). Je suppose que Microsoft prends sa part et investit tout autant que Munich pour essayer de détruire ce projet ! (pas difficile de graisser la patte des petits éditeurs concernés sous couvert de partenariat avec Microsoft)

Pendant ce temps , la ville de Marseille est passée entièrement sous Open Office sur des MaC !
Comme quoi, tout est possible mais faut pas faire trop de bruit au risque de contrarier les petites magouilles (Cf RGI)
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Par dbug
Aucun extrémisme n'est bon ... Les utilisateurs déjà difficilement formés aux produits MS, vont devoir "tout réapprendre" ... Cette mise en place n'est pas sérieuse, chaque utilisateur a ses propres besoins/compétences, un audit aurai dû être mis en place pour faire la transition en douceur.

Quant à Microsoft, ses habitudes sont surtout en amont des décisions de tels projets : licences offertes aux écoles, propagandes anti-linux, corruption au Nigéria ...
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Par Mark
Une migration vers des logiciels libre n'est pas un problème technique, ni même un problème humain, mais uniquement politique et logistique!

Je converti à tour de bras des utilisateurs M$ vers des distributions GNU/Linux et ça ne pose aucun soucis. Il ne faut pas prendre les utilisateurs pour des branques, il faut simplement expliquer comment utiliser leurs applications.

Le grand tort (ou le bon coup marketting) de M$ est d'avoir, depuis des années, fait croire que « l' informatique » était facile et pour tout le monde, et qu'en cas de dysfonctionnement ou écran bleu un bon CTRL-ALT-SUP était salutaire (En même temps quoi faire d'autre?).

Le résultat est catastrophique! C'est un peu comme si 80% des conducteurs n'avaient pas le permis, et que les forces de l'ordre inventaient des règles sans savoir conduire, voir même sans conduire du tout.

Ha Christine, si les conséquences de ton acharnement n'était pas aussi dangereux pour le maintient de la démocratie tu me ferais bcps rire! (j'ai même pitié qq fois). (mon coté rebelle: Hou la menteuse! Et en plus elle à des circonstances atténuantes! Elle ne comprend pas de quoi elle parle, la pauvre! J'aimerais quand même discuter avec ses conseillers technique!)

Les développeurs ont depuis quelques années fait un effort considérable pour « habiller » les distributions GNU/Linux, afin de les rendre « User Friendly ».

Donc !!! Lobying !!! Gros sous !!! Comme pour le  « majors », certains éditeurs propriétaires commencent à investir dans le libre et changer leur modèle économique, en attendant ils mettent les deux pieds sur le frein, au détriment des utilisateurs, ou consommateurs, voir des éditeurs prisonniers de contrats de partenariat. C'est encore plus flagrant pour les institutions.

Ça n'empêche pas la gendarmerie Française d'être passée sous OpenOffice il y a quelques années sans problèmes particulier. J'ai eu l'occasion de rencontrer le chef de projet qui a effectué la migration et c'est comme tout projet informatique, ça se gère.

Le comble est que l'assemblée nationale semble aussi utiliser des logiciels libre, et vote, sur ordres, des lois mettant en cause la démocratie, les libertés, et parfois en contradiction avec ... bref je suis HS, mais le résultat, est une économie sur nos impôts, et de l'argent qui ne s'échappe pas de notre pays pour enrichir, certes un génie du business, mais qui ne profite pas directement à notre économie.

Elle est ou la fuite des capitaux? Je n'ai rien contre EMI, Virgin, Microsoft, ... mais il faut se poser les bonnes questions.

Aujourd'hui les logiciels libre peuvent avantageusement remplacer le logiciels propriétaires.

Les Américains ont fabriqués des grosses voitures pendant des années en persuadant les conducteurs que pour être un bon ricain il fallait une grosse caisse. Aujourd'hui il changent leur fusil d'épaule et douloureusement!

Les Américains ont développés les technos informatiques et ont imposés M$. Aujourd'hui ils s'intéresse de très très prés aux moyens de gagner bcps d'argent en utilisant des logiciels libres!
IBM, SUN, ... ont compris bien avant M$ les enjeux du libre, mais tout le monde est sur les rangs.

Le virage à prendre aujourd'hui, est de changer de modèle économique concernant les technos de l'information, pour la rendre réellement accessible au plus grand nombre. Que ce soit pour l'acquisition, ou pour la formation.

Le gouvernement Français (je ne sais pas de quelle couleur politique, mais je m'en fout comme de mon premier ordinateur (un APPLE Iie)), à mis en place le BII (ou B2I) pour éduquer nos têtes blondes, et c'est une bonne chose, encore faut-il que les écoles fassent l'effort d'apprendre le fond et pas la forme!

Savoir se servir d'un ordinateur, c'est pas cliquer en bas à droite, sur un OS, mais de savoir que qq soit le système, un fichier, ça se sauvegarde, ça s'ouvre avec un logiciel adéquat, qu' internet à des règles qu'y devraient être enseignées (Identité sur la toile y compris les adresses MAC et IP,
pas de nom propre sur les blogs, attention aux réseaux sociaux (sauf professionnels et encore!!!),
, et surtout qu'un ordinateur c'est tout sauf intelligent!!!

La véritable intelligence, n'est pas celle des programmeurs, mais bien celle des utilisateurs!
Rien que pour ça le libre mérite qu'on le considère (ce que font toutes les sociétés attentives)

Pour revenir à Munich!!! DSL je me suis emporté, je ne vois pas ou est le problème.
Si la mairie de Munich veut un coup de main je suis prêt à assurer la migration, et en 2010!!! pas en 2012!

Comme je le dis souvent:
GNU/Linux il y a moins bien, mais c'est plus chère!

--
Marc Jarlégand
Membre de l'April - « promouvoir et défendre le logiciel libre » - http://www.april.org
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Par hansi
C'est dommage mais serieusement : peut-on migrer une aussi grosse infrastructure d'un coup, surtout avec un MS qui fera tout pour freiner des 4 fers ?

A la gendarmerie nationale, ils y sont alles intelligemment : dans un premier temps, ils sont restes sous Windows en habituant les utilisateurs aux logiciels libres usuels : Firefox, Thunderbird, puis OpenOffice, puis d'autres si besoin. Et une fois le test concluant, ils ont decide de faire le saut vers Linux Ubuntu (en cours sur les 70 000 postes...:).

En terme d'administration, il est evident que Linux est aujourd'hui bien plus rentable que Windows : pas d'antivirus a s'installer, des mises a jour "tout en un", un acces console qui vous permet de maintenir en poste en laissant la personne travailler dessus... Que des avantages !

Linux a largement sa place sur 50% des postes clients aujourd'hui. L'experience montre meme que sur des machines recentes, on a plus vite fait d'installer une Ubuntu et de migrer les profils utilisateurs que de mettre a jour un XP/Vista (pourtant installe d'origine) et de se farcir la reinstallation et la MAJ de tous les softs - un comble !!!
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Par Hubert de Bonnisseur
Ce système du libre est utopique, ceux qui le prônent ne font pas partie bien évidement du libre, car eux veulent une rémunération.
En gros le boulanger qui utilise un logiciel libre pour tenir sa comptabilité, n'est pas d'accord pour fournir du pain "libre" aux programmeurs de son logiciel de comptabilté.
Et si l'on regarde bien la plupart des "fondations" produisant du libre vivent grâce aux subsides des éditeurs commerciaux comme Oracle, Sun, Microsoft, Apple.
Quand au support il est aussi cher que du commercial avec tous les aléas liés aux sociétés de services y'en a des bonnes et des moins bonnes
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Par jmgdoc
Pourquoi s'acharner à vouloir remplacer un Windows ordinaire par un Linux spécial ? Il est évident que le métier d'une administration publique n'est pas de développer des logiciels spécifiques. Il aurait été tellement plus simple de faire un choix d'utilisateur et d'adopter une distribution Linux existante pour poste de travail grand public (Ubuntu, Novell, Mandriva) au lieu de faire un choix de développeur en créant une distribution maison basée sur Debian. C'est l'extrémisme intellectuel, peut-être aggravé par l'attitude de certains prestataires de services qui n'avaient pas intérêt à ce que cette migration soit facile.
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Par Domnik
Très intéressant cet article. Les commentaires anti-Microsoft aussi (stéphane). Il est clair que le libre a encore beaucoup de chemin à parcourir pour arriver à rattraper le retard par rapport au propriétaire (pas que Microsoft, les autres éditeurs de logiciel aussi). Et ceci parce que le logiciel payant a de fait les moyens de payer ses développeurs et de choisir les plus qualifiés. Les développeurs qualifiés et expérimentés veulent et c'est normal être payés, et les logiciels libres arrivent en général à un niveau moyen-plus rapidement, mais peinent ensuite à atteindre un niveau excélent faute de développeurs ultra qualifiés prêt à faire du volontariat. Deusio : la stratégie de Limux, c'est comme si moi j'essayais de fabriquer mes propres fénêtres PVC et de les poser moi-même, ça me reviendrait très cher, mettrait du temps, et le résultat serait minable. Désolé, mais quand on a un boulot (l'administration en ce qui concerne une mairie), il vaut mieux se concentrer sur son boulot et laisser faire le reste aux autres qui s'y connaissent. Je suis d'accord également avec Hubert de Bonnisseur, le développeur n'a pas plus de raison de travailler gratuitement que le boulanger de donner son pain. je paye mes CD pour rémunérer le chanteur, je paye mon logiciel pareil.
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