John Newton, Alfresco : « nous sommes l'unique alternative Open Source dans la gestion de contenus » 

Le 22 octobre 2008 (15:50) - par Reynald Fléchaux

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Rubriques : GED - Gestion de contenus - Open source - Editeurs Tags : emc - ged - opentext - sharepoint - alfresco

Fondateur de Documentum, John Newton s'est lancé en 2005 dans l'aventure de l'édition Open Source, en montant Alfresco en compagnie de John Powell, ex-Business Objects. Arrivée des standards, montée du logiciel libre, concurrence avec SharePoint : ce vieux routier de la gestion de contenus évoque les grands sujets qui bouleversent aujourd'hui l'ECM.

john newton high resParti de Documentum, après le rachat par EMC de l'éditeur de solution de gestion de contenus (ECM) qu'il avait cofondé, John Newton est parti monter en 2005 Alfresco. Un nouvel éditeur de solution d'ECM, mais cette fois en Open Source. Une aventure dans laquelle il a été accompagnée par John Powell, l'ex directeur général de Business Objects, Ian Howells, ex directeur marketing de SeeBeyond, et par d'autres anciens de Documentum ou d'Interwoven. Bâti sur un modèle d'éditeur Open Source (avec une version communautaire en GPL et une version entreprise associée à une offre de support), Alfresco dispose aujourd'hui, selon l'éditeur, d'une communauté d'utilisateurs riche de 74 000 membres. Rencontre à Paris avec le président du conseil d'administration et directeur technique de l'éditeur Open Source, pour lequel la France est le premier marché européen.

En créant Alfresco voici environ trois ans, quelle était votre vision ?

John Newton : C'était assez simple. Nous pensions que le marché de l'ECM (la gestion de contenus, ndlr) avait besoin d'une alternative Open Source. Il en existait une dans les bases de données, le serveur d'applications ou encore le système d'exploitation, mais pas encore sur ce segment pesant pourtant 3 milliards de dollars l'an. A la même époque, d'autres projets similaires se sont montés dans la Silicon Valley, mais les investisseurs n'ont pas suivi car personne ne pouvait égaler l'équipe que nous avions réunie.

Nous avions également anticipé que naîtrait un standard pour la gestion de contenus. Dès 2005, au sein d'EMC (John Newton est un des fondateurs de Documentum racheté par EMC, ndlr), nous avons commencé à parler de services Web standards et avions formé le groupe à l'origine de CMIS (Content Management Interoperability Services, futur standard dont les premières spécifications viennent d'être rendues publiques, ndlr). Nous voulions enfin amener l'ECM partout où il n'est jamais allé, dans les équipes de vente, au département marketing, etc. Partout où ces solutions rencontraient d'importantes résistances du fait de leur difficulté d'utilisation.

In fine, ça a plutôt bien marché. Après trois ans d'existence, Documentum avait une vingtaine de clients. Nous en comptons 700 - et des grands noms - après la même durée. Et chez ces clients, nos solutions ont tendance à s'étendre, comme c'est le cas en France chez Saint-Gobain, au ministère de la Justice ou à La Poste.

Qu'est-ce que l'arrivée de ce standard, CMIS donc, change pour le marché de l'ECM ?

J.N. : Ca signifie que le gâteau de l'ECM sera plus gros. L'arrivée de ce standard est donc dans l'intérêt de tous, même s'il devrait accélérer la consolidation déjà bien entamée du marché. Quand SQL s'est imposé dans les bases de données, ce marché a connu une importante croissance, simplement parce que le nombre d'applications a explosé. Avec un standard, les entreprises diminuent le risque qu'elles prennent de bâtir une application avec tel ou tel éditeur. Les grands comptes sont aussi confrontés à la multiplication de leurs systèmes ECM ; Citigroup en a ainsi pas moins de 25 ! Lorsqu'ils souhaitent rechercher des informations, pour vérifier la conformité de leurs opérations par exemple, ils n'y parviennent tout simplement pas. Un standard permet d'apporter une solution à ce casse-tête.

Nous supportons la spécification CMIS, même si elle n'est pour l'instant pas encore gelée. Et nous avons été les premiers à le faire. Bien sûr, au fur et à mesure que la spécification s'affinera, nous fournirons une compatibilité à nos clients. Je pense que nous serons rejoints, dans le support de CMIS, par les grands éditeurs d'ECM au tout début de 2009.

Les grands éditeurs d'ECM disposent aujourd'hui d'une importante base installée chez les grands comptes. Pensez-vous qu'il soit possible à Alfresco de reprendre des bastions tenus par IBM-FileNet, EMC ou OpenText ?

J.N. : Le coût de nos solutions amène les entreprises à se poser des questions. Un peu comme JBoss en son temps sur le marché des serveurs d'applications. La crise actuelle pousse les organisations à jeter un oeil neuf sur leurs choix. Lors des montées de version, la question se pose ainsi clairement, surtout quand des solutions dix fois moins chères sont disponibles sur le marché. Nous travaillons avec des partenaires pour proposer des offres de migration à ces entreprises. Je pense que les utilisateurs clefs conserveront leurs licences de la suite ECM en place, par contre, ceux qui sous-utilisent ces outils et se contentent de quelques fonctions se verront proposer des alternatives, comme la nôtre.

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Pertinence du commentaire : 5
Par Alain Risbourg
 Le 26/10/2008 à 12:52
Bonjour,
je pense qu'il faut distinguer "Open source communautaire", "Open source commercial" et "Editeur propriétaire (et commercial)".

Pour ma part, je pense que l'Open source (qu'il soit communautaire ou commercial) n'innove pas, et ce à cause de son modèle de business qui est orienté coût et non valeur ajoutée.

D'ailleurs les open source ne réussissent à se développer que sur des marchés matures ou (presque) tout a déjà été inventé au préalable, par des "Editeurs propriétaires (et commerciaux)"!

Par exemple, pour les "Open sources communautaires", Linux et les systèmes d'exploitation, Tomcat et les Serveurs d'application JSP... de même que pour les "Open sources commerciaux" MySQL et les SGBDR, Alfresco et la Gestion documentaire, Talend et les ETL, EZ Publish et les CMS ... la liste des open source qui réussissent n'est, certes, pas vide mais il n'y a plus beaucoup d'innovation dans tout ces marchés...

A contrario, la liste des Open source qui ont essayé de se lancer sur des marchés non matures et encore très innovants est longue et continue de s'allonger.... L'innovation forte n'est pas compatible avec un modèle de business basé sur le gratuit et la destruction de valeur.

Seuls les "Editeurs propriétaires (et commerciaux)" peuvent être innovants, se développer.... faire mûrir un marché dans lequel pourront alors s'engouffrer des open source qui arriveront alors à se faire une place au soleil.

Le jour ou la France (et l'Europe) aura enfin compris ça, la France sera à même de développer une industrie logicielle forte et créatrice de valeur qui pourra exporter et se battre face aux Etats-Unis.

Nous avons tout, en France, pour réussir, notamment des ingénieurs brillants, très innovants au niveau technique...

il nous suffit de savoir faire preuve d'humilité, notamment en acceptant de reconnaître que "le meilleur produit ne puisse se vendre tout seul" (ça se saurait et Windows n'existerait pas ;-) )
Il nous faut aussi apprendre à être innovant au niveau business et marketing, apprendre à exceller dans l'art de la vente et dans celui du développement d'entreprise, et enfin avoir un peu de motivation et d'ambition.

Let's do it!

Alain Risbourg
Fondateur de Jalios, un éditeur propriétaire
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