Thierry Alexandre, qui dirige quant à lui le centre de développement de Nantes de l'opérateur – là où sont centralisées les équipes de développement après l'épisode indien -, insiste sur le fait que le prototypage agile permet de travailler dans la sérénité. « On découvre très tôt les problèmes et cela permet de produire des versions successives de qualité. » Un processus de fabrication qui a d'ailleurs fait ses preuves lors du lancement des activités de FAI de l'opérateur. « Sur ce créneau, tout le monde partait de zéro, commente-t-il. Il a fallu apprendre le métier de FAI. On ne pouvait pas partir dans le modèle classique de cycle en V. Il fallait ajuster le tir au fur et à mesure de la montée en compétence. »
Cette transition de l'opérateur vers les méthodes agiles passe également par la mise en place d'un attirail d'outils – ici Open Source – pour contrôler le versioning - la sortie des versions -, et accélérer les transitions entre les différentes phases du développement. Le centre de Nantes s'est notamment équipé d'un « ordonnanceur ». « A partir des builds (versions de développement, ndlr), nous enchaînons automatiquement sur les compilations, puis, surtout, nous faisons passer des batteries de tests. »
L'agilité par la polyvalence des équipes
Si l'agilité n'était pas un concept complètement nouveau pour Bouygues Télécom, il a toutefois fallu recruter de nouveaux collaborateurs et les former aux nouvelles méthodes de conduite de projet. L'accent a alors été mis sur la polyvalence des profils recherchés. « Un critère d'agilité », s'amuse Alain Moustard. « Les équipes font à la fois du développement, de la production et des tests. Celui qui conçoit, développe et teste. C'est aussi cela qui fait gagner du temps avec les prestataires et permet d'éviter les intermédiaires. » Un profil mêlant à la fois des compétences d'ingénieur, d'architecte et de programmeur en somme. Au final, les processus de sorties des offres ont été divisés presque par deux, tant en temps passé qu'en budgets.
« Il y a deux ans, il fallait 22 semaines pour sortir une offre. Nous sommes passés à 15 et certains modules commencent à sortir en 3 semaines », affirme Alain Moustard. Avant d'ajouter : « il faudra encore aller plus loin » dans la réactivité.
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