Middleware RFID, un poumon qui souffre d'une intégration au SI trop artisanale
Dans l'Internet des objets, le middleware RFID constitue le cerveau de la chaîne logicielle qui vient donner de l'intelligence aux données récupérées sur les produits étiquetés d'une puce radio- fréquence. Un point central dans l'implémentation de la RFID en entreprise, pour qui a d'importantes quantités de données à traiter et, surtout, à partager avec l'ensemble de sa chaîne de valeur et de partenaires. Un distributeur doit fournir à ses partenaires des données compréhensibles par les systèmes en place. Et c'est bien là que réside l'enjeu du middleware.
Dans la RFID, la couche intergicielle est confrontée à de fortes contraintes. D'abord liées au matériel et à l'environnement dans lequel ce même matériel est déployé. Le choix de lecteurs et d'étiquettes RFID (Tag) adaptés correspond au premier enjeu, d'autant que les analystes s'accordent à dire que la qualité de lecture de ces capteurs est assez hétérogène. Puis vient ensuite celle de la législation sur l'utilisation des plages de fréquences autorisées qui diffèrent d'un pays à l'autre. Suivent ensuite le filtrage des flux de données ainsi récupérées, leur gestion centralisée et enfin la gestion de la qualité des services. Ce sont les tâches premières du middleware RFID. Suivront ensuite les procédures de transformation des données liées à l'intégration aux processus métier de l'entreprise. Une chaîne complexe, en somme.
Olivier Liechti, ancien architecte chez Sun et désormais professeur de sciences appliquées en Suisse, résume ainsi les procédures attachées à un middleware RFID : filtrage et validation des données brutes, fusion des données émises par les différents capteurs, transfert vers les applications métiers, gestion du système.
Techniquement, la mise en place d'un middleware RFID implique une approche fonctionnelle. En définissant minutieusement le périmètre d'activité de la RFID dans les processus métiers. Un point sur lequel insiste Laurent Gonzalez, auteur du livre, « RFID, les enjeux pour l'entreprise » : « Si vous mettez un lecteur et que vous questionnez toutes les 2 secondes les informations contenues dans les puces, même avec un code de 96 bits, vous allez générer une énorme masse de données. Alors qu'une vérification toutes les 30 secondes suffit pour détecter un produit manquant. […] Le but est d'automatiser les procédures pour travailler par exception ».
Le rôle du middleware RFID sera ainsi d'orchestrer la validation et l'agrégation des données.
« Car nous allons être confrontés à des lectures multiples du même produit [...] Il faut filtrer ces informations qui ne sont pas directement exploitables, depuis la lecture vers le SI. Puis, une fois qu'on les a agrégées, les purger de leurs erreurs », poursuit-il.
Téléchargez cet article au format PDF









Par PGAUTIER


