Open Source : les entreprises adoptent le modèle sans le maîtriser 

Le 18 novembre 2008 (11:20) - par Cyrille Chausson

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Rubriques : Open source - Editeurs Tags : licences - gartner

Alors que l'adoption de l'Open Source dans les SI critiques va grandissante, les entreprises peinent à mettre en place des procédures de gouvernance adaptées au modèle. Licences incompatibles, coûts cachés, autant de risques associés à l'Open Source. Mais autant de risques incontrôlés, prévient Gartner.

Une adoption dans l'ignorance. Selon une étude de Gartner auprès de 274 entreprises, 85 % des organisations ont déjà adopté l'Open Source dans leur SI. Mais 69 % d'entre elles reconnaissent ne pas avoir mis en place de grille d'évaluation ou de catalogue recensant les applications à code ouvert et les licences qui les encadrent. Si l'Open Source a bien conquis les entreprises, et ce y compris dans les recoins les plus critiques de leur SI, peu ont encore intégré la gouvernance Open Source dans leurs processus. Laissant alors la porte grande ouverte à de graves litiges liés à la violation de propriété intellectuelle.

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Au fur et à mesure que la part des logiciels à code ouvert dans les SI grandit et que s'affirment les intentions d'adoption – 15 % déclarent avoir l'intention de « basculer » dans l'année  - , les entreprises doivent apprendre à manipuler les mécanismes qui régissent la sphère de l'Open Source. Principal défi : conjuguer disponibilité et gratuité des sources – le côté le plus attirant - avec des licences par toujours claires et parfois très limitatives.

Avec un ROI reposant sur les coûts d'intégration et de maintenance et le développement communautaire, ce sont autant de paramètres à prendre en compte. Des paramètres qui tranchent avec le modèle propriétaire, traditionnellement appliqué par Microsoft, par exemple.

« La gratuité ne signifie pas forcément qu'il n'y a pas de coût, déclare par ailleurs Laurie Wurster, directeur de recherche chez le Gartner. Les entreprises doivent avoir une politique autour de l'Open Source, décider quelles applications doivent supporter le modèle, et identifier les risques liés à la propriété intellectuelle ou ceux associés au support. Un fois la politique en place, une procédure de gouvernance doit être mis en place ». Autrement dit, les entreprises ont encore besoin d'être éduquées.

L'avocat, le véritable Monsieur Open Source du SI

« En matière d'Open Source, la véritable personne clef [dans l'organisation de l'entreprise, NDLR] doit être le juriste », explique Cédric Thomas, Pdg d'OW2, consortium spécialisé dans la promotion et le développement de middleware Open Source. Un avocat qui est alors garant d'une politique de gestion et d'application des licences. Pour ainsi dresser un premier rempart contre toute violation de la propriété intellectuelle que les entreprises encourrent en optant pour l'Open Source.

Souvent cité comme l'un des freins principaux, la prolifération des licences Open Source et, pire, les incompatibilités entre elles laissent souvent les DSI frileux quant à une éventuelle « bascule ». Un constat qui avait par ailleurs poussé l'OSI (Open Source Inititiave), une organisation qui certifie le caractère Open Source d'une licence, à opérer un second classement parmi les trop nombreuses licences. Recommandant certaines au détriment d'autres, jugées alors peu utilisables en entreprise, ou trop contraignantes. « OW2 a décidé, renchérit Cédric Thomas de ne pas proposer une licence propre à notre consortium. »

Un check-up juridique d'autant plus nécessaire que les applications Open Source intègrent les applications critiques et non-critiques de façon équivalente, révèle le Gartner. Placer ses données critiques entre les mains d'une application dont les fondements sont chancelants constitue un risque pour les DSI.

Le cabinet d'études montre que l'Open Source reste largement utilisé dans les process de service au client. Suivent l'intégration, l'administration et la finance, l'analyse métier. Puis, les départements commerciaux et marketing, le PGI et le CRM.

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Par Christian
 Le 18/11/2008 à 12:40
Le risque juridique des licences Open source n'existe réellement qu'au niveau des fournisseurs informatiques.
Pour une activité informatique interne dans un secteur industriel ou marchand non centré sur la vente de biens ou de composants informatiques, le risque des licences Open source est nul mais bien plus grand en ce qui concerne les licences propriétaires .
Concernant les vrais contentieux sur les licences open source avec le monde industriel , ils se comptent sur les doigts des mains dans le monde, ne concernent que industriels du secteur informatique (logiciel ou hardware) et ce chiffre tombe à ...zéro en France !
Bref , rien que du Buzz pour effrayer le DSI autour de l'Open Source .
Cela dit , un juriste bien péchu sur les licences logicielles ne serait pas de trop dans pas mal d'organisations pour étudier , conseiller , et négocier le vrai bazard des licences propriétaires et leurs coûts et faire pression sur les éditeurs !
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Par Jonathan Le Lous
 Le 19/11/2008 à 10:16
Bonjour,

Je rejoins Christian sur les risques juridiques associées à l'open source. L'open source n'est pas plus contraignant qu'une licence classique voir beaucoup moins sur de nombreux aspects.
Le tout est de savoir la finalité de l'utilisation de l'application choisie:
- Veut-on intégrer l'application dans notre SI ?
Dans ce cas la licence a peu d'impact sauf dans le cas de licence spécifique, sachant que la grande majorité des logiciels sont sous licence GPL qui ne pose pas de problème particulier.
- Veut-on intégrer cette solution dans le but de redistribuer gratuitement ou commercialement une solution ?
Cette situation est plus complexe car les licences open source ne se marient pas obligatoirement entre-elles et il faut savoir que la licence GPL est contaminante. On ne peut donc associer une GPL avec une autre licence de quelque nature que ce soit. Le cadre juridique de cette licence a été largement validée par les juristes dans le monde entier.

C'est la notion de redistribution qui est importante dans l'open source et pas forcément celle d'utilisateur final à contrario du modèle propriétaire.

Par contre mettre en place une procédure de gouvernance, sélectionner l'open source sur des critères visant à limiter les risques sur le long terme (communauté, activité...), voilà des points importants et essentiels quand on choisit une solution open source.
Open source ne veut pas dire cheap, ni low cost, il faut développer une démarche qualité stricte qui prouvera à terme que ces solutions sont aussi viables que les autres (et non plus un discours de militant entre Pro et Anti).

Jonathan
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Par RV
 Le 19/11/2008 à 11:12
Tout a fait d'accord avec Jonathan, c'est la démarche qualité qui fait et fera que les entreprises adopteront encore plus l'Open Source et concernant l'aspect des licences, cela ne doit plus être un frein, il existe des solutions qui automatise la recherche et la validation des composants Open Source.
Logiciel Open Source ou propriétaire, la dêmarche d'évaluation pour une entreprise reste la même.

RV
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Par Arnaud
 Le 21/11/2008 à 15:35
1) "Licences incompatibles"
regardons les CLUF des logiciels propriétaires avant de dire cela.
les licences propriétaires sont beaucoup plus incompatibles sans que l'on ai jamais évoqué ce "risque".

2) "coûts cachés"
lesquels ?
ceux de mise en place, de déploiement, de formation des utilisateurs, d'adaptation du logiciel au SI ?
ce sont des coûts que l'on a aussi avec des logiciels propriétaires.

En pratique, utiliser un logiciel open source n'est pas gratuit et n'a jamais été "vendu" comme tel.
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Par Yves de Montcheuil (Talend)
 Le 26/11/2008 à 12:24
Sans surprise, les analyses de Gartner sont toujours aussi conservatrices. Leurs analystes utilisent principalement leur rétroviseur, pour regarder ce qui s'est passé derrière eux, alors qu'ils devraient plutôt disposer d'un radar, pour détecter ce qui se passe autour d'eux et surtout devant eux. Plus qu'un état du marché, leurs études reflètent l'adoption passée de certaines technologies par les grands comptes américains, clients des services de Gartner. Remis à jour tous les 18 à 24 mois et reflétant les cycles longs des éditeurs traditionnels qui mettaient des années à s'imposer sur un marché, les Magic Quadrants (par exemple) ne sont plus compatibles avec les nouveaux cycles de développement et d'adoption que l'on retrouve avec des modes de déploiement comme l'open source et le SaaS.
Les mauvaises langues diront que les éditeurs open source n'ont pas les moyens de payer Gartner. Vrai peut être pour certains. Mais dans notre cas, Talend est une société commerciale aux reins solides et pourrait payer un contrat avec Gartner. Mais pourquoi? Pour s'entendre dire que "l'open source est immature (probabilité 0,9) et arrivera à maturité d'ici 5 à 20 ans (probabilité 0,8)"? Non merci. Nous savons, et nos clients le savent, que l'open source a beaucoup évolué ces dernières années et est devenu une vraie alternative d'entreprise (probabilité 1,0). Peut-être que Gartner aussi s'en rendra compte un jour (probablité 0,2) !
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Par nferay
 Le 03/12/2008 à 12:14
Lorsque l'on est une entreprise utilisatrice et que l'on n'a pas d'objectif de redistribution des outils informatiques, bien des épouvantails agités par le gartner sont sans fondement. Bien intégré la composante open source dans un plan directeur informatique et dans les problématiques de gouvernance est en effet un débat plus intéressant que de savoir si il faut y aller ou pas. Par contre, un des freins que je constate est que beaucoup de juristes n'ont pas encore une vision claire sur l'open source et les conséquences des licences, ni même sur l'émergence d'offres avec derrières des sociétés solides et qui n'ont rien à apprendre sur la maintenance de la part des éditeurs propriétaires.
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